Alternative
Santé - L'Impatient,
le mensuel de votre santé au quotidien. Se soigner autrement grâce
aux ressources des médecines alternatives et naturelles.
On regroupe
sous le nom de " phytohormones " des substances d'origine
végétale dont l'activité strogénique
ou progestative est " semblable " à celle des
strogènes et de la progestérone (hormones
produites par les ovaires). Les spécialistes recensent
aujourd'hui plus de 600 végétaux à action
strogénique et plus de 350 à action progestative.
Le marché des phytohormones est en plein essor, sous forme
de compléments alimentaires, et en vente libre. Il propose
déjà plus de 19 produits. Ces phytohormones peuvent
servir en gynécologie. C'est une bonne nouvelle et une
victoire pour les femmes, surtout pour celles qui depuis toujours
se méfient des effets secondaires des hormones proposées
par la médecine allopathique, au moment de la ménopause.
Leur résistance à la prescription systématique
d'un traitement hormonal substitutif (THS) a favorisé d'autres
perspectives. Mais il faut aussi être vigilant car il s'agit
d'un nouveau marché, sur lequel le manque de rigueur et
de recul est patent, société marchande oblige. Enfin,
ce marché repose sur le même concept que celui de
l'allopathie : la carence hormonale des femmes après la
ménopause, un concept discutable.
Les premiers
" marchands " de phytohormones ont fondé toute
leur commercialisation sur le mot " végétal
" comme si cela signifiait : sans danger. " Les indications
des phytohormones sont pour certaines évidentes, d'autres
incertaines, voire douteuses, explique le Dr Arnal-Schnebelen.
Les études concernant les phytstrogènes sont
nombreuses. Par contre, celles sur les phytoprogestatifs le sont
moins. Résultat, nombre d'assertions infondées ont
été émises, en particulier sur le yam (L'igname
du Mexique ou yam,
Discorea villosa ou mexicana, est une plante renfermant une hormone
végétale, la diosgénine, dont la structure
est proche de la progestérone.
Cette dernière est utilisée en allopathie pour aboutir
à la synthèse de la progestérone.) Dans
ma pratique, j'ai constaté une réelle action du
yam durant la période de pré-ménopause, certaines
femmes se sentent effectivement mieux. À l'heure actuelle,
on ne peut la considérer que comme une "phyto-pro-progestérone"
: pouvant peut-être se transformer en progestérone
dans l'organisme. " Le Dr Arnal-Schnebelen s'interroge aussi
sur les produits à base de soja. Il n'y pas d'étude
sur leurs effets secondaires à long terme, surtout sur
leurs éventuels effets cancérigènes. De plus,
on ignore à quels dosages les prendre chaque jour. "Rien
dans l'état actuel des connaissances ne peut nous permettre
de les prescrire en toute innocuité. Et n'oublions pas
les contre-indications absolues : cancer du sein et de l'endomètre,
troubles trombo-emboliques ".
Le conseil
d'ALTERNATIVE SANTÉ - L'Impatient : avant tout, lire notre
hors-série sur la ménopause (n°
13, mars 1999). Si vous choisissez d'utiliser les phytohormones
au moment de la ménopause pour pallier certains symptômes
désagréables (bouffées de chaleur et sécheresse
vaginale), faites établir un bon diagnostic par votre médecin
sur votre déséquilibre hormonal. Utilisez de préférence,
même si c'est plus difficile, les " bonnes vieilles
plantes " de chez nous. Ces plantes régulatrices du
système hormonal sont utiles à tous les âges
de la vie (voir liste ci-dessus). Pour une utilisation à
plus long terme, faites-vous accompagner par un médecin-phytothérapeute