Alternative
Santé - L'Impatient,
le mensuel de votre santé au quotidien. Se soigner autrement grâce
aux ressources des médecines alternatives et naturelles.
Pour
bien utiliser les plantes, il suffit de respecter quelques
précautions et principes de base et d'établir une
bonne relation avec son médecin.
Depuis toujours,
les femmes utilisent des plantes pour se nourrir et se soigner.
Dans les campagnes, elles ramassaient les " simples ",
nom donné
aux plantes médicinales et soignaient leur entourage avec.
Et puis, les " sorcières " ont été
brûlées et les médecins sont arrivés.
Dépossédées de ce pouvoir, elles ont été
cantonnées dans des rôles secondaires. La gynécologie
et l'obstétrique en sont les illustrations caricaturales.
Pourtant, cette pratique a continué de se transmettre,
parfois de mère à fille et surtout de femme à
femme. Dans le cadre des luttes féministes des années
1970, des groupes (les groupes de self help) ont développé
tout un savoir-faire pour se soigner avec les plantes.
La mémoire de ce travail, réalisé dans le
cadre du dispensaire des femmes de Genève - il n'existe
plus aujourd'hui - se trouve pour une part dans les deux ouvrages
de Rina Nissim, naturopathe suisse : Mamamelis, manuel de gynécologie
naturopathique et La Ménopause, réflexions et alternatives
aux hormones de remplacement.
" On
peut parvenir à une bonne automédication en respectant
quelques principes, explique Rina Nissim. Une phytothérapie
simple est tout à fait possible en s'observant et en utilisant
une plante à la fois. Il existe de bons ouvrages de référence
qui permettent de savoir quelles parties de la plante utiliser
: feuilles, racines, fleurs, etc. ; et sous quelle forme : infusion
décoction teinture-mère, huile essentielle, etc.
On peut alors se "lancer" avec confiance et prendre
en charge certains problèmes de santé. "
La phytothérapie n'est pas exclusive, elle peut accompagner
un traitement allopathique, se joindre à l'homéopathie,
aux oligoéléments, etc. Il n'y a aucun danger, il
faut simplement être patiente, accepter de chercher, de
se tromper pour enfin trouver. S'aider de signes simples, et les
écouter en essayant de comprendre ce qu'ils signifient.
Qui mieux que vous-même sait ce que vous ressentez ? Il
n'est nullement question de se priver de la compétence
des professionnels, très utiles pour aider à établir
un bon diagnostic et expliquer. Il est tout simplement question
de reprendre confiance en soi et de se réapproprier un
certain savoir et pouvoir sur son corps. Les médecins font
la même chose. " Il faut souvent tâtonner, essayer,
changer de remède, chercher l'équilibre spécifique
à chaque femme ", explique le Dr Arnal-Schnebelen,
gynécologue obstétricienne, phytothérapeute
et chargée de l'enseignement de la phytothérapie
à l'université de Bobigny.
Attention
à l'automédication !
Aujourd'hui,
la phytothérapie, longtemps " snobée "
par le monde médical et détrônée par
l'allopathie alors que la plupart des médicaments utilisent
des molécules d'origine végétale, est en
train de devenir une discipline médicale à part
entière. Résultat, les médecins phytothérapeutes
mettent les femmes en garde contre l'automédication. Ils
avancent comme argument le pouvoir réel et actif des plantes.
Mais, il s'agit encore une fois d'une querelle de pouvoir. La
meilleure des médecines passe par l'échange et le
partage entre le médecin et son ou sa patiente. Si votre
médecin n'accepte pas ce dialogue, ce n'est pas obligatoirement
un mauvais médecin, mais son écoute laisse à
désirer. Patients et médecins ont chacun un rôle
à jouer avec pour objectif premier le bien-être des
patients.
Dans l'idéal, on peut aussi récolter ses plantes,
en cultiver certaines mais
ce n'est guère possible en ville.
Il existe
des week-ends et les vacances pour aller à leur découverte,
de bonnes herboristeries pour les observer, les sentir, les acheter,
en discuter avec l'herboriste. Dans l'optique de cette familiarisation,
nous en proposons, ci-dessous une liste non exhaustive. Elle vous
aidera à apprendre et à essayer de gérer
le mieux possible certains problèmes. Il suffira ensuite
de compléter avec un bon ouvrage.
Plantes
pour les femmes
L'achillée millefeuille (Achillea millefolium), herbe aux
charpentiers, dite aussi herbe de Saint-Jean. À la fois
emménagogue (favorisant les règles) et hémostatique
(arrêtant les saignements), l'achillée millefeuille
peut s'utiliser en cas de saignements, de douleurs des règles,
de troubles de la circulation, de spasmes utérins ou digestifs.
En cas de grosse fièvre ou de bouffées de chaleur
(ménopause), on peut boire une infusion refroidie d'une
sommité fleurie pour une tasse d'eau. Les feuilles permettent
de fabriquer des emplâtres et des baumes qui soignent les
mamelons si des problèmes surviennent lors de l'allaitement.
S'utilise aussi en teinture-mère.
