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Novembre 2000

Les calculs biliaires
Pierres d'achoppement

Editorial



 

 

 

 

 

 

Pris quand ils sont petits, les calculs biliaires peuvent très bien se dissoudre par l'effet des plantes. Mais parfois, il faut courir à l'hôpital.

 

Qui dira ce qui provoque les calculs biliaires, cette cristallisation de bile au creux de la vésicule - d'abord sous forme de " boue ", puis de concrétions de plus en plus solides ? Accusés : le foie, qui n'aurait pas assuré une sécrétion de bonne qualité - le problème est éventuellement congénital ; mais aussi l'obésité ; une alimentation trop riche ; l'insuffisance de fibres ; les médicaments qui font baisser le taux de cholestérol dans le sang. Accusés, encore : l'âge - le risque augmente après 30 ans ; les hormones, puisque les femmes sont plus souvent atteintes que les hommes ; et, dans la foulée, la grossesse et les contraceptifs oraux.
On retrouve dans un " calcul " ou caillou biliaire ce qui compose la bile : du cholestérol (parfois exclusivement) et des sels. La bile, " ce suc digestif sécrété par le foie est une émulsion très instable ", écrit le Pr Guy Benhamou. Le moindre déséquilibre dans sa composition entraîne facilement une " précipitation ", résume le Dr Zimmermann. Il rejoint le Dr Nathan, pour estimer que les seuls vrais poisons du système hépatique et biliaire sont l'excès ou le manque de nourriture - ainsi que l'abus d'alcool.

Passages bouchés
Les calculs biliaires existent souvent sans se manifester. Beaucoup d'entre nous en sont sans doute affectés. Il n'y a que quand ils voyagent que les calculs font souffrir de pénibles " coliques hépatiques ". Les complications sont l'irritation puis l'infection de la vésicule, appelée cholécystite. Un gros calcul qui se coince dans les passages stratégiques des sucs digestifs peut susciter des ravages (lire témoignage ci-dessus). Si l'infection gagne le péritoine, voici la péritonite. Si le flux biliaire ne peut plus sortir du foie, voici l'ictère ou jaunisse. Si le suc pancréatique est soumis à pression, il sort de son canal et attaque les tissus qu'il touche. Si le duodénum lui-même se bouche, c'est l'occlusion intestinale.
Avant d'en arriver là, la lithiase biliaire commence en boue ou en petits calculs. La médecine allopathique propose des médicaments dissolvants, voire une intervention aux ultrasons : la lithotritie.
Pour les dissolvants plus " naturels ", l'herboriste et le phytothérapeute
ont du répondant. Jean-Pierre Raveneau-Sabardeil préconise sa tisane (ou son extrait en teinture-mère) à base de boldo, garance et curcuma: une cure facilite le drainage et balaie les cristaux gênants. Dans le feu de la colique, une tisane de Amni-Visnaga calme les spasmes. En dilatant les vaisseaux du canal cholédoque, elle facilite l'évacuation du calcul.

Direction l'hôpital
Jean-Luc Emo vante les vertus du jus de radis noir, riche en soufre, qui régularise les contractions de la vésicule. Il recommande aussi les feuilles d'orthosiphon, les feuilles et l'écorce de bouleau, les fruits d'alkékengé. " Si les calculs sont petits, les plantes peuvent les dissoudre et les réduire en sable, et ils s'éliminent en diarrhée ", explique-t-il.
Raymond Dextreit, savant et naturopathe né en 1908 (et toujours en exercice), confirme sur ce chapitre les bienfaits de l'association huile d'olive et citron. Il propose aussi de manger de l'artichaut, de l'asperge, de la rhubarbe, du pissenlit et de la chicorée. Il garde l'argile à portée de main, pour l'absorber ou en faire un cataplasme. Il écrase, au rouleau, des feuilles de chou pour les poser chaudes sur la peau, à l'endroit douloureux.
Mais Raymond Dextreit lui-même conseille fermement, à quiconque souffre de calculs un peu gros, de se faire enlever la vésicule. Jean-Luc Emo rappelle qu'elle correspond à un " méridien ", dans la médecine chinoise et qu'il est perturbant sur un plan énergétique de l'enlever, mais il vous enverra quand même à l'hôpital en cas de crise aiguë.
Après l'opération, la bile s'écoule directement dans l'intestin. Le Dr Nathan recommande simplement de cultiver plus que jamais une bonne synchronisation entre sa sécrétion par le foie et l'arrivée du bol alimentaire dans l'intestin, en mangeant à des heures régulières. Dans le calme, s'il vous plaît : la bile, c'est la chole en grec, un mot qui entre dans l'éthymologie de " colère " et autres " mélancolies "… l
M. D.

Témoignage
Déboucher le canal
Le printemps 1999 de Giovanni D., 47 ans, enseignant à Paris, avait été perturbé par quelques petits troubles : nausées et douleurs fugaces dans le thorax. Mais l'homme, qui gère déjà une insuffisance rénale vieille de vingt ans, n'est pas du genre à courir chez le médecin au moindre bobo. Viennent les vacances. Cap sur la Sicile. Las ! Giovanni ne ressent qu'écœurement à la vue des petits plats concoctés par ses amis.
De retour à Paris, un soir d'août caniculaire, il est pris de nausées et passe une nuit terrible à trembler de froid, le thorax ravagé par " une douleur immense ". Dès l'aube, sa compagne appelle un taxi, direction l'hôpital. Terrassé par la fièvre - jusqu'à 42 °, a-t-il su plus tard -, il se jette sur un lit et sombre dans un trou noir de deux jours, traversé par un train à grande vitesse d'images sans queue ni tête.
Opéré à chaud du canal cholédoque - qui relie la vésicule biliaire au duodénum, c'est-à-dire à l'antichambre de l'intestin grêle -, il se fait enlever, dans les jours qui suivent, la vésicule biliaire. Des calculs avaient bouché le canal cholédoque, provoquant une septicémie généralisée. Les médecins n'ont pas trouvé l'origine de ses maux, a priori sans lien avec son insuffisance rénale. "Et maintenant ? Pas de régime, et plutôt moins de brûlures d'estomac "
M. D.

 

 

 

 

 

 

 
 
 
 

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