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«Fantaisistes
» ou « novatrices» ? Les théories du docteur allemand Hamer sur
l’origine et l’évolution du cancer dérangent… Montrées du doigt,
accusées de faire le lit du charlatanisme, elles méritent néanmoins
d’être examinées.
La formule de Ryke Geerd Hamer :
« J’avais cherché le cancer dans la cellule et je l’ai trouvé
dans une erreur de codage du cerveau », pourrait résumer tout
le travail de ce médecin, un temps chef de clinique de médecine
interne dans un hôpital de Cologne. Après la mort tragique, en
1978, de son fils âgé de 19 ans, le Dr R. G. Hamer est atteint
d’un cancer testiculaire. Sa femme fait successivement trois infarctus
et meurt d’un cancer. Il ne peut s’empêcher d’établir un rapprochement
entre ces différentes maladies et le choc psychologique subi.
Chaque
cancer a son explication
La
première intuition vérifiée auprès de différents malades cancéreux
est ce qu’il nomme « la loi d’airain du cancer ». « Tout cancer,
affirme-t-il, débute par un choc extrêmement brutal, aigu et dramatique,
vécu dans l’isolement. » L’implication personnelle dans le conflit,
la manière dont le patient le ressent au moment du choc déterminent
la localisation du cancer dans l’organisme. Cette localisation
est fonction de la partie du cerveau où, sous le choc psychique,
se produit une rupture de champ électro-physiologique qui altère
un certain nombre de cellules nerveuses, altération que l’on désigne
aujourd’hui sous le nom de « foyer de Hamer ». En envoyant des
ordres anarchiques à la zone organique correspondante, ce foyer
y induit la pathologie. Le Dr R. G. Hamer étudie des milliers
d’images de scanners cérébraux de malades cancéreux porteurs de
« foyers » et les met en parallèle avec leurs pathologies. En
1983, il dresse la carte topographique des différentes parties
du cerveau, l’organe leur correspondant, ainsi que la nature et
la teneur des conflits susceptibles de provoquer la maladie. Pour
Hamer, chaque type de cancer trouve son explication. Par exemple,
le cancer du sein gauche est lié à un conflit du nid (à l’intérieur
de la cellule familiale) dans la relation mère-enfant réelle ou
imaginaire, il a son foyer dans le cervelet droit. Le cancer du
sein droit traduit un conflit, avec le compagnon ou avec des enfants
adultes, ou encore un conflit d’expulsion de territoire étroitement
apparenté à un conflit sexuel ; son foyer se situe dans le cervelet
droit (À noter que le phénomène
est inversé si la personne est gauchère au lieu d’être droitière).
Le cancer des os trouve son origine dans une profonde dévalorisation
et son foyer est situé dans la moelle (substance blanche) du cerveau.
Le cancer des testicules correspond à un conflit de perte, à l’occasion
de la disparition réelle ou virtuelle d’un enfant, et son foyer
se situe dans la zone occipitale (droite ou gauche selon qu’il
s’agit du testicule gauche ou droit). Le cancer de la vessie à
un conflit de marquage du territoire et son foyer est situé dans
les lobes temporaux. Le cancer du foie et de la vésicule est engendré
par une vive rancœur, un ressentiment tenace à l’égard d’un proche,
à la suite d’une injustice et entretenu par la jalousie et l’envie
; il correspond aussi à des problèmes d’argent et de jalousie
professionnelle, son foyer se trouve dans le pont inférieur (côté
droit) du cerveau. La seconde idée clé, est que si on découvre
la source du conflit et si on résout celui-ci, la guérison survient.
« La solution est aussi simple que cohérente, affirme R. G. Hamer.
On aide l’organisme à se débarrasser du conflit. Et voilà que
le cerveau branche à nouveau l’organisme sur la vagotonie (ou
phase de guérison) et commence par se rétablir comme il le faut…
La solution la plus simple n’est venue à l’idée de personne :
que l’âme puisse provoquer la genèse du cancer et soit tout aussi
capable de l’arrêter de nouveau. »
Trouver
le conflit à l’origine de la maladie…
Simple, précise, univoque, la théorie
de Hamer, proposant un lien entre le corps, le cerveau et la psyché,
séduit. Elle trouve de l’écho chez les malades qui savent de façon
intuitive que les affects (émotions) ont une influence sur l’organisme,
ce que refuse d’admettre encore trop souvent la médecine conventionnelle.
« Le cancer ne vous tombe pas dessus comme un redressement fiscal
», s’insurge Josiane. « Je sais que ces deux tumeurs cancéreuses
ne me sont pas arrivées par hasard, confie Monique, 61 ans, retraitée.
Avec mon mari décédé il y a quinze ans, nous pratiquions l’agriculture
biologique depuis 1967. Je mange bio, de façon équilibrée et diététique.
Je pratique le yoga et j’essaie d’avoir une certaine hygiène de
vie. J’ai élevé quatre enfants, tous adultes maintenant. Je sens
bien que je ne suis pas qu’un être physique, je voudrais comprendre
ce qui m’arrive. »
…
et le résoudre
L’engouement des malades pour Hamer
tient également au fait que celui-ci refuse le recours aux traitements
classiques. Il se contente de se concentrer sur la résolution
des conflits à l’origine de la maladie, seule à même selon lui
de permettre la guérison. Nombreux sont ceux qui voient dans cette
« médecine nouvelle » l’occasion de passer au travers des traitements
lourds, traumatisants et souvent invalidants de la médecine officielle.