L'alchémille (Alchemuilla vulgaris), dite aussi mantelet
de Notre- Dame, ou encore pied de lion Plante phytoprogestative
réputée pour sa capacité à soigner
les " problèmes féminins ", elle est à
utiliser avec précaution. Décongestionnante et apaisante,
aussi bien au niveau hépatique qu'utérin, elle permet
de régulariser le cycle et le flux des règles. Elle
prévient les fibromes. Facilite aussi l'accouchement. Elle
s'utilise en teinture-mère seule ou associée à
d'autres plantes.
L'aubépine
(Crataegus oxyacantha), dite épine de mai, ou épine
blanche, tonicardiaque, hypotenseur, hypnotique léger,
c'est la plante des bouffées de chaleur. Les fleurs calment
le système nerveux. Fraîches en décoction,
sèches en tisane : 1 sommité fleurie dans une tasse
d'eau contre l'angoisse, les bouffées de chaleur et les
palpitations. La teinture-mère donne les mêmes effets.
L'alfalfa (Medicago sativa) exerce une activité strogénique.
Réminéralisante. Ses feuilles donnent une tisane
tout à fait consommable. Mais, attention, comme toutes
les plantes strogéniques, elle est à utiliser
avec précaution et modération. À long terme,
elle peut se révéler toxique pour le foie.
Le bouleau (Betula alba), excellente plante drainante ; les tisanes
obtenues avec ses feuilles sont dépuratives et diurétiques.
Le cassis (Ribes nigrum), plante constituée de flavonoïdes,
excellente contre les troubles circulatoires, en infusion et en
teinture mère.
Le cimicifuga (Cimicifuga racemosa). Cette plante à activité
strogénique agit sur les bouffées de chaleur
et la sécheresse vaginale. Plante antispasmodique par excellence,
c'est aussi un modérateur du système nerveux.
Le cyprès (Cupressus sempervirens) agit sur les troubles
de la circulation et le rééquilibrage du système
nerveux.
Le framboisier (Rubus idaeus). Ses feuilles sont riches en flavonoïdes
contre les règles douloureuses et trop abondantes. Les
tisanes soignent les muqueuses. La décoction de feuilles
de framboisier est efficace en douche vaginale contre les leucorrhées.
La tisane lutte efficacement contre les nausées de la grossesse.
Le gattilier (Vitex agnus-castus), plante phytoprogestative, régulateur
hypophysaire, doit être utilisée avec précaution
(L'hypophyse produit les hormones du cerveau, les gonadotrophines,
qui donnent les ordres aux ovaires).
Le ginkgo (Ginkgo biloba), plante des jambes lourdes connue pour
ses vertus circulatoires. À absorber en infusion (10 grammes
de feuilles séchées par tasse). Plante anti-oxydante.
Le ginseng (Panax ginseng), plante régulatrice du système
nerveux, aide à gérer le stress. À absorber
en décoction de racines.
Le grémil (Lithospermum officinale), diurétique,
est un régulateur hypophysaire.
Le gui (Viscum album), vasodilatateur, antispamosdique, apporte
un soulagement pour les règles abondantes, les migraines,
les vertiges.
L'hamamélis de Virginie (Hamamelis virginiana), plante
des troubles veineux, des congestions utérines, ovariennes
et pelviennes et des règles abondantes. À absorber
en décoction (une cuillère à dessert de feuilles
coupées par tasse). Pour les bouffées de chaleur,
l'associer en teinture mère avec le marron d'Inde, et la
passiflore.
Le mélilot (Melilotus officinalis), antispasmodique, apaisant,
calme le système sympathique. Plante des troubles de la
ménopause.
La mélisse (Melissa officinalis), tonique, stimulante physiquement
et intellectuellement, antispasmodique, est conseillée
aussi pour les règles douloureuses.
L'ortie (Urtica dioïca), plante très riche, à
connaître absolument ; reminéralisante, drainante,
hémostatique. Impossible de décrire toutes ses utilisations
et ses vertus, selon qu'on la consomme en soupe ou qu'on l'utilise
différemment : infusion, teinture mère, etc.
La passiflore (Passiflora incartana et Cærula), est une
plante apaisante pour mieux dormir, se calmer. Excellente en infusion.
La prêle (Equisetum arvense), reminéralisante hémostatique,
se recommande à la cinquantaine en cure pour prévenir
l'ostéoporose.
Le petit houx (Ruscus aculeatus), vasoconstricteur du système
veineux, est encore une plante de la bonne circulation sanguine.
Efficace contre les douleurs des règles.
La réglisse (Glcyrrhiza glabra) contient des substances
à activité strogénique. Comme les isoflavones
du soja, le principe actif de la réglisse semble équilibrer
le taux d'strogène chez la femme. Attention, la réglisse
et ses extraits doivent se consommer en petite quantité,
sinon il y a risque d'hypertension artérielle et de maux
de tête. On trouve des bonbons à base de réglisse
pure dans les boutiques diététiques.
La sauge (Salvia officinalis), dite aussi herbe sacrée,
contient des substances strogéniques, il faut donc
l'utiliser avec précaution. Antispasmodique équilibrante,
elle régule les règles.
La vigne rouge (Vitis vinifera), plante de la circulation sanguine,
excellent tonique veineux, est tout indiquée dans les troubles
de la circulation et les règles abondantes.