Alternative
Santé - L'Impatient,
le mensuel de votre santé au quotidien. Se soigner autrement grâce
aux ressources des médecines alternatives et naturelles.
Intéressante
dans les maladies graves, la phytothérapie soigne avec
succès les maladies courantes. Mais attention ! tout est
dans le dosage et les mélanges.
La
médecine classique a du mal à reconnaître
l'efficacité de la phytothérapie. Pourtant les faits
sont là. Prenons un cas réel. Sébastien,
10 mois, souffre d'une otite bilatérale, puis dix jours
plus tard, d'une seconde otite. Une paracentèse est effectuée
(ponction pour évacuer le liquide accumulé dans
le tympan). On lui pose des " yoyos " (matériel
transtympanique). On l'opère des végétations
en juillet
Une nouvelle otite survient en septembre ; on lui prescrit des
antibiotiques pendant trois semaines, une nouvelle intervention
chirurgicale est pratiquée. Il développe à
nouveau une otite, entraînant une hospitalisation
Le cycle infernal continue, incluant une deuxième hospitalisation.
À 2 ans, sa mère, infirmière, décide
de se tourner vers la phytothérapie. Le Dr Danielle Tallec
découvre alors un enfant " maigrichon " pesant
seulement 11 kilos pour 84 centimètres (le poids normal
moyen est de 16 kilos). Son tympan gauche est très enflammé,
des ganglions sont perceptibles.
Une
médecine sur mesure
Elle prescrit
un premier traitement associant d'un mélange d'huiles essentielles
(sarriette, romarin, lavande) et un extrait fluide de cassis et
de pissenlit, des oligoéléments
Ces remèdes n'ont aucun lien avec les plantes et ne font
donc pas partie de la phytothérapie. De la même manière,
ne pas confondre homéopathie et phytothérapie, même
si la première utilise parfois des extraits de plantes
(voir dossier, ALTERNATIVE SANTÉ
- L'Impatient n° 262, décembre 1999).
- cuivre,
or et argent -, et un fortifiant, du sirop de radis noir.
Elle le revoit six semaines plus tard : il a pris un kilo et n'a
plus d'otite.
En prévision de la mauvaise saison, elle lui redonne un
traitement à base des mêmes oligoéléments
et des extraits fluides, mais avec un nouveau mélange d'huiles
essentielles (romarin, sarriette, thym et niaouli) et un nouveau
fortifiant (Plasmarine).
Six mois plus tard, une épidémie d'otite à
la maternelle le ramène à son cabinet. Un léger
écoulement s'échappe de son oreille. À part
cela, il ne présente ni otite ni rhume, son tympan est
sain, les yoyos sont tombés ; il a grandi de 9,5 centimètres,
pèse 13,5 kilos et " il va bien ".
Pour se prémunir
contre l'épidémie, elle lui prescrit un troisième
traitement à base de magnésium*, des mêmes
oligoéléments* et une nouvelle combinaison d'huiles
essentielles (géranium, niaouli et basilic) à laquelle
s'ajoute un extrait d'Echinocea avec du cassis (riche en vitamine
C). Elle le revoit huit mois plus tard : il a encore grandi de
4 centimètres, grossi de 500 grammes ; il n'a plus du tout
de problème d'oreilles et son état général
est bon.
Cet exemple montre la subtilité et la complexité
de la phytothérapie, qui dispose d'un choix illimité
de formules en fonction du contexte et du patient. " Le rajout
ou la suppression d'une plante peut tout aussi bien améliorer
le traitement ou au contraire le casser ", résume
le Dr Danielle Tallec.
Son efficacité fait dire à Jean- Pierre Raveneau-Sabardeil,
docteur en pharmacie, responsable de l'herboristerie de la place
de Clichy (Paris IXe), que " la phytothérapie est
une médecine allopathique végétale ",
rappelant au passage que 80 % des médicaments sont à
base de plantes.
Le
pouvoir de l'aromathérapie
Face à
l'inefficacité croissante des antibiotiques due à
des phénomènes d'accoutumance (60 % des germes leur
seraient résistants), l'aromathérapie à base
d'huiles essentielles constitue une alternative très efficace.
Certaines essences sont dotées d'un pouvoir bactéricide
et antiseptique très puissant. Elles constituent "
de véritables antibiotiques naturels ", selon Jean-Pierre
Raveneau-Sabardeil.
" Certaines
d'entre elles sont aussi d'une extraordinaire efficacité
dans les processus de cicatrisation, ajoute Christian Escriva,
producteur de plantes et formateur en phyto-aromathérapie.
L'essence d'Helichryse italienne (Helichrysum italicum serotinum),
distillée en Corse, est la plus utilisée. Elle est
souvent associée à de l'huile essentielle de lavande
aspic, à des huiles végétales de souci (Calendula
officinalis), de millepertuis, de Calophylle inophylle "
" On
peut aussi, indique-t-il, recourir aux huiles essentielles dans
certains cas de dysplasie du col de l'utérus (avec infection
virale). Des essences d'Eucalyptus Polybractea à cryptone,
de Melalecula altermitolia, d'Ylang Ylang seront intégrées
à des suppositoires gynécologiques incluant aussi
des huiles végétales, ou à une huile de massage
utilisée par voie cutanée. "
Phytothérapie
et maladies graves
La phyto-aromathérapie
peut venir au secours de maladies graves en complément
de traitements allopathiques. Elle obtient des résultats
remarquables dans les cas d'hépatite C. " En général,
on donne de
l'Interféron avec des antirétroviraux très
lourds à supporter. Le malade, qui se plaignait déjà
d'une très grande fatigue (l'un des symptômes de
sa maladie), se sent encore plus fatigué à cause
de ce traitement. On peut alors lui donner des plantes pour stimuler
le foie, pour régénérer la cellule hépatique,
ainsi que des antirétroviraux sous forme d'huiles essentielles
pour diminuer la charge virale ", affirme Jean-Pierre Raveneau-Sabardeil.
Concernant
le cancer, enfin, la phytothérapie peut seconder le traitement
anticancéreux classique et favoriser la résistance
du foie face à la chimiothérapie (se
reporter au hors-série n° 18, de juin 1999 : Agir contre
le cancer, chapitre des méthodes non conventionnelles).
Récemment, différentes publications ont fait état
des recherches menées sur le Viscum album, extrait du gui
(fiches pratiques). Mais, en France, la
médecine officielle se montre encore totalement réticente
à ce genre de pratiques. Il appartient donc aux patients
intéressés de se mettre en contact avec des associations
de patients.