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Octobre 2000

INTERVIEW
Dr Robert Viala, endocrinologue, oligothérapeute

Editorial

 

 

 

 

 

 

 

"La thyroïde permet à l'organisme de s'adapter aux fluctuations de la vie"

   

Les oligoéléments peuvent aider la thyroïde à retrouver une activité normale.

ALTERNATIVE SANTÉ - L'Impatient : Vous êtes endocrinologue et oligothérapeute (Le Dr Viala publiera un ouvrage consacré à cette double approche, d'ici à la fin de l'année.), c'est-à-dire que vous utilisez également les oligoéléments. Quel intérêt trouvez-vous à vous servir de ces derniers ? 

Dr Robert Viala : Toutes les pathologies endocriniennes sont un bon reflet des dysfonctionnements qui s'installent à certaines périodes de l'existence sur des terrains donnés. Ces dysfonctionnements correspondent, pour moi, à des ruptures de l'équilibre de base et de ses fonctions qui conditionne l'état de maladie. Le domaine d'élection de l'oligothérapie mise au point par Jacques Ménétrier est justement ces maladies fonctionnelles qui nécessitent l'aide d'oligoéléments à dose très faible, de l'ordre du millionième de gramme, pour agir comme catalyseurs afin que la fonction ou l'organe perturbé retrouve une activité normale.

L'oligothérapie complète l'action des traitements classiques ?

Tout à fait. On constate souvent que le traitement hormonal d'un désordre thyroïdien ne résout pas tout. Il permet de retrouver des dosages normaux mais l'état clinique du malade ne s'améliore pas proportionnellement. Le patient peut continuer à ressentir de la fatigue, des problèmes digestifs ou d'autres troubles, alors que sur le plan strictement hormonal tout semble réglé. Avec les oligoéléments, ces signes s'améliorent notablement. De même, on a parfois des plaintes cliniques sans correspondance biologique pour lesquelles les oligoéléments font merveille.

Concrètement, dans le cas de l'hyperthyroïdie, par exemple une maladie de Basedow, à quoi peut servir une oligothérapie ? 

Un malade sur deux récidive après un traitement chirurgical ou à l'iode radio-actif. Si on ajoute un traitement par les oligoéléments en complément des anti-hyperthyroïdiens classiques, on diminue le nombre de récidives.

Et pour l'hypothyroïdie ?

La médecine conventionnelle a tendance à trop se concentrer sur le phénomène, le regardant à la loupe, au détriment de ce qui se passe à côté. L'oligothérapie s'attache à prendre en compte le terrain sur lequel intervient la pathologie. Elle s'intéresse à l'ensemble des signes cliniques présentés par le malade ainsi qu'aux maladies et problèmes qui ont pu l'affecter au cours de son existence. Face à une hypothyroïdie, je tente de repérer si le dysfonctionnement thyroïdien est au c¦ur de la problématique posée ou s'il n'est qu'un élément d'un syndrome plus général à traiter absolument pour voir disparaître la pathologie thyroïdienne. Il peut s'agir par exemple d'une perturbation de l'équilibre général qu'un seul traitement catalytique par oligoéléments suffira à régler. Parfois il peut être intéressant de commencer par ce type de traitement et de voir ce qui se passe avant d'entamer un traitement substitutif, auquel tout de même on échappe rarement pour normaliser la biologie.

Vous adoptez la même démarche vis-à-vis des nodules ? 

Un peu, oui, avec beaucoup de prudence, car on sait que 10 % d'entre eux sont cancéreux. Inutile de le préciser, je fais comme tous mes confrères en prescrivant des dosages hormonaux, des examens radiologiques, au besoin des cytoponctions, etc. Cela étant, je tente de distinguer ce qui peut être cancéreux de ce qui ne l'est pas. S'il s'agit de nodules qui s'accompagnent d'un syndrome dysfonctionnel, je pars du principe qu'ils sont le signe d'une rupture de l'équilibre de base, que je tente de corriger par un traitement catalytique. S'il s'agit d'une pathologie isolée sans autre signe que le nodule : pas de troubles de tension, de sommeil, de digestion..., je suis davantage circonspect. En procédant ainsi, j'ai diminué le nombre d'interventions chirurgicales dans ma clientèle présentant des nodules ; et, chez les malades auxquels je recommande l'opération, la proportion de nodules se révélant cancéreux est importante. Il semble que mes critères de sélection fonctionnent relativement bien, mais une étude plus systématique serait nécessaire pour confirmer cette approche.

À quels oligoéléments faites-vous appel dans les pathologies qui nous intéressent ?

À l'iode, bien sûr, puisqu'il est l'élément clef de la thyroïde. Au cuivre, qui convient bien aux hyperthyroïdies. Mais également au potassium, au manganèse, au magnésium, selon les signes que présentent les malades. À l'association Cu-Au-Ag (cuivre-or-argent) quand je perçois chez les patients une très grande difficulté à réagir aux différentes perturbations hormonales ou quand leur système immunitaire est atteint, lors des thyroïdites par exemple. Le lithium agit bien sur les troubles neuro-endocriniens perturbateurs du sommeil. Quand le dysfonctionnement thyroïdien est associé à d'autres troubles hormonaux, on peut faire appel au zinc-cuivre, régulateur neuro-ovarien, au zinc-nickel-cobalt qui agit, lui sur l'axe neuro-pancréatique

Partant des problèmes thyroïdiens, vous les débordez ? 

Naturellement, comment faire autrement ? C'est notre spécialité, la neuro-endocrinologie, qui veut cela. La fonction thyroïdienne a un système régulateur qui, grâce aux hormones, permet à l'organisme de s'adapter aux fluctuations de la vie. C'est un système très performant mais extrêmement fragile, capable de réagir aux situations de stress et aux émotions. Au point que les troubles endocriniens traduisent souvent des déséquilibres psycho-affectifs. Il est indispensable de considérer la thyroïde et ses dysfonctionnements dans cette perspective.

 

 

 

 

 

 

 

 
 
 
 

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