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Septembre 2000

ballonnements et flatulences

Editorial
 

 

 

 

Ballonnements et flatulences font partie de nos petits malheurs quotidiens. Explications et astuces pour s’en débarrasser. 

 

Le ballonnement apparaît, selon les individus, pendant ou après les repas, ou le matin au réveil. Il se traduit par une sensation de lourdeur et une irrépressible envie de dormir. Il peut être accompagné d’éructations de gaz accumulés dans l’estomac. Pour le Pr Jacques Rogé, gastro-entérologue et auteur du livre Le Mal de ventre (Éditions Odile Jacob, octobre 1998. Jacques Rogé est décédé entre-temps.), il pourrait s’agir d’une mise en tension brutale de l’intestin. La production de gaz qui affecte 80 % des personnes souffrant de l’intestin irritable provient de la digestion bactérienne dans le côlon. Une explication s’impose… « À la suite de chaque repas, il arrive dans le gros intestin des reliquats d’aliments que l’intestin grêle n’est pas équipé pour digérer. Ce sont des résidus très divers, notamment d’hydrates de carbone provenant de glucides, de protéines et de graisses. Seules peuvent en assurer la digestion les enzymes de la flore bactérienne anaréobie du gros intestin. Mais, comme cette digestion est une fermentation, elle aura pour conséquence principale la production de gaz », explique le Pr Rogé. La production d’hydrogène, par exemple, résulte de la fermentation des hydrates de carbone. Eh oui, notre ventre est une véritable usine à gaz ! On y trouve donc de l’hydrogène mais aussi du gaz carbonique et du méthane. Tout le monde ne possède pas la même capacité de « production ». C’est ainsi que certains individus sont des « méthano-producteurs » et que d’autres sont incapables d’en produire. 

Que faire ?

Règle numéro 1 : surtout ne pas retenir les gaz mais les libérer dès qu’ils se présentent. 

Règle numéro 2 : revoir son régime alimentaire. Il est des aliments à ne plus consommer ou alors modérément. Il s’agit des haricots secs, des choux, des oignons, des artichauts ou de certains jus de fruits (jus de pomme et de pêche). La consommation de fibres et de blé, si elle améliore le transit, a aussi son revers : elle entraîne une fermentation et dès lors active la production de gaz. Ce phénomène est dû à la présence de cellulose dans les fibres, substance reconnue comme hautement fermentescible, et d’amidon dans le blé. Il conviendra donc de réduire la consommation d’hydrates de carbone contenus notamment dans le riz, les pommes de terre. À chacun de trouver son équilibre. 

Règle numéro 3 : consommer des yaourts à base d’acidophylus ou de lactophylus pour entretenir la flore intestinale et augmenter le nombre de bactéries consommatrices de gaz.

Règle numéro 4 : manger lentement en prenant soin de bien mastiquer. L’amylase salivaire commence à prédigérer les molécules d’amidon. 

Pour éviter les ballonnements : à la fin du repas, croquer quelques graines de fenouil, de cumin ou de cardamone, boire un thé vert, une tisane d’anis vert, de basilic, de fenouil, de gentiane et de romarin (demander à votre pharmacien ou à votre herboriste de la préparer) ou encore entamer une cure de Pecto-transit Charbon ou, pour les intestins très sensibles, du Pecto transit Ortie blanche. Pissenlit, scaroles et endives peuvent améliorer la situation.

Pour éviter les gaz : boire une tisane d’anis ou de réglisse, prendre avant le repas une goutte d’huile essentielle de carvi. La coriandre a une action bienfaisante sur l’aérophagie. Pour évacuer l’air contenu dans votre estomac, rien de mieux que la posture de la chandelle. À partir de la position allongée, lever jambes et dos en prenant appui sur vos avant-bras. 

Marie-Laure Wallon

 

 

 
Le pet inspire

La louise, la perle, la perlouze, le marron, la cloque, le mi-bémol, la pastille, le maousse, la boule: dans leur Histoire anecdotique du pet, Jean Feixas et Romi font l’inventaire des synonymes de «pet» (L’ouvrage, édité en 1992 par Ramsay/Jean-Jacques Pauvert est épuisé. Se renseigner en bibliothèque.). Le sujet mobilise plus de 250 pages. On y apprend que le «vent» évoque le bruit seul, et la «vesse» le pet sans bruit mais odorant. Le «pet de maçon» entraîne des matières (le mortier…). Le «pet-en-l’air», lui, est un veston très court. L’ouvrage fait notamment référence à Hippocrate, quatre siècles avant Jésus-Christ : «Les émanations de l’anus, fétides et réitérées, soulagent le ventre», aurait-il déclaré. C’est aussi un médecin, le Dr Jacques Roussillat, qui conclut par des considérations précises : un être humain produirait en moyenne 13,6 émissions gazeuses par jour, soit un total journalier de 600 millilitres de gaz. La consommation de céréales, de choux et de haricots blancs est susceptible de multiplier cette moyenne par onze. Avis aux amateurs. M. D.

 
 
 
 

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