Alternative
Santé - L'Impatient,
le mensuel de votre santé au quotidien. Se soigner autrement grâce
aux ressources des médecines alternatives et naturelles.
Septembre
2000
MAUX DE VENTRE C’EST PAS DU BIDON
Le cancer, parfois une affaire de famille
Les cancers du côlon naissent
de polypes, lesquels sont souvent familiaux. C’est pourquoi,
dans une « famille à polypes », il est important que ses
membres se soumettent systématiquement à une coloscopie
à partir de la cinquantaine, même en l’absence de tout symptôme.
Hara-kiri
Pour les Japonais, le ventre ou plus
exactement le foie (hara) est l’âme du corps. L’expression « se
faire hara-kiri » prend ainsi tout son sens.
Contracté
ou distendu, le ventre est le siège de nombreuses douleurs qui
peuvent en dire long sur l’état émotionnel de l’individu. Mais,
attention, si dans 99 % des cas il s’agit de troubles banals du
transit, il ne faut pas passer à côté de maladies ou de lésions
d’organes. En matière de maux de ventre, le diagnostic est donc
primordial.
“
Avoir le ventre à l’envers», « La
peur ou la rage au ventre »… Les maux d’estomac ou d’intestin
sont très souvent imputables à des contrariétés. Plus que cela,
le ventre apparaît comme le siège des émotions. Il dépend d’ailleurs,
tout comme le cœur et les poumons, du système dit « neurovégétatif
» (On appelle symptômes
neurovégétatifs des manifestations somatiques (physiques) qui
sont sous la dépendance du système nerveux autonome, système qui
contrôle de nombreux organes. )
sur lequel la volonté n’a aucune prise. C’est pour cela qu’il
vit sous l’emprise de l’affectif. Qui n’a pas été saisi par une
diarrhée dévastatrice la veille d’un examen ou surpris par une
constipation inhabituelle à la suite d’un choc émotionnel violent
? Qui n’a pas eu les tripes remuées en apprenant une nouvelle
bouleversante ?
Pris aux tripes
Comme le mal de dos, le mal de ventre
parle à la place de l’individu. « Avoir l’estomac noué », « Faire
dans sa culotte » sont des manifestations physiologiques de chocs
affectifs. Ne dit-on pas « Savoir ce qu’il a dans le ventre »
pour savoir de quelqu’un ce qu’il pense vraiment, quelles sont
ses capacités ou ses intentions ? Certains médecins l’ont bien
compris. C’est le cas d’Annie Catu, médecin généraliste, qui pose
toujours la question : « Qu’est-ce qui se passe dans votre vie
? » Bien sûr, il ne s’agit pas de tout mettre sur le compte du
psychologique, mais de repérer quelle en est la part et quelle
partie du corps est à prendre en compte. « Les douleurs abdominales
peuvent être de causes nombreuses et multiples », avertit le Dr
C., interniste à Paris. Parfois banales, elles correspondent au
fameux syndrome de l’intestin irritable ou colopathie fonctionnelle.
Dans ce cas, il y a des douleurs, en général chroniques, avec
plus ou moins de recrudescence, accompagnées de spasmes, souvent
de diarrhées ou de constipation, et de ballonnements. Il existe
un déséquilibre intestinal, mais il n’y a point de lésion d’organes
ni de maladies. « La difficulté, dans le domaine des douleurs
abdominales, consiste donc à poser le bon diagnostic », précise
le Dr C. Pour cela, le médecin doit conduire son interrogatoire
comme une véritable enquête policière, avec précision (après quel
repas ou à quel moment de la journée la douleur est-elle survenue
? Où siège-t-elle ? À quoi ressemble-t-elle ?), et le patient
s’efforcer d’y répondre de même. « Certains se sauvent la vie
en renseignant bien le médecin, tandis que d’autres la perdent
», conclut le Dr C.
Alerte sur les
urgences
Intensité, caractère et localisation
des douleurs sont, en effet, des éléments indicatifs de premier
ordre. Les douleurs aiguës peuvent révéler des infections intestinales
localisées (turista ou autres), des règles douloureuses, un accès
de colopathie fonctionnelle, mais aussi alerter sur une urgence
qui mérite une intervention chirurgicale ou médicale rapide. C’est
le cas de l’appendicite (douleur en bas à droite) ; de la sigmoïdite
diverticulaire qui complique les diverticules du côlon (en bas
à gauche) ; des coliques néphrétiques (souffrance de l’un des
reins, en bas à droite). Des douleurs placées en haut à droite
(vésicule biliaire) vont orienter le médecin vers un diagnostic
de colique hépatique ou d’infections liées à des calculs. Des
douleurs basses vont évoquer l’appareil génital ; en haut et au
milieu, une pancréatique ; au niveau de l’estomac, un ulcère gastrique
ou duodénal. Il peut aussi s’agir d’une occlusion intestinale,
qui se caractérise par des douleurs, violentes ou modérées mais
tenaces, accompagnées de vomissements avec, en plus, des ballonnements
et un arrêt du transit (arrêt des matières et des gaz). Chroniques,
les douleurs peuvent venir des mêmes organes, mais traduire une
atteinte différente. Il faut y prêter attention car certaines
peuvent cacher une maladie grave. Une douleur tenace du côlon
ou de l’estomac peut, par exemple, traduire une tumeur. « Dès
qu’apparaît une douleur nouvelle et tenace, y compris une douleur
discrète, il faut consulter. Et, pour les colopathes fonctionnels,
il faut être en éveil dès qu’il y a modification du transit et
changement de caractère de la douleur », insiste le Dr C. Le danger,
chez les colopathes fonctionnels, est de s’habituer à la douleur,
ce qui peut détourner l’attention du patient ou du médecin. En
résumé, toute douleur inhabituelle doit être signalée, surtout
lorsqu’elle est associée à un ou plusieurs de ces symptômes :
présence de sang dans les selles ou dans les urines, constipation
ou diarrhée, nouvelles sensations de brûlures lors de la miction,
nausées et fièvre.« Peu de gens regardent leurs selles », regrette
le Dr C. C’est dommage car un examen régulier permettrait d’attirer
l’attention sur leur caractère anormal.
L’ostéopathe n’est pas consulté directement
pour un mal de ventre, mais il peut y être confronté. Ainsi, telle
jeune fille se plaint d’un mal de dos, qui se révèle être une
lombalgie, et fait état de deux infections urinaires coup sur
coup, plus d’une constipation inhabituelle. « À la consultation,
je trouve un bassin voilé et un blocage de la lombaire L4, explique
Jean-Marc J., praticien à Paris. Ce blocage entraîne, par compensation,
une perte de mobilité du bassin et du sacrum. Le tout entrave
le dynamisme du petit bassin et du transit intestinal. »En ostéopathie,
chaque organe est lié à la colonne vertébrale. Il existe des interactions
entre les deux. En pratique, un ventre fragilisé peut bloquer
les vertèbres. À l’inverse, un mal de dos peut provoquer un mal
de ventre. Conclusion : en redonnant de la mobilité au secteur
vertébral bloqué, l’ostéopathe peut soulager les perturbations
viscérales.