Alternative
Santé - L'Impatient,
le mensuel de votre santé au quotidien. Se soigner autrement grâce
aux ressources des médecines alternatives et naturelles.
Octobre
2000
soigner
sa thyroïde
Goitre,
hyperthyroïdie, hypothyroïdie, nodule,cancer, maladie de Basedow,
maladie de Hashimoto... Comment faire face à ces troubles ? Témoignages.
Début juillet
1999, Patricia consulte son médecin traitant. Elle se sent épuisée,
sujette à des troubles de mémoire : " Je suis toujours gelée
et je n'ai plus goût à rien. " Il lui conseille de prendre
un rendez-vous chez un endocrinologue. Celui-ci lui fait faire
des analyses et diagnostique une maladie de Haschimoto (maladie
auto-immune de la thyroïde se définissant par divers troubles
thyroïdiens et, au bout de quelques années, une atrophie de la
glande). Mais Patricia refuse obstinément la solution proposée
: traitement à vie par une hormone de synthèse, le Lévothyrox.
Elle cherche des alternatives et découvre le G5 de Loïc Le Ribault.
En août 1999, elle commence ce traitement. Ses dosages de TSH
(hormone hypophysaire qui vise à stimuler le fonctionnement de
la thyroïde) sont à 35,00 : bien loin de la normalité comprise
entre 0,25 et 5,00. Au bout de six mois de G5 en solution buvable
(9 cuillerées par jour au début, seulement 3 cuillerées ensuite)
et sous forme de compresses sur le foie et d'application de gel
G5 sur la thyroïde, ses taux de TSH sont redescendus à 4,83. Patricia
a retrouvé sa vitalité et son moral : elle a recommencé le ski
nordique, refait les 90 kilomètres par semaine. " C'est à
nouveau le ciel bleu à l'intérieur ", se réjouit-elle !
Pour
Isabelle, il y a trois ans, cela a été le choc. Elle avait 64
ans. " Jusque-là, chaque fois que j'allais chez le médecin,
il me félicitait pour ma forme. Ce jour-là, il s'est attardé à
palper mon cou. J'ai pris conscience qu'il avait enflé d'un côté
". L'échographie révèle la présence de multiples petits nodules
et d'un autre plus gros qui déforme la glande, ainsi que d'un
goitre.
" Je ne ressentais aucun trouble ni gêne. À la réflexion,
pourtant, cette enflure ne m'était pas totalement étrangère, je
l'avais vaguement perçue auparavant, et surtout elle avait
rapidement
grossi après le décès de ma mère. " L'endocrinologue lui
prescrit du Lévothyrox en 25 mg et de l'Extranase (extrait de
noyaux indiqué dans le traitement des oedèmes), ainsi qu'une pommade
de chez Weleda pour se masser le cou chaque jour. Peu à peu la
peur disparaît. Elle s'adapte à la situation. Depuis l'an passé,
elle a doublé les doses de Lévothyrox et alterne désormais l'Extranase
avec Iodum bromatum (un remède homéopathique). L'endocrinologue,
qui envisageait une opération, a été surpris lors de la dernière
échographie de la régression du goitre et du gros nodule. Elle
espère que l'amélioration continuera.
Originaire
de Touraine, 27 ans cette année, Isabelle a deux enfants. C'est
dans les Vosges où elle habite depuis 1995 que son médecin lui
découvre un cou un peu enflé, il y a deux ans, alors qu'elle le
consultait pour une grippe. Divers examens (échographie, scanner,
scintigraphie) concluent à des nodules thyroïdiens du côté droit
et à une atteinte ganglionnaire. À l'opération, un cancer papillaire
de la thyroïde est diagnostiqué, accompagné de métastases ganglionnaires.
Fin 1998, Isabelle enchaîne avec deux radiothérapies pratiquées
avec de l'iode 131. " Un traitement par l'iode, soupire-t-elle,
c'est une semaine d'hôpital sans aucune visite, suivie d'une autre
semaine passée hors du domicile pour éviter le contact avec les
enfants et les femmes enceintes, le temps que l'iode radioactif
soit totalement éliminé de l'organisme. "
Des examens
passés en 1999 révèlent à nouveau une atteinte du côté gauche.
Nouvelle opération, nouveau traitement à l'iode. Les examens suivants
décèlent deux taches suspectes, l'une à la base du cou, l'autre
entre les poumons. Une dernière radiothérapie par l'iode n'améliore
pas la situation. Et son corps ayant déjà reçu une dose importante
de radiations (800 millicuries) alors que l'on ne peut en recevoir
que 2000 tout au long de l'existence, un traitement supplémentaire
par l'iode est momentanément écarté. Une autre opération plus
lourde, plus douloureuse et plus conséquente que les précédentes
lui est préférée. Elle en sort tout juste et s'inquiète de l'avenir.
Aline,
59 ans cette année, ne se sent " plus pareille depuis qu'elle
a été opérée de la thyroïde en 1993 ". C'était quelques mois
après le décès de son frère, dû à un cancer de la gorge. Se sentant
la voix toujours couverte et ayant des déglutitions douloureuses,
elle consulte un ORL qui lui conseille de passer une échographie
et une scintigraphie. On lui découvre un nodule sur le lobe droit
qui déforme la glande thyroïde. Alors que le spécialiste ne l'y
incite pas, Aline tient à être débarrassée de cette tumeur qu'elle
craint cancéreuse. " Autrement, je n'aurais pas été tranquille.
" Le chirurgien n'a enlevé que le lobe droit, l'analyse du
nodule a conclu qu'il n'avait rien de dangereux. Elle vit désormais
avec son lobe gauche qui se révèle être plus petit que la normale...
et avec du Lévothyrox. Mais elle n'arrive pas à retrouver la forme.
Les doses de Lévothyrox ont été progressivement augmentées : de
25 mg par jour, elle est passée à 100 mg. Malgré tout, rien ne
va plus : elle oscille entre fatigue et nervosité, frilosité et
excès de chaleur. Elle a des suées la nuit (alors qu'elle est
ménopausée depuis plus de dix ans), des palpitations dans la journée,
sa tension a augmenté, son taux de cholestérol aussi. Seuls les
bilans sanguins effectués régulièrement la rassurent un peu.
Chantal,
gourmande de champignons sauvages, se rendait souvent à La Cluzas
(en Savoie). Elle s'y trouvait au moment de l'accident de Tchernobyl.
Aujourd'hui âgée de 46 ans, elle vit avec une maladie de Haschimoto
diagnostiquée en 1990. Elle présentait alors tous les signes d'hyperthyroïdie
en association avec quelques nodules. La maladie de Haschimoto
a peu à peu atrophié sa glande, dont l'activité a été compensée
au début par des extraits de Fucus (une algue). Mise trop tardivement,
selon elle, sous Lévothyrox, elle a développé une cataracte. La
maladie de Haschimoto a atteint ses organes lymphoïdes : on lui
a ôté des ganglions de l'aine qui étaient enflammés et elle présente
une rate très enflée. Pour tenter de limiter les effets de la
maladie, elle prend des plantes africaines du Dr Pierre Tubéry.
Mais son combat a pris une forme plus revendicative. Convaincue
comme certains scientifiques que sa maladie a quelque chose à
voir avec le césium radioactif rejeté lors de l'explosion de la
centrale nucléaire de Tchernobyl, elle milite dans le cadre de
l'Association française des malades de la thyroïde, qu'elle a
créée " avec d'autres copines de misère ".