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Novembre 2000

Le reflux gastro-œsophagien:
Remontées mécaniques

Editorial



 

 

Le reflux gastro-œsophagien résulte d'un dysfonctionnement du clapet entre estomac et œsophage. Pour limiter les dégâts, des solutions existent : une alimentation plus équilibrée, une meilleure position de sommeil… et une meilleure décontraction.

 

 

Quand une personne se plaint de brûlures, d'aigreurs, de remontées d'acide, de régurgitations juste après les repas ou en position allongée (pendant la sieste ou la nuit), ou encore lorsqu'elle se penche en avant, il y a fort à parier qu'elle souffre d'un RGO ou reflux gastro-œsophagien. Il s'agit d'une remontée d'acidité de l'estomac dans l'œsophage. Ce trouble toucherait 30 % de la population. Le plus souvent bénin, il peut devenir invalidant au point de faire envisager une intervention chirurgicale pour éviter le développement d'une complication dénommée œsophagite.

Le bon diagnostic
L'estomac et l'œsophage sont séparés par un clapet, le muscle cardia, qui normalement empêche le liquide contenu dans l'estomac de remonter dans l'œsophage. En cas de dysfonctionnement du cardia, le liquide gastrique entre en contact avec la muqueuse de l'œsophage et y provoque une brûlure, le pyrosis. La douleur ressentie irradie le sternum.
Des éléments peuvent amplifier le trouble : l'obésité, le port de vêtements trop serrés, la pratique d'exercice juste après le repas, l'ingestion d'air, la consommation d'aliments gras en excès, la pression du fœtus sur l'abdomen chez la femme enceinte. La prise de certains tranquillisants, d'anti-angoreux (contre l'angine de poitrine) et d'anti-hypertenseurs permet de diminuer le trouble. Dans la très grande majorité des cas, l'exposé des symptômes classiques suffit à établir le diagnostic. Parfois d'autres symptômes, extra-digestifs, désorientent le patient et le médecin. Des ORL sont consultés, à tort, le RGO étant confondu avec des troubles des bronches, des crises d'asthme, des douleurs d'oreille, un enrouement chronique… ; ou bien des cardiologues pour des pseudo-angines de poitrine. En cas de doute, une endoscopie ou une étude de l'acidité de l'œsophage (pHmétrie) seront réalisées.

Conseils pratiques
Le respect de mesures élémentaires est toujours recommandé. La position allongée favorisant le reflux, au point de réveiller le dormeur, la toute première chose consiste à surélever la tête de lit à l'aide de cales d'au moins quinze centimètres, faire la sieste à demi assis. Deuxièmement : diminuer la consommation de graisses, de chocolat, de tabac, d'alcool et de café, tout aliment qui retarde la vidange de l'estomac et celle d'aliments acidifiants. Alléger les repas de façon générale. Troisièmement, attendre avant de se coucher que la digestion soit bien entamée.

Médicaments et opération
La plupart du temps, le respect de ces règles atténue les troubles ou aide à mieux vivre ; le problème de l'acidité demeure ; il conviendra alors de prendre des médicaments ; si la gêne devient très invalidante (arrêts de travail nombreux), une intervention chirurgicale sous cœlioscopie pourra être envisagée. Le Dr Gilles Rapoport, gastroentérologue hépatologue à Paris, distingue le reflux non compliqué et peu gênant pour lequel un antiacide, qui soulage la sensation de brûlure, fera l'affaire ; et le reflux nécessitant la prise d'un antisécrétoire puissant (de type IPP) pour diminuer la sécrétion acide dans l'estomac. Ces médicaments soulagent à court terme les symptômes, cicatrisent les lésions et préviennent les récidives à long terme. Mais ils ne guérissent pas un trouble dont l'origine est avant tout mécanique. Il existe une opération qui consiste à reconstituer le mécanisme anti-reflux. Comme toute opération, elle comporte des risques, même si elle est pratiquée sous cœlioscopie. Bien souvent, c'est l'âge du patient qui oriente la décision.
Marie-Laure Wallon

 

 

Les plantes digestives

Contre tous les dysfonctionnements liés à l'acidité, anis vert et basilic peuvent être recommandés. La réglisse est aussi très connue pour son rôle anti-inflammatoire et protecteur de la paroi de l'estomac : prendre trois cuillerées à café par jour d'extrait de réglisse ou une cuillerée à café rase de poudre de racine de réglisse avant les repas, pendant trois semaines. Attention : la réglisse est contre-indiquée chez les hypertendus car son principe actif, la glycyrrhizine, augmente la pression artérielle.
Contre les brûlures et gastrites : un mélange de mauve et de guimauve ; effet adoucissant et antispasmodique garanti.
Contre les spasmes : la matricaire.
Pour lutter contre le stress : toute la gamme des plantes sédatives : passiflore ou mieux la mélisse dotée d'un effet antispasmodique spécifique sur le tube digestif.
Contre les inflammations et ulcérations : la marjolaine, le souci des jardins ; en cas d'ulcération, l'ortie, apporte du fer compensant la perte occasionnée par les saignements de l'estomac. L'hydrocotyle asiatique, plante ayurvédique, dénommée aussi gotukola ou bévilacque, a une action cicatrisante. Elle se consomme en tisane, extrait fluide, teinture-mère, comprimés ou gélules.
Pour faciliter la dyspepsie (digestion difficile et douloureuse) et les lourdeurs de fins de repas : un mélange composé de badiane, anis vert, fenouil, angélique, curcuma et cumin, en tisane ; ou en grains comme ceux proposés dans les restaurants indiens.
En cas d'aérophagie : acore, Chella, fenouil, curcuma
Pour protéger la paroi de l'estomac : l'argile blanche (riche en kaolin) à prendre dans un peu d'eau après agitation ; mais elle est contre-indiquée pour les constipés.
Pour éviter les aigreurs en général : une tisane à base d'uncaria, de caroube, de réglisse et de rathania.

M. D. et M.-L. W.

 

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