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Que se passe-t-il
à la Direction générale de la Santé
? Huit personnes soumises à l'obligation vaccinale contre
l'hépatite B et victimes d'accidents post-vaccinaux ont
appris en mai dernier qu'elles allaient être indemnisées
(1). Trois cents dossiers seraient en cours d'étude, selon
le Révahb, association des victimes (2). Des décisions,
positives ou négatives, auraient été prises
pour une quinzaine d'entre eux, mais rien n'a été
rendu public. " Mon fils Patrick a été prévenu
en février dernier, par un coup de téléphone,
que son dossier était accepté et qu'il allait recevoir
une rente annuelle, mais rien n'est venu depuis ", déplore
M. Beaulaton. Patrick, brancardier dans une clinique du Mans,
a été obligé de se faire vacciner en 1992.
Dès la première injection, il a déclaré
une sclérose en plaques, mais il a quand même eu
droit aux trois injections suivantes.
À 37 ans, cet ancien basketteur, devenu invalide à
40 %, a dû changer de métier et prendre un emploi
de bureau. Soigné à la Salpêtrière,
il souffre toujours d'une grande fatigabilité et de problèmes
urinaires. Le ministère chercherait comment accepter l'indemnisation,
sans reconnaître qu'il y a un lien de cause à effet,
et cela expliquerait le retard que dénonce l'association
Révahb.
Le vaccin à nouveau
en procès
Francine Delgado arrivera-t-elle à faire reconnaître
que c'est bien le vaccin contre l'hépatite B qui est responsable
de sa sclérose en plaques (SEP) ? Pas facile pour cette
femme de 43 ans qui fut la première à nous alerter
sur l'accident dont elle avait été victime et à
nous signaler que d'autres cas semblables au sien étaient
suivis à l'hôpital de la Salpêtrière
(3). Cadre dans une entreprise de télécommunications,
Francine Delgado se fait vacciner avant un voyage professionnel
au Kenya en octobre 1994. " Trois jours après la première
injection, j'ai ressenti les premiers symptômes : vertiges
avec perte d'équilibre, troubles de la vision, forte fièvre
avec tremblements, faiblesse générale. "
Aujourd'hui, Francine a dû cesser toute activité
professionnelle. Cofondatrice du Révahb, elle poursuit
en justice les laboratoires SKB (SmithKline-Beecham) à
qui elle réclame des dommages et intérêts.
Une expertise préalable ayant été demandée
en 1998, l'affaire revenait, le 18 septembre dernier, devant le
tribunal de grande instance de Paris. Constatant que de nombreuses
observations scientifiques font apparaître des " concordances
troublantes " entre la survenue d'une poussée de SEP
et la vaccination, sans que l'on puisse ni affirmer, ni écarter
la responsabilité de cette vaccination, les experts concluent
que dans le cas de Francine Delgado " aucune lésion
ou séquelle ne peut être directement et exclusivement
imputable à la vaccination ", mais, qu'" il ne
peut pas non plus être fait la preuve de l'absence totale
de relation entre la vaccination et une poussée de SEP
".
Une prudence qui arrange d'autant plus les laboratoires SKB que
les experts estiment par ailleurs que Mme Delgado avait déjà
eu des symptômes de SEP auparavant. Aubaine pour les laboratoires
SKB : ils y voient une " preuve " de plus que leur vaccin
n'y est pour rien. Argument fallacieux. En effet, Francine Delgado
avait eu des troubles neurologiques légers et passagers
en 1989 et un examen IRM n'avait rien décelé. Une
simple crise de spasmophilie, estime-t-elle. Mais, même
s'il s'agissait des premiers symptômes de SEP comme l'estiment
les experts, celle-ci aurait pu rester latente très longtemps,
voire ne jamais se manifester. " C'est le vaccin et bien
lui qui est responsable de ma première poussée de
SEP et des six autres qui ont suivi. "
On peut noter d'ailleurs rappeler que, dès 1994, dans le
dictionnaire Vidal, la notice du vaccin Engérix des laboratoires
SKB précisait que des cas exceptionnels de sclérose
en plaques avaient été observés après
vaccination hépatite B ; et, la même année,
la Commission nationale de pharmacovigilance mettait en garde
contre de possibles poussées de la maladie, après
vaccination chez des patients atteints de SEP. Très fatiguée,
souffrant d'infections urinaires à répétition,
conséquences de sa SEP, Francine Delgado espère
que le tribunal prendra en compte les dernières observations
de l'Agence française de sécurité sanitaire
ainsi que les déclarations du Pr Bégaud, reconnaissant
les risques du vaccin (4). À défaut d'une reconnaissance
immédiate de son préjudice, le tribunal pourrait
demander un complément d'expertise sur cette base. Jugement
le 6 novembre. l
Régis Pluchet
(1) Alternative
Santé - L'Impatient, juillet-août 2000, page 4.
(2) Révahb, 18, rue Joséphine, 94170 Le Perreux-sur-Marne.
Tél. : 01 48 71 80 20.
(3) Témoignages dans Alternative Santé - L'Impatient,
avril 1995, mai 1995, octobre 1996.
(4) Alternative Santé - L'Impatient, avril 2000.
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Nouveau
décès
Jean-Claude Desmoulins, chauffeur de bus à la RATP, est décédé
le 16 août à l'âge de 55 ans des suites de la
vaccination hépatite B. Il avait reçu deux injections
du vaccin fin 1995 et une injection de rappel au mois de juin 1996.
Peu après, il était atteint de problèmes musculaires
aux bras, puis aux jambes, qui ont conduit à un diagnostic
de sclérose latérale amyotrophique (SLA). Il a poursuivi
tant bien que mal son travail jusqu'en 1998, année où
il s'est arrêté avec un taux d'invalidité de
90 %. La maladie entraîne une paralysie progressive, avec
notamment des difficultés respiratoires et de déglutition.
" Avant cet accident, c'était un grand sportif qui faisait
beaucoup de vélo en montagne et n'était jamais malade
", assurent sa femme et son fils. Son cas rejoint celui des
douze personnes atteintes de SLA après vaccination et dont
plusieurs sont déjà décédées
(lire le témoignage publié dans Alternative Santé
- L'Impatient, octobre 1999).
R. P.
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