Alternative
Santé - L'Impatient,
le mensuel de votre santé au quotidien. Se soigner autrement grâce
aux ressources des médecines alternatives et naturelles.
Octobre
2000
EDITORIAL
Ça
va chauffer !
Plus
personne désormais ne conteste le réchauffement du climat. Si des
doutes demeurent sur son origine l'activité solaire y a-t-elle
un rôle ? tous admettent que le rejet de gaz dans l'atmosphère
contribue à l'effet de serre et porte atteinte à notre santé. À
l'occasion du congrès mondial de pneumologie qui se tenait à Florence
(Italie) début septembre, une étude du Lancet, revue médicale de
référence, révélait que dans trois pays d'Europe (Autriche, Suisse
et France) 6 % des décès sont imputables à la pollution atmosphérique.
Chez nous, elle provoquerait plusieurs centaines de milliers de
crises d'asthme annuelles, environ 32 000 décès prématurés, et 37
milliards de francs de dépenses de santé. Ses auteurs estiment que
la moitié des événements médicaux provoqués par la pollution sont
dus à la circulation automobile et que " le contrôle de la
pollution automobile reste un enjeu majeur de santé publique en
Europe ".
Mais
nos compatriotes comme nos élus ont-ils pris la mesure du problème
? Évoquées à Lyon par Lionel Jospin dans le cadre de la conférence
de l'ONU sur les changements climatiques et les moyens d'y remédier,
des mesures anti-gaspi sont envisagées pour la fin de l'année.
Seront-elles à la hauteur des problèmes environnementaux et sanitaires
? Il faudrait faire beaucoup et vite !
Le rapport
sur les énergies renouvelables du député Vert Yves Cochet, remis
au Premier ministre le 14 septembre trace plusieurs pistes. Côté
habitat, il estime qu' " on peut économiser près de 30 %
de la consommation thermique et électrique pour un service et
un confort équivalent " (Déclaration
à Libération du 12 septembre 2000).
En isolant mieux ses fenêtres, en faisant de " l'architecture
bioclimatique ", en installant un chauffe-eau solaire...
Pour les énergies renouvelables, on ne peut que constater le retard
de notre pays, conséquence de son obstination à privilégier le
nucléaire : " Fin 1999, on avait 20 mégawatts produits par
nos éoliennes contre 4 400 en Allemagne ", observe-t-il.
Une directive européenne en discussion envisage de fixer à la
France pour 2010 un objectif de 21 % d'électricité produite par
les énergies renouvelables : barrages hydrauliques, éolien, micro-hydraulique,
biomasse (récupération des substances organiques, fourrages, bois,
etc.). Il va falloir rattraper le temps perdu à grandes enjambées.
Mais c'est sur l'automobile et le transport routier que le bât
blesse. " La solution, explique Yves Cochet, c'est le transport
de marchandises combiné : le rail pour les longues distances et
la route pour les échelons terminaux, la livraison par camion
"...
Aujourd'hui
80 % du fret en France est transporté par camions. Le rééquilibrage
en faveur du rail est prévu, mais il n'est pas financé ! Quant
à la voiture individuelle, notamment en ville, les projets de
tramways et de bus et l'utilisation des biocarburants progressent
à pas de sénateur. Il n'existe pas de vraies politiques incitatives
d'envergure. Des changements dans la motorisation sont possibles,
comme le développement de la pile à combustible (fabrication d'électricité
à partir d'oxygène)... " Tout dépendra des efforts consentis
par les marques ", observe le député Vert. Et l'État ? À
croire que la " cagnotte " des taxes perçues sur l'essence
est une manne trop belle pour que des crédits soient alloués à
la recherche d'alternatives dans ce domaine.
Comment
ne pas s'interroger sur la cohérence des mesures gouvernementales
récentes. Qui se plaindrait de la suppression de la vignette ?
Personne, sauf peut-être ceux qui par souci écologique, et solidarité
planétaire vont à vélo et font d'autres choix ? Mais cette mesure
incite-t-elle, par exemple, à une pratique plus sociale et communautaire
de son véhicule ? Les concessions octroyées aux routiers n'étaient
nécessaires que parce que l'État est prisonnier de ses choix.
Le tout-pétrole et le tout-transport-routier font que la hausse
du prix du baril d'une part, et l'absence de solution ferroviaire
d'autre part, ne laissent aucune marge de manoeuvre. La politique
des transports doit être traitée en amont. En concédant une baisse
de 35 centimes de taxe par litre de gasoil, cette année, c'est
une prime de 17 500 francs que l'on verse pour chaque camion.
Ils pourront ainsi, avec l'aide de l'État, continuer à asphyxier
et à défigurer nos plus belles vallées de montagne. À l'heure
où l'on parle de la répartition des " fruits de la croissance
" ne serait-ce pas sagesse de mettre sur pied une politique
à long terme de protection de l'environnement. Et de l'expliquer
aux Français. Si on ne le fait pas en période faste, quand le
ferons-nous ? Pourquoi attendre que des situations trop dégradées
nous y acculent. Un peu de courage, Messieurs les politiques !
Dernière
minute : À l'heure où nous bouclons nous apprenons la scandaleuse
condamnation de José Bové à 3 mois de prison fermes. Plus que
ne le demandait le procureur de la république ! Une manifestation
est prévue à Montpellier où l'affaire sera jugée en appel. Nous
vous en informerons.