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Denis
Zmirou, ancien président de la Société française
de santé publique,
a conduit le groupe d'experts qui a remis en janvier 2001 un rapport
au
directeur général de la santé, intitulé
: " Les téléphones mobiles,
leurs stations de base et la santé. État des connaissances
et
recommandations ". Il nous donne son avis sur l'usage des
portables.
Alternative
Santé - L'Impatient : Dr Denis Zmirou, quels conseils donneriez-vous
à des ados accros au portable ?
Denis Zmirou
: L'usage du téléphone portable ne devrait pas être
le même que celui réservé au poste fixe. Il
faudrait le garder pour les communications rapides : pas plus
de cinq à dix minutes, les messages urgents. Il vaut mieux
également téléphoner dans les lieux ouverts
: autres que les caves, le métro et les garages souterrains,
où l'appareil doit augmenter sa puissance pour " attraper
" l'antenne-relais la plus proche. Le téléphone
mobile est déconseillé dans les trains et dans les
voitures ; car, au fur et à mesure que l'utilisateur se
déplace, le portable fonctionne à la puissance maximale
pour " accrocher " successivement les différentes
antennes situées sur son parcours ; ou alors utiliser dans
ces circonstances un kit mains libres qui réduit l'exposition
du crâne. Dernier conseil adressé spécialement
aux garçons : ne pas porter le mobile près des organes
de reproduction, c'est-à-dire éviter de le mettre
dans une poche avant ou à la ceinture devant ; dans la
poche arrière, c'est mieux.
Que
diriez-vous aux parents dont les jeunes enfants réclament
un portable ?
Nous n'avons
pas retenu dans notre rapport l'idée que les tissus des
cerveaux d'enfants absorbaient davantage les rayonnements électro-magnétiques
que les tissus adultes. Mais il faut se rendre à l'évidence
: plus l'exposition aux portables commence de bonne heure dans
la vie, plus longtemps elle durera. Aussi conseillons-nous aux
parents d'adopter une attitude responsable pour l'utilisation
du portable par les enfants : lorsque c'est vraiment utile et
pour une durée limitée.
Que
sait-on de leurs effets sur la santé ?
Parmi les
effets biologiques avérés, dont l'interprétation
sur le plan sanitaire ne peut être qu'incertaine, on peut
citer : des modifications de l'électro-encéphalogramme,
des modifications des fonctions cognitives (mémorisation,
concentration
), une augmentation d'une enzyme (l'ODC) qui
régule la multiplication cellulaire (ce qui pourrait expliquer,
si l'hypothèse était vérifiