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Le thermalisme
propose douze orientations thérapeutiques, nous en avons
sélectionné cinq moins connues. Nous parlerons des
autres dans nos fiches pratiques
Les
affections des muqueuses buccolinguales
Rarement
prescrites par les dentistes et les médecins, ces cures
sont indiquées dans les cas d'aphtes et dans les maladies
du parodonte (ensemble des tissus de soutien de la dent), qui
sont susceptibles d'entraîner un déchaussement. Les
soins consistent en une cure de boisson d'eau thermale et des
soins locaux (douches gingivales, par exemple, qui massent et
nettoient les muqueuses, compresses d'eau thermale, etc.). Peu
de dentistes insistent sur le fait que l'eau thermale aide à
réguler des manifestations inflammatoires comme les gingivites,
ou précisent qu'en prévention, des massages réalisés
à l'aide de jets d'eau thermale évitent le déchaussement
des dents et aident à les stabiliser. " De nombreux
dentistes et médecins connaissent mal le thermalisme et
en particulier cette spécialité. Pour mieux appréhender
cette thérapeutique, ses indications et ses contre-indications,
les médecins peuvent effectuer une "capacité
en hydrologie médicale" qui porte sur le thermalisme
", souligne un des responsables de l'Unet - Union nationale
des établissements thermaux. (Nous
indiquons les noms de quelques centres dans nos fiches pratiques)
Les
affections digestives
Elles comprennent
à la fois la constipation, la parasitose, les états
migraineux liés à des problèmes digestifs,
les allergies cutanées d'origine alimentaire, les gastrites,
les colopathies fonctionnelles. Pour la constipation, pourquoi
ne pas essayer la cure thermale au lieu de recourir à des
laxatifs qui entraînent, notamment, une déminéralisation
chronique ? L'obésité est également prise
en compte dans cette spécialité. Base du traitement
: la cure de boisson d'eau thermale. Des conférences sur
l'éducation nutritionnelle sont proposées aux curistes.
Il est à noter que l'établissement de Capvern-les-Bains
(Hautes-Pyrénées) possède un
centre d'amaigrissement pour enfants obèses ; ils peuvent
venir seuls.
Les
affections gynécologiques
Parmi ces
affections, on dénombre les douleurs pelviennes chroniques,
les dysménorrhées ou douleurs de règles,
les dyspareunies ou douleurs lors des rapports sexuels, les infections
récidivantes, les troubles fonctionnels de la ménopause
Des irrigations vaginales avec de l'eau chaude à 40-42°
C sont pratiquées, ainsi que des compresses de boue thermale
ou encore des pulvérisations d'eau thermale sur le col
utérin. L'action sédative et anti-inflammatoire
des eaux entraîne une atténuation des troubles. "
Des investigations expérimentales ont permis d'authentifier
la stimulation des grands systèmes régulateurs neuro-endocriniens,
expliquant la remise en ordre des mécanismes complexes
impliqués dans le cycle génital féminin ",
précise le Pr Michel Boulangé, directeur du Laboratoire
d'hydrologie et de climatologie médicales de la faculté
de médecine de Nancy, président d'honneur de la
Société internationale d'hydrologie médicale.
Un certain nombre de centres reçoivent des femmes, ainsi
que des hommes, pour des cas de stérilité, comme
à Luxeuil-les-Bains.
Une étude (1) du Dr R. Capoduro montre que les indications
traditionnelles sont, dans 50 % des cas, la douleur génitale,
dans 30 % des indications, la stérilité féminine,
et dans les autres cas, les perturbations de la ménopause.
Les cas de stérilité traités dans les stations
thermales sont d'origine tubaire et organique, cervicale et hormonale.
Il précise également
que " la stérilité masculine, par hypo-oligo-asthénospermie
modérée - diminution du nombre, de la mobilité
et de la durée de vie des spermatozoïdes - [
]
peut être quelquefois corrigée par un séjour
thermal en couple ".
La
neurologie
Pour toutes
les affections du système nerveux central et périphérique
- les névrites, les séquelles de zona, la maladie
de Parkinson, y compris les séquelles de scléroses
en plaques, paraplégies ou d'hémiplégies
-, une cure peut être indiquée. Le traitement thermal
agit à travers la composition chimique des eaux - certaines,
sédatives, apaisent la douleur - et grâce aux méthodes
techniques - bains - et physiques - massages et mobilisations
qui diminuent la raideur des tendons .
Da ns
une étude (2) sur les syndromes dépressifs, effectuée
sur 641 malades déprimés ayant suivi une cure thermale
pendant trois semaines,
le Dr Alain-Robert Guillard note :
" Au cours de leur première cure thermale, 63,5 %
des patients sont guéris, c'est-à-dire qu'ils sortent
de la dépression durant le traitement et qu'ils n'ont aucune
rechute dépressive douze mois après. L'efficacité
porte sur tous les types de dépression, exception faite
de la schizophrénie. " Le traitement - comme celui
des autres cures - consiste en des bains quotidiens en baignoire.
" Il est très bien supporté, connaît
peu de contre-indications et d'effets secondaires, et ses propriétés
thérapeutiques se rapprochent de celles des tricycliques,
une des classes des antidépresseurs. "
Les
troubles du développement de l'enfant
On traitera
également l'énurésie (principale indication),
comme les infections ORL à répétition, les
maladies osseuses, l'anorexie, l'instabilité psychomotrice
ou l'arthrite de l'enfant.
En bref, le thermalisme répond à de nombreuses indications
; il est devenu complémentaire de la médecine allopathique
; il peut même, dans certains cas, la remplacer, s'il est
assorti d'une hygiène de vie correcte. l
Karin
Aujay
(1) "
La crénothérapie garde-t-elle des indications en
gynécologie ? " Presse thermale et climatique (3e
trimestre, 1994).
(2) Syndromes dépressifs et traitement par la cure thermale
de Néris-les-Bains, Psychologie médicale, 1990,
volume 22, n° 6.
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L'eau
thermale est-elle propre ?
La qualité
de l'eau thermale est régulièrement contrôlée
par les DDASS (Directions départementales de l'action
sanitaire et sociale), par des laboratoires indépendants
(délégués par les DDASS) et par des laboratoires
universitaires. Un arrêté ministériel veut
même aller plus loin.
Un arrêté
ministériel de juin 2000 exige une norme sanitaire de qualité
microbiologique des eaux plus que draconienne : microbe 0 (zéro),
c'est-à-dire aucun staphylocoque doré, aucun streptocoque,
aucun pseudomonas, ce qui est normal, mais également aucune
légionelle. Et ce, à tous les points de l'utilisation
de l'eau (piscines, baignoires, aérosols
). Excepté
pneumophilia, toutes les légionelles ne sont pas pathogènes.
Et certaines ne s'avèrent dangereuses que pour ceux dont
le système immunitaire est très affaibli, qui auraient
donc de forts risques de tomber malades en contractant ces microbes,
où qu'ils se trouvent ! Des légionelles peuvent
être présentes dans l'eau du robinet, quand une interruption
du débit a provoqué sa stagnation dans les canalisations
; on en consomme donc peut-être sans le
savoir
D'après des responsables de centres thermaux,
les garanties concernant cette norme " microbe O " ne
sont même pas atteinte dans les hôpitaux ! "
Cette norme est très difficile, voire impossible à
appliquer, précise le
Pr Claude Laroche, membre de l'Académie de médecine.
En effet, elle exige l'absence totale de certains germes potentiellement
dangereux, tant à la source qu'aux points d'usage, mais
ce qui est quasiment utopique, elle ne fait pas de distinction
entre les divers types de soins dispensés - contact avec
les muqueuses respiratoires et oculaires, les muqueuses internes
telles que l'intestin, ou les soins externes individuels et collectifs
-, alors que nous avons toujours estimé que les soins collectifs,
individuels ou les aérosols méritent des normes
différentes. " La commission XI de l'Académie
de médecine, qui possède un rôle consultatif
et décisionnaire dans l'ouverture et la fermeture des centres
thermaux, a décidé de créer un groupe de
travail afin d'étudier les possibilités d'application
de ces nouvelles normes et de proposer éventuellement des
aménagements.
Dernière
minute : devant la difficulté d'application de ces normes
microbiologiques, le ministère de la Santé a décidé
de revoir sa copie, et une circulaire à paraître
devrait repréciser de nouvelles normes.
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