Ou encore de renouer avec leurs émotions et d’adopter de nouveaux
comportements. « Ma femme, explique Michel, a eu deux cancers
au sein à sept années d’intervalle. À chaque fois, elle a subi
la thérapie traumatisante officielle. Grâce à Hamer, nous avons
compris qu’il s’agissait d’un conflit entre nous. Nous en avons
parlé, nous avons mis à plat nos difficultés de communication.
Maintenant, tout va bien. Elle est en parfaite santé. »
Mais
découvrir le nœud du problème ne suffit pas
Dans
son ensemble, le corps médical refuse les conceptions de Hamer.
Les tenants des médecines alternatives, ceux qui ont une autre
approche de la maladie, s’intéressent, eux, de plus en plus à
ses propositions. Mais ils distinguent bien l’apport d’une conception
plus globale de la santé telle qu’il l’envisage, de sa méthode
de guérison : exclusivement la résolution du conflit. Pour le
Dr Nathalie Calamme, de Suisse : « Hamer permet de trouver une
signification aux pathologies qui fasse sens pour la personne.
La médecine conventionnelle a réussi le tour de force de considérer
les maladies en dehors des malades. Hamer les remet au cœur des
soins, en charge de leur guérison. Pour moi qui suis homéopathe,
qui pratique la médecine chinoise et l’ostéopathie, Hamer est
comme un langage supplémentaire qui complète tous les autres.
Cette notion de conflit et de localisation des pathologies m’aide
à poser les bonnes questions à mes malades, pour aller plus vite,
orienter le diagnostic et le traitement. Pour moi, la maladie
quelle qu’elle soit est l’occasion de comprendre les blessures
de la vie. On le sait bien, parmi toutes les personnes exposées
à l’amiante, seules certaines développeront un cancer de la plèvre.
C’est donc bien qu’au-delà des facteurs environnementaux, hormonaux,
familiaux, viraux, il existe des circonstances qui favorisent
la survenue d’un cancer ou d’une autre pathologie. »Pour autant,
découvrir le nœud du problème ne suffit pas. « C’est intéressant,
continue Nathalie Calamme, si la personne peut formuler ce qu’elle
ressent et surtout si elle peut faire quelque chose de ce “dit”.
Si les gens restent au niveau conscient, cérébral, cela ne suffit
pas. Il faut réellement changer en profondeur. J’ai entendu plusieurs
patients dire : “J’ai compris, je vais guérir”, et mourir parce
qu’ils en étaient restés au niveau de la réflexion intellectuelle.
Dans ce cas-là, les familles se sentent trahies par les espoirs
que la simplicité apparente de la méthode avait suscités. »
Et
beaucoup de gens font n’importe quoi
C’est peut-être à ce niveau que se
situe la controverse entourant Hamer. En admettant la théorie
du conflit et de la guérison par sa résolution, comment arriver
à le résoudre ? « Même si je m’intéresse à cette méthode, même
si je m’inspire de ses théories pour soigner les malades, même
si je le connais bien, je ne voudrais pas que mon nom soit associé
au sien, nous dit un médecin de Lille. Il est trop contesté et
beaucoup de gens s’en revendiquent qui font tout et n’importe
quoi. » C’est-à-dire des psychothérapies sauvages, de l’hypnose
ericksonnienne (Alternative
Santé - l’Impatient a consacré un dossier à l’hypnose en juillet-août
1998.) plus ou moins bien
maîtrisée, du comportementalisme, en particulier de la programmation
neuro-linguistique, de l’analyse trans-générationnelle, de la
symbolique des mots (-maux) et du corps… Un véritable dédale de
propositions dans lequel les malades risquent de se perdre et,
sous prétexte de chercher un conflit, de s’en créer d’autres,
de culpabiliser et de ne pas aller « mieux ». « Il faut être très
fort intérieurement, et avoir une confiance en soi extraordinaire,
souligne Nathalie Calamme, pour faire ce genre de travail ; il
faut accepter de regarder les choses en face, de fouiller jusqu’aux
moindres détails, de modifier parfois de fond en comble son comportement,
changer de vie… » Voire « changer de croyance », suggère ce médecin
de Lille, qui reconnaît que R. G. Hamer obtient exceptionnellement
des résultats exceptionnels. « Globalement, sa vision est juste,
il aide surtout à comprendre, pas toujours à résoudre. Pour cela
chacun a sa méthode. »En préconisant d’arrêter tout recours aux
traitements, classiques et/ou alternatifs, de « devenir aussi
intelligent qu’une bête » et de s’en remettre aveuglément à Mère
Nature, pour résoudre son conflit, le Dr R. G. Hamer franchit
les limites de l’acceptable. Si ses découvertes proposent un décodage
des maladies, ainsi que le reconnaissent de nombreux thérapeutes,
médecins ou non, il est dangereux de s’en remettre uniquement
à cette approche. « Je me refuse à dire aux gens “Arrêtez votre
chimio”, rappelle le Dr Nathalie Calamme. Le cancer est une maladie
trop grave pour qu’on ne se serve que de Hamer, il faut ajouter
d’autres aides biologiques de reconstruction. »
Cécile Baudet
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Hamer,
une personnalité très contrastée
Pour les uns, Hamer est un
taureau, doté d’une force de vie incroyable, extrêmement
exigeant dans son travail. Blessé dans ses convictions,
son honneur ou ses affections, il peut devenir violent et
inconséquent. Pour les autres, c’est un paranoïaque, qui
relève de l’asile psychiatrique. Il reste enfermé dans des
théories d’un autre âge, tient des propos sectaires et se
croit victime d’agressions et d’attentats multiples. Certains
de ses malades disent de lui qu’il est un saint doué d’une
profonde empathie, capable d’une écoute et d’un soutien
sans failles, et de franchir des kilomètres pour répondre
à la demande d’un patient. C. B.
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