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Ballottées
de service en service, les personnes handicapées peinent à (re)trouver
un emploi.
Camille a
récemment fêté son quarante-septième anniversaire. Chauffeur-manutentionnaire
pendant vingt-cinq ans, il a eu, comme c'est fréquent à ce poste,
un problème vertébral qui l'a obligé à prendre six mois d'arrêt
de travail. Conscient de ne plus pouvoir assumer sa tâche comme
auparavant, il demande et
obtient la reconnaissance de " travailleur handicapé " (voir lexique
ci-contre). À la veille de la reprise de son emploi, le médecin
du travail propose des aménagements (modifier l'équipement) qui
peuvent être en partie financés par des fonds réservés aux handicapés
et gérés par l'Agefiph (Association pour la gestion des fonds
d'insertion des personnes handicapées). Mais son employeur refuse
tout arrangement et le licencie. Camille entreprend de se ré-orienter.
Première étape : un bilan de compétence d'une durée de huit semaines.
Faute de place, il attendra pendant un an avant de pouvoir le
faire. Parmi les possibilités d'orientation se dégage celle de
la gestion de stocks. Une place se trouve disponible en atelier
protégé, à dix kilomètres de chez lui (lire fiches pratiques,
page 28). L'affaire ne pourra pas aboutir car la Cotorep (voir
lexique ci-contre) a décrété que le reclassement de Camille devait
se faire en milieu ordinaire de travail. Sachant que son statut
de travailleur handicapé peut intéresser des employeurs car il
ouvre droit à certains avantages il rédige huit lettres de candidature
: huit refus ! Il se retourne vers la Cotorep pour qu'elle lui
accorde le droit de travailler en entreprise protégée. Son état
de santé s'aggrave, rendant nécessaire une intervention chirurgicale…
Mais il l'ajourne en attendant la décision de la Cotorep. Dans
le même temps, il s'adresse à la Fnath (Fédération nationale des
accidentés du travail et handicapés), la principale association
de défense des travailleurs handicapés. Celle-ci lui conseille
de faire reconnaître son handicap comme maladie professionnelle.
Ce qu'il obtient en catégorie 1 : cela ne l'empêche pas de travailler
mais lui assure une pension d'invalidité et donc quelques revenus.
Se
former
Autre parcours
difficile : celui d'Evelyne, la compagne de Camille. Vendeuse
en supermarché, un problème de genou l'oblige à s'arrêter pendant
un an. Son inaptitude au travail entraîne son licenciement. Reconnue
travailleuse handicapée, elle est suivie par l'EPSR (Équipe de
préparation et de suite de reclassement) et fait sur son conseil
une remise à niveau en informatique. Elle voudrait s'orienter
maintenant vers une formation de comptable, qui pourrait être
financée par l'Agefiph à condition qu'elle trouve un employeur.
Ses recherches n'ayant pas abouti, elle prend une autre orientation
et signe pour un contrat emploi-solidarité (CES) de secrétariat
dans une association locale. Elle espère que, ce CES se prolongeant,
elle pourra suivre une formation complémentaire (non rémunérée)
à mi-temps. Troisième exemple : Marie-Thérèse. Elle est atteinte
depuis l'enfance d'un handicap qui réduit la mobilité de son bras
droit. Il y a douze ans, elle a déposé une demande de reconnaissance
de travailleur handicapé à la Cotorep de son département qui lui
a opposé un refus clair et net. Impossible pou r
elle de trouver un emploi. Ayant déménagé et changé de département,
- sur les conseils de l'EPSR - elle fait la même requête auprès
de la Cotorep de son nouveau département… Son état de santé est
le même que précédemment, mais cette fois elle est reconnue handicapée
à 50 % ! Cela lui permet de trouver du travail dans une maison
de retraite. Nouveau déménagement, nouvelle donne, nouvelle recherche
d'emploi ! L'ANPE lui propose une place dans la métallurgie réservé
aux handicapés : poncer des pièces métalliques à raison de 1000
pièces à l'heure ! Chaque jour elle en sort épuisée. Avec une
collègue, elle aussi handicapée, elle demande un rendez-vous auprès
du médecin du travail. Elle obtient un changement de siège, une
modification de l'éclairage, mais cela ne change pas la pénibilité
de sa tâche. Trois mois plus tard, le médecin du travail ne peut
que constater l'inaptitude au travail de Marie-Thérèse. Elle est
licenciée, une procédure de reclassement est mise en place. Au
bout d'un an de chômage, l'EPSR lui trouve un emploi de cuisinière
(sous CES) dans la cantine d'une petite commune. " Comparé à l'enfer
de l'atelier, c'est le paradis ! "…
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Petit
lexique du handicap
Le terme de "handicap" recouvre tous les problèmes de santé, qu'ils
soient d'ordre sensoriel (malentendance, malvoyance…), d'ordre
moteur ou dus à une maladie, (troubles respiratoires, cardiaques,
diabète…). Le handicap remet en cause la capacité à exercer normalement
une profession. Les personnes handicapées bénéficient alors de
mesures spéciales : horaires adaptés, aides techniques, matérielles
ou financières, etc., leur permettant de continuer à travailler.
Travailleur handicapé : "toute personne dont les capacités d'obtenir
ou de conserver un emploi sont effectivement réduites par suite
d'une insuffisance ou d'une diminution de ses capacités physiques
ou mentales ".
Invalidité : terme sans définition légale. Chaque cas est apprécié
en lui-même par la Cotorep ou la Sécurité sociale. Deux situations
sont possibles :
- la personne se trouve atteinte d'un handicap estimé à au moins
80 % de " déficience ". Elle obtient alors la carte d'invalidité,
ce qui lui donne droit à différents avantages ;
- quand le handicap n'atteint pas ces 80 %, le sujet n'a pas droit
à la carte d'invalidité. La reconnaissance d'un taux d'invalidité
donne lieu à des dédommagements versés sous forme de capital ou
de rente. Certains organismes sont incontournables. Citons :
- la Cotorep (Commission technique d'orientation et de reclassement
professionnel). Structure chargée d'attribuer le statut de travailleur
handicapé, la carte d'invalidité, etc. ;
- l'Agefiph (Association pour la gestion des fonds d'insertion
des personnes handicapées). Organisme paritaire qui gère et attribue
les aides aux travailleurs handicapés ;
- l'EPSR (Équipe de préparation et de suite du reclassement).
Organisme officiel accompagnant les travailleurs handicapés dans
leur itinéraire de maintien dans l'emploi ou de reclassement.
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