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Le ballonnement apparaît, selon les
individus, pendant ou après les repas, ou le matin au réveil.
Il se traduit par une sensation de lourdeur et une irrépressible
envie de dormir. Il peut être accompagné d’éructations de gaz
accumulés dans l’estomac. Pour le Pr Jacques Rogé, gastro-entérologue
et auteur du livre Le Mal de ventre (Éditions
Odile Jacob, octobre 1998. Jacques Rogé est décédé entre-temps.),
il pourrait s’agir d’une mise en tension brutale de l’intestin.
La production de gaz qui affecte 80 % des personnes souffrant
de l’intestin irritable provient de la digestion bactérienne dans
le côlon. Une explication s’impose… « À la suite de chaque repas,
il arrive dans le gros intestin des reliquats d’aliments que l’intestin
grêle n’est pas équipé pour digérer. Ce sont des résidus très
divers, notamment d’hydrates de carbone provenant de glucides,
de protéines et de graisses. Seules peuvent en assurer la digestion
les enzymes de la flore bactérienne anaréobie du gros intestin.
Mais, comme cette digestion est une fermentation, elle aura pour
conséquence principale la production de gaz », explique le Pr
Rogé. La production d’hydrogène, par exemple, résulte de la fermentation
des hydrates de carbone. Eh oui, notre ventre est une véritable
usine à gaz ! On y trouve donc de l’hydrogène mais aussi du gaz
carbonique et du méthane. Tout le monde ne possède pas la même
capacité de « production ». C’est ainsi que certains individus
sont des « méthano-producteurs » et que d’autres sont incapables
d’en produire.
Que faire ?
Règle numéro
1 : surtout ne pas retenir les gaz mais les libérer
dès qu’ils se présentent.
Règle numéro
2 : revoir son régime alimentaire. Il est des aliments
à ne plus consommer ou alors modérément. Il s’agit des haricots
secs, des choux, des oignons, des artichauts ou de certains jus
de fruits (jus de pomme et de pêche). La consommation de fibres
et de blé, si elle améliore le transit, a aussi son revers : elle
entraîne une fermentation et dès lors active la production de
gaz. Ce phénomène est dû à la présence de cellulose dans les fibres,
substance reconnue comme hautement fermentescible, et d’amidon
dans le blé. Il conviendra donc de réduire la consommation d’hydrates
de carbone contenus notamment dans le riz, les pommes de terre.
À chacun de trouver son équilibre.
Règle numéro
3 : consommer des yaourts à base d’acidophylus ou
de lactophylus pour entretenir la flore intestinale et augmenter
le nombre de bactéries consommatrices de gaz.
Règle numéro
4 : manger lentement en prenant soin de bien mastiquer.
L’amylase salivaire commence à prédigérer les molécules d’amidon.
Pour éviter
les ballonnements : à la fin du repas, croquer quelques
graines de fenouil, de cumin ou de cardamone, boire un thé vert,
une tisane d’anis vert, de basilic, de fenouil, de gentiane et
de romarin (demander à votre pharmacien ou à votre herboriste
de la préparer) ou encore entamer une cure de Pecto-transit Charbon
ou, pour les intestins très sensibles, du Pecto transit Ortie
blanche. Pissenlit, scaroles et endives peuvent améliorer la situation.
Pour éviter
les gaz : boire une tisane d’anis ou de réglisse, prendre
avant le repas une goutte d’huile essentielle de carvi. La coriandre
a une action bienfaisante sur l’aérophagie. Pour évacuer l’air
contenu dans votre estomac, rien de mieux que la posture de la
chandelle. À partir de la position allongée, lever jambes et dos
en prenant appui sur vos avant-bras.
Marie-Laure Wallon
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| Le pet inspire
La louise, la perle, la perlouze,
le marron, la cloque, le mi-bémol, la pastille, le maousse,
la boule: dans leur Histoire anecdotique du pet, Jean Feixas
et Romi font l’inventaire des synonymes de «pet» (L’ouvrage,
édité en 1992 par Ramsay/Jean-Jacques Pauvert est épuisé.
Se renseigner en bibliothèque.).
Le sujet mobilise plus de 250 pages. On y apprend que le
«vent» évoque le bruit seul, et la «vesse» le pet sans bruit
mais odorant. Le «pet de maçon» entraîne des matières (le
mortier…). Le «pet-en-l’air», lui, est un veston très court.
L’ouvrage fait notamment référence à Hippocrate, quatre
siècles avant Jésus-Christ : «Les émanations de l’anus,
fétides et réitérées, soulagent le ventre», aurait-il déclaré.
C’est aussi un médecin, le Dr Jacques Roussillat, qui conclut
par des considérations précises : un être humain produirait
en moyenne 13,6 émissions gazeuses par jour, soit un total
journalier de 600 millilitres de gaz. La consommation de
céréales, de choux et de haricots blancs est susceptible
de multiplier cette moyenne par onze. Avis aux amateurs.
M. D.
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