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Qui dira ce
qui provoque les calculs biliaires, cette cristallisation de bile
au creux de la vésicule - d'abord sous forme de "
boue ", puis de concrétions de plus en plus solides
? Accusés : le foie, qui n'aurait pas assuré une
sécrétion de bonne qualité - le problème
est éventuellement congénital ; mais aussi l'obésité
; une alimentation trop riche ; l'insuffisance de fibres ; les
médicaments qui font baisser le taux de cholestérol
dans le sang. Accusés, encore : l'âge - le risque
augmente après 30 ans ; les hormones, puisque les femmes
sont plus souvent atteintes que les hommes ; et, dans la foulée,
la grossesse et les contraceptifs oraux.
On retrouve dans un " calcul " ou caillou biliaire ce
qui compose la bile : du cholestérol (parfois exclusivement)
et des sels. La bile, " ce suc digestif sécrété
par le foie est une émulsion très instable ",
écrit le Pr Guy Benhamou. Le moindre déséquilibre
dans sa composition entraîne facilement une " précipitation
", résume le Dr Zimmermann. Il rejoint le Dr Nathan,
pour estimer que les seuls vrais poisons du système hépatique
et biliaire sont l'excès ou le manque de nourriture - ainsi
que l'abus d'alcool.
Passages bouchés
Les calculs biliaires existent souvent sans se manifester. Beaucoup
d'entre nous en sont sans doute affectés. Il n'y a que
quand ils voyagent que les calculs font souffrir de pénibles
" coliques hépatiques ". Les complications sont
l'irritation puis l'infection de la vésicule, appelée
cholécystite. Un gros calcul qui se coince dans les passages
stratégiques des sucs digestifs peut susciter des ravages
(lire témoignage ci-dessus). Si l'infection gagne le péritoine,
voici la péritonite. Si le flux biliaire ne peut plus sortir
du foie, voici l'ictère ou jaunisse. Si le suc pancréatique
est soumis à pression, il sort de son canal et attaque
les tissus qu'il touche. Si le duodénum lui-même
se bouche, c'est l'occlusion intestinale.
Avant d'en arriver là, la lithiase biliaire commence en
boue ou en petits calculs. La médecine allopathique propose
des médicaments dissolvants, voire une intervention aux
ultrasons : la lithotritie.
Pour les dissolvants plus " naturels ", l'herboriste
et le phytothérapeute
ont du répondant. Jean-Pierre Raveneau-Sabardeil préconise
sa tisane (ou son extrait en teinture-mère) à base
de boldo, garance et curcuma: une cure facilite le drainage et
balaie les cristaux gênants. Dans le feu de la colique,
une tisane de Amni-Visnaga calme les spasmes. En dilatant les
vaisseaux du canal cholédoque, elle facilite l'évacuation
du calcul.
Direction
l'hôpital
Jean-Luc Emo vante les vertus du jus de radis noir, riche en soufre,
qui régularise les contractions de la vésicule.
Il recommande aussi les feuilles d'orthosiphon, les feuilles et
l'écorce de bouleau, les fruits d'alkékengé.
" Si les calculs sont petits, les plantes peuvent les dissoudre
et les réduire en sable, et ils s'éliminent en diarrhée
", explique-t-il.
Raymond Dextreit, savant et naturopathe né en 1908 (et
toujours en exercice), confirme sur ce chapitre les bienfaits
de l'association huile d'olive et citron. Il propose aussi de
manger de l'artichaut, de l'asperge, de la rhubarbe, du pissenlit
et de la chicorée. Il garde l'argile à portée
de main, pour l'absorber ou en faire un cataplasme. Il écrase,
au rouleau, des feuilles de chou pour les poser chaudes sur la
peau, à l'endroit douloureux.
Mais Raymond Dextreit lui-même conseille fermement, à
quiconque souffre de calculs un peu gros, de se faire enlever
la vésicule. Jean-Luc Emo rappelle qu'elle correspond à
un " méridien ", dans la médecine chinoise
et qu'il est perturbant sur un plan énergétique
de l'enlever, mais il vous enverra quand même à l'hôpital
en cas de crise aiguë.
Après l'opération, la bile s'écoule directement
dans l'intestin. Le Dr Nathan recommande simplement de cultiver
plus que jamais une bonne synchronisation entre sa sécrétion
par le foie et l'arrivée du bol alimentaire dans l'intestin,
en mangeant à des heures régulières. Dans
le calme, s'il vous plaît : la bile, c'est la chole en grec,
un mot qui entre dans l'éthymologie de " colère
" et autres " mélancolies "
l
M. D.
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Témoignage
Déboucher le canal
Le printemps 1999 de Giovanni D., 47 ans, enseignant à Paris,
avait été perturbé par quelques petits troubles
: nausées et douleurs fugaces dans le thorax. Mais l'homme,
qui gère déjà une insuffisance rénale
vieille de vingt ans, n'est pas du genre à courir chez le
médecin au moindre bobo. Viennent les vacances. Cap sur la
Sicile. Las ! Giovanni ne ressent qu'écurement à
la vue des petits plats concoctés par ses amis.
De retour à Paris, un soir d'août caniculaire, il est
pris de nausées et passe une nuit terrible à trembler
de froid, le thorax ravagé par " une douleur immense
". Dès l'aube, sa compagne appelle un taxi, direction
l'hôpital. Terrassé par la fièvre - jusqu'à
42 °, a-t-il su plus tard -, il se jette sur un lit et sombre
dans un trou noir de deux jours, traversé par un train à
grande vitesse d'images sans queue ni tête.
Opéré à chaud du canal cholédoque -
qui relie la vésicule biliaire au duodénum, c'est-à-dire
à l'antichambre de l'intestin grêle -, il se fait enlever,
dans les jours qui suivent, la vésicule biliaire. Des calculs
avaient bouché le canal cholédoque, provoquant une
septicémie généralisée. Les médecins
n'ont pas trouvé l'origine de ses maux, a priori sans lien
avec son insuffisance rénale. "Et maintenant ? Pas de
régime, et plutôt moins de brûlures d'estomac
"
M. D.
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