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Chef d'entreprise, Maurice Rouquier a, par conviction, choisi
d'employer des travailleurs handicapés. Un choix qu'il ne regrette
pas.
Commercial
dans le Sud-Ouest, Maurice Rouquier a 48 ans lorsqu'il crée sa
propre affaire, " Expresso Tarn Distribution ", qui fournit et
entretient les machines à café et de boissons chaudes dans les
entreprises, les collectivités et chez les particuliers. Parti
de zéro en 1994, il a aujourd'hui 2 000 clients et 14 salariés
dont 4 ont le statut de travailleur handicapé. C'est sur les conseils
de son fournisseur parisien, qui emploie avec satisfaction plusieurs
handicapés, qu'il décide de faire le pas. Début 1998, il s'adresse
à l'AIPTH qui lui propose d'embaucher un chômeur de longue durée,
handicapé en situation familiale critique (divorce, etc.). Pour
faciliter sa réinsertion, Maurice Rouquier demande aux autres
salariés d'épauler le nouveau. Au bout d'une quinzaine de jours,
celui-ci disparaît sans rien demander… Face à cet échec, Maurice
Rouquier ne s'avoue pas vaincu. Sa conviction demeure : s'il y
a des gens en difficulté qu'on peut aider, il faut le faire !
Quelques mois plus tard, il rencontre un chômeur de 47 ans, confronté
à de gros problèmes de diabète. L'embauche à Expresso Tarn se
fait sur la base d'un trois-quarts de temps. L'intégration se
passe bien. Fort de ce résultat et pour faire face au développement
de l'entreprise, début 2000, nouvelle embauche. Parmi les clients
d'Expresso Tarn se trouve un centre de rééducation professionnelle.
Son directeur signale à Maurice Rouquier un jeune homme de 23
ans, victime d'un accident de la route. Maurice lui propose un
contrat de qualification par alternance : il travaillera à mi-temps
pour Expresso Tarn, et préparera par ailleurs un BTS commercial.
" Il n'y a eu aucun problème, constate avec plaisir Maurice Rouquier.
Qui plus est, il est très motivé pour réussir et il en a les moyens.
Son avenir professionnel ne fait aucun doute. " L'été 2000 voit
l'embauche d'une troisième personne handicapée. La trentaine,
il était commercial en électro-ménager jusqu'à ce qu'un accident
l'empêche de reprendre la route, car il porte une prothèse de
la hanche. Le bilan très positif de cette nouvelle expérience
conduit Maurice Rouquier à embaucher un quatrième handicapé à
l'automne 2000. " En tant que chef d'entreprise, estime-t-il,
quelles que soient mes idées, je ne pourrais pas me permettre
d'actes gratuits. Le fait d'employer des handicapés ne pénalise
pas Expresso Tarn. Si pour certains travaux les handicapés n'ont
pas le même rendement que les valides, ils se révèlent meilleurs
sur d'autres plans. Ils ont appris à compenser leur handicap par
davantage de réflexion. Par ailleurs, l'expérience a conforté
leur volonté de vaincre. Il y a aussi des avantages financiers
qui ne sont pas négligeables. Mais, ce qui compte d'abord pour
moi, c'est que le salarié fasse correctement son travail… et qu'il
ait le sentiment de se réaliser en accomplissant sa tâche. Et,
en moi, le "patron" est resté en accord avec l'homme… il peut
regarder les autres droit dans les yeux. "