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Les
oligoéléments peuvent aider la thyroïde à retrouver une activité
normale.
ALTERNATIVE
SANTÉ - L'Impatient : Vous êtes
endocrinologue et oligothérapeute (Le
Dr Viala publiera un ouvrage consacré à cette double approche,
d'ici à la fin de l'année.),
c'est-à-dire que vous utilisez également les oligoéléments. Quel
intérêt trouvez-vous à vous servir de ces derniers ?
Dr Robert
Viala : Toutes les pathologies endocriniennes sont
un bon reflet des dysfonctionnements qui s'installent à certaines
périodes de l'existence sur des terrains donnés. Ces dysfonctionnements
correspondent, pour moi, à des ruptures de l'équilibre de base
et de ses fonctions qui conditionne l'état de maladie. Le domaine
d'élection de l'oligothérapie mise au point par Jacques Ménétrier
est justement ces maladies fonctionnelles qui nécessitent l'aide
d'oligoéléments à dose très faible, de l'ordre du millionième
de gramme, pour agir comme catalyseurs afin que la fonction ou
l'organe perturbé retrouve une activité normale.
L'oligothérapie complète
l'action des traitements classiques ?
Tout à fait. On constate souvent
que le traitement hormonal d'un désordre thyroïdien ne résout
pas tout. Il permet de retrouver des dosages normaux mais l'état
clinique du malade ne s'améliore pas proportionnellement. Le patient
peut continuer à ressentir de la fatigue, des problèmes digestifs
ou d'autres troubles, alors que sur le plan strictement hormonal
tout semble réglé. Avec les oligoéléments, ces signes s'améliorent
notablement. De même, on a parfois des plaintes cliniques sans
correspondance biologique pour lesquelles les oligoéléments font
merveille.
Concrètement, dans
le cas de l'hyperthyroïdie, par exemple une maladie de Basedow,
à quoi peut servir une oligothérapie ?
Un malade sur deux récidive après
un traitement chirurgical ou à l'iode radio-actif. Si on ajoute
un traitement par les oligoéléments en complément des anti-hyperthyroïdiens
classiques, on diminue le nombre de récidives.
Et pour l'hypothyroïdie
?
La médecine conventionnelle a tendance
à trop se concentrer sur le phénomène, le regardant à la loupe,
au détriment de ce qui se passe à côté. L'oligothérapie s'attache
à prendre en compte le terrain sur lequel intervient la pathologie.
Elle s'intéresse à l'ensemble des signes cliniques présentés par
le malade ainsi qu'aux maladies et problèmes qui ont pu l'affecter
au cours de son existence. Face à une hypothyroïdie, je tente
de repérer si le dysfonctionnement thyroïdien est au c¦ur de la
problématique posée ou s'il n'est qu'un élément d'un syndrome
plus général à traiter absolument pour voir disparaître la pathologie
thyroïdienne. Il peut s'agir par exemple d'une perturbation de
l'équilibre général qu'un seul traitement catalytique par oligoéléments
suffira à régler. Parfois il peut être intéressant de commencer
par ce type de traitement et de voir ce qui se passe avant d'entamer
un traitement substitutif, auquel tout de même on échappe rarement
pour normaliser la biologie.
Vous adoptez la même
démarche vis-à-vis des nodules ?
Un peu, oui, avec beaucoup de prudence,
car on sait que 10 % d'entre eux sont cancéreux. Inutile de le
préciser, je fais comme tous mes confrères en prescrivant des
dosages hormonaux, des examens radiologiques, au besoin des cytoponctions,
etc. Cela étant, je tente de distinguer ce qui peut être cancéreux
de ce qui ne l'est pas. S'il s'agit de nodules qui s'accompagnent
d'un syndrome dysfonctionnel, je pars du principe qu'ils sont
le signe d'une rupture de l'équilibre de base, que je tente de
corriger par un traitement catalytique. S'il s'agit d'une pathologie
isolée sans autre signe que le nodule : pas de troubles de tension,
de sommeil, de digestion..., je suis davantage circonspect. En
procédant ainsi, j'ai diminué le nombre d'interventions chirurgicales
dans ma clientèle présentant des nodules ; et, chez les malades
auxquels je recommande l'opération, la proportion de nodules se
révélant cancéreux est importante. Il semble que mes critères
de sélection fonctionnent relativement bien, mais une étude plus
systématique serait nécessaire pour confirmer cette approche.
À quels oligoéléments
faites-vous appel dans les pathologies qui nous intéressent ?
À l'iode, bien sûr, puisqu'il est
l'élément clef de la thyroïde. Au cuivre, qui convient bien aux
hyperthyroïdies. Mais également au potassium, au manganèse, au
magnésium, selon les signes que présentent les malades. À l'association
Cu-Au-Ag (cuivre-or-argent) quand je perçois chez les patients
une très grande difficulté à réagir aux différentes perturbations
hormonales ou quand leur système immunitaire est atteint, lors
des thyroïdites par exemple. Le lithium agit bien sur les troubles
neuro-endocriniens perturbateurs du sommeil. Quand le dysfonctionnement
thyroïdien est associé à d'autres troubles hormonaux, on peut
faire appel au zinc-cuivre, régulateur neuro-ovarien, au zinc-nickel-cobalt
qui agit, lui sur l'axe neuro-pancréatique
Partant des problèmes
thyroïdiens, vous les débordez ?
Naturellement, comment faire autrement
? C'est notre spécialité, la neuro-endocrinologie, qui veut cela.
La fonction thyroïdienne a un système régulateur qui, grâce aux
hormones, permet à l'organisme de s'adapter aux fluctuations de
la vie. C'est un système très performant mais extrêmement fragile,
capable de réagir aux situations de stress et aux émotions. Au
point que les troubles endocriniens traduisent souvent des déséquilibres
psycho-affectifs. Il est indispensable de considérer la thyroïde
et ses dysfonctionnements dans cette perspective.
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