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FEVRIER 2001

 

Homéopathie et Dépression
vaccin hépatite B
L'aluminium en cause
Interview
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Handicap et Travail
Nouveau départ
Portrait
Se faire reconnaître
Interview
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Vers un nouveau départ

 


Ballottées de service en service, les personnes handicapées peinent à (re)trouver un emploi.

Camille a récemment fêté son quarante-septième anniversaire. Chauffeur-manutentionnaire pendant vingt-cinq ans, il a eu, comme c'est fréquent à ce poste, un problème vertébral qui l'a obligé à prendre six mois d'arrêt de travail. Conscient de ne plus pouvoir assumer sa tâche comme auparavant, il demande et obtient la reconnaissance de " travailleur handicapé " (voir lexique ci-contre). À la veille de la reprise de son emploi, le médecin du travail propose des aménagements (modifier l'équipement) qui peuvent être en partie financés par des fonds réservés aux handicapés et gérés par l'Agefiph (Association pour la gestion des fonds d'insertion des personnes handicapées). Mais son employeur refuse tout arrangement et le licencie. Camille entreprend de se ré-orienter. Première étape : un bilan de compétence d'une durée de huit semaines. Faute de place, il attendra pendant un an avant de pouvoir le faire. Parmi les possibilités d'orientation se dégage celle de la gestion de stocks. Une place se trouve disponible en atelier protégé, à dix kilomètres de chez lui (lire fiches pratiques, page 28). L'affaire ne pourra pas aboutir car la Cotorep (voir lexique ci-contre) a décrété que le reclassement de Camille devait se faire en milieu ordinaire de travail. Sachant que son statut de travailleur handicapé peut intéresser des employeurs car il ouvre droit à certains avantages il rédige huit lettres de candidature : huit refus ! Il se retourne vers la Cotorep pour qu'elle lui accorde le droit de travailler en entreprise protégée. Son état de santé s'aggrave, rendant nécessaire une intervention chirurgicale… Mais il l'ajourne en attendant la décision de la Cotorep. Dans le même temps, il s'adresse à la Fnath (Fédération nationale des accidentés du travail et handicapés), la principale association de défense des travailleurs handicapés. Celle-ci lui conseille de faire reconnaître son handicap comme maladie professionnelle. Ce qu'il obtient en catégorie 1 : cela ne l'empêche pas de travailler mais lui assure une pension d'invalidité et donc quelques revenus.

Se former

Autre parcours difficile : celui d'Evelyne, la compagne de Camille. Vendeuse en supermarché, un problème de genou l'oblige à s'arrêter pendant un an. Son inaptitude au travail entraîne son licenciement. Reconnue travailleuse handicapée, elle est suivie par l'EPSR (Équipe de préparation et de suite de reclassement) et fait sur son conseil une remise à niveau en informatique. Elle voudrait s'orienter maintenant vers une formation de comptable, qui pourrait être financée par l'Agefiph à condition qu'elle trouve un employeur. Ses recherches n'ayant pas abouti, elle prend une autre orientation et signe pour un contrat emploi-solidarité (CES) de secrétariat dans une association locale. Elle espère que, ce CES se prolongeant, elle pourra suivre une formation complémentaire (non rémunérée) à mi-temps. Troisième exemple : Marie-Thérèse. Elle est atteinte depuis l'enfance d'un handicap qui réduit la mobilité de son bras droit. Il y a douze ans, elle a déposé une demande de reconnaissance de travailleur handicapé à la Cotorep de son département qui lui a opposé un refus clair et net. Impossible pour elle de trouver un emploi. Ayant déménagé et changé de département, - sur les conseils de l'EPSR - elle fait la même requête auprès de la Cotorep de son nouveau département… Son état de santé est le même que précédemment, mais cette fois elle est reconnue handicapée à 50 % ! Cela lui permet de trouver du travail dans une maison de retraite. Nouveau déménagement, nouvelle donne, nouvelle recherche d'emploi ! L'ANPE lui propose une place dans la métallurgie réservé aux handicapés : poncer des pièces métalliques à raison de 1000 pièces à l'heure ! Chaque jour elle en sort épuisée. Avec une collègue, elle aussi handicapée, elle demande un rendez-vous auprès du médecin du travail. Elle obtient un changement de siège, une modification de l'éclairage, mais cela ne change pas la pénibilité de sa tâche. Trois mois plus tard, le médecin du travail ne peut que constater l'inaptitude au travail de Marie-Thérèse. Elle est licenciée, une procédure de reclassement est mise en place. Au bout d'un an de chômage, l'EPSR lui trouve un emploi de cuisinière (sous CES) dans la cantine d'une petite commune. " Comparé à l'enfer de l'atelier, c'est le paradis ! "…


 

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Petit lexique du handicap

Le terme de "handicap" recouvre tous les problèmes de santé, qu'ils soient d'ordre sensoriel (malentendance, malvoyance…), d'ordre moteur ou dus à une maladie, (troubles respiratoires, cardiaques, diabète…). Le handicap remet en cause la capacité à exercer normalement une profession. Les personnes handicapées bénéficient alors de mesures spéciales : horaires adaptés, aides techniques, matérielles ou financières, etc., leur permettant de continuer à travailler.

Travailleur handicapé : "toute personne dont les capacités d'obtenir ou de conserver un emploi sont effectivement réduites par suite d'une insuffisance ou d'une diminution de ses capacités physiques ou mentales ".

Invalidité : terme sans définition légale. Chaque cas est apprécié en lui-même par la Cotorep ou la Sécurité sociale. Deux situations sont possibles :
- la personne se trouve atteinte d'un handicap estimé à au moins 80 % de " déficience ". Elle obtient alors la carte d'invalidité, ce qui lui donne droit à différents avantages ;

- quand le handicap n'atteint pas ces 80 %, le sujet n'a pas droit à la carte d'invalidité. La reconnaissance d'un taux d'invalidité donne lieu à des dédommagements versés sous forme de capital ou de rente. Certains organismes sont incontournables. Citons :
- la Cotorep (Commission technique d'orientation et de reclassement professionnel). Structure chargée d'attribuer le statut de travailleur handicapé, la carte d'invalidité, etc. ;

- l'Agefiph (Association pour la gestion des fonds d'insertion des personnes handicapées). Organisme paritaire qui gère et attribue les aides aux travailleurs handicapés ;

- l'EPSR (Équipe de préparation et de suite du reclassement). Organisme officiel accompagnant les travailleurs handicapés dans leur itinéraire de maintien dans l'emploi ou de reclassement.

 

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