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JANVIER 2001

L'efficacité des plantes

Vaincre l'illetrisme
hépatite b en 1998...

Dossier du Mois
Se soigner avec les plantes
l'efficacité des plantes
les femmes préfèrent les simples
les phyto-hormones
je salue chaque plante
gélules, poudres, tisanes
Millepertuis
Fiches pratiques

 

 

 

Intéressante dans les maladies graves, la phytothérapie soigne avec succès les maladies courantes. Mais attention ! tout est dans le dosage et les mélanges.

 


La médecine classique a du mal à reconnaître l'efficacité de la phytothérapie. Pourtant les faits sont là. Prenons un cas réel. Sébastien, 10 mois, souffre d'une otite bilatérale, puis dix jours plus tard, d'une seconde otite. Une paracentèse est effectuée (ponction pour évacuer le liquide accumulé dans le tympan). On lui pose des " yoyos " (matériel transtympanique). On l'opère des végétations en juillet…
Une nouvelle otite survient en septembre ; on lui prescrit des antibiotiques pendant trois semaines, une nouvelle intervention chirurgicale est pratiquée. Il développe à nouveau une otite, entraînant une hospitalisation… Le cycle infernal continue, incluant une deuxième hospitalisation. À 2 ans, sa mère, infirmière, décide de se tourner vers la phytothérapie. Le Dr Danielle Tallec découvre alors un enfant " maigrichon " pesant seulement 11 kilos pour 84 centimètres (le poids normal moyen est de 16 kilos). Son tympan gauche est très enflammé, des ganglions sont perceptibles.

Une médecine sur mesure

Elle prescrit un premier traitement associant d'un mélange d'huiles essentielles (sarriette, romarin, lavande) et un extrait fluide de cassis et de pissenlit, des oligoéléments Ces remèdes n'ont aucun lien avec les plantes et ne font donc pas partie de la phytothérapie. De la même manière, ne pas confondre homéopathie et phytothérapie, même si la première utilise parfois des extraits de plantes (voir dossier, ALTERNATIVE SANTÉ - L'Impatient n° 262, décembre 1999).

- cuivre, or et argent -, et un fortifiant, du sirop de radis noir. Elle le revoit six semaines plus tard : il a pris un kilo et n'a plus d'otite.

En prévision de la mauvaise saison, elle lui redonne un traitement à base des mêmes oligoéléments et des extraits fluides, mais avec un nouveau mélange d'huiles essentielles (romarin, sarriette, thym et niaouli) et un nouveau fortifiant (Plasmarine).
Six mois plus tard, une épidémie d'otite à la maternelle le ramène à son cabinet. Un léger écoulement s'échappe de son oreille. À part cela, il ne présente ni otite ni rhume, son tympan est sain, les yoyos sont tombés ; il a grandi de 9,5 centimètres, pèse 13,5 kilos et " il va bien ".

Pour se prémunir contre l'épidémie, elle lui prescrit un troisième traitement à base de magnésium*, des mêmes oligoéléments* et une nouvelle combinaison d'huiles essentielles (géranium, niaouli et basilic) à laquelle s'ajoute un extrait d'Echinocea avec du cassis (riche en vitamine C). Elle le revoit huit mois plus tard : il a encore grandi de 4 centimètres, grossi de 500 grammes ; il n'a plus du tout de problème d'oreilles et son état général est bon.
Cet exemple montre la subtilité et la complexité de la phytothérapie, qui dispose d'un choix illimité de formules en fonction du contexte et du patient. " Le rajout ou la suppression d'une plante peut tout aussi bien améliorer le traitement ou au contraire le casser ", résume le Dr Danielle Tallec.


Son efficacité fait dire à Jean- Pierre Raveneau-Sabardeil, docteur en pharmacie, responsable de l'herboristerie de la place de Clichy (Paris IXe), que " la phytothérapie est une médecine allopathique végétale ", rappelant au passage que 80 % des médicaments sont à base de plantes.

Le pouvoir de l'aromathérapie

Face à l'inefficacité croissante des antibiotiques due à des phénomènes d'accoutumance (60 % des germes leur seraient résistants), l'aromathérapie à base d'huiles essentielles constitue une alternative très efficace. Certaines essences sont dotées d'un pouvoir bactéricide et antiseptique très puissant. Elles constituent " de véritables antibiotiques naturels ", selon Jean-Pierre Raveneau-Sabardeil.

" Certaines d'entre elles sont aussi d'une extraordinaire efficacité dans les processus de cicatrisation, ajoute Christian Escriva, producteur de plantes et formateur en phyto-aromathérapie. L'essence d'Helichryse italienne (Helichrysum italicum serotinum), distillée en Corse, est la plus utilisée. Elle est souvent associée à de l'huile essentielle de lavande aspic, à des huiles végétales de souci (Calendula officinalis), de millepertuis, de Calophylle inophylle… "

" On peut aussi, indique-t-il, recourir aux huiles essentielles dans certains cas de dysplasie du col de l'utérus (avec infection virale). Des essences d'Eucalyptus Polybractea à cryptone, de Melalecula altermitolia, d'Ylang Ylang… seront intégrées à des suppositoires gynécologiques incluant aussi des huiles végétales, ou à une huile de massage utilisée par voie cutanée. "

Phytothérapie et maladies graves

La phyto-aromathérapie peut venir au secours de maladies graves en complément de traitements allopathiques. Elle obtient des résultats remarquables dans les cas d'hépatite C. " En général, on donne de
l'Interféron avec des antirétroviraux très lourds à supporter. Le malade, qui se plaignait déjà d'une très grande fatigue (l'un des symptômes de sa maladie), se sent encore plus fatigué à cause de ce traitement. On peut alors lui donner des plantes pour stimuler le foie, pour régénérer la cellule hépatique, ainsi que des antirétroviraux sous forme d'huiles essentielles pour diminuer la charge virale ", affirme Jean-Pierre Raveneau-Sabardeil.

Concernant le cancer, enfin, la phytothérapie peut seconder le traitement anticancéreux classique et favoriser la résistance du foie face à la chimiothérapie (se reporter au hors-série n° 18, de juin 1999 : Agir contre le cancer, chapitre des méthodes non conventionnelles). Récemment, différentes publications ont fait état des recherches menées sur le Viscum album, extrait du gui (fiches pratiques). Mais, en France, la médecine officielle se montre encore totalement réticente à ce genre de pratiques. Il appartient donc aux patients intéressés de se mettre en contact avec des associations de patients.

Marie-Laure Wallon

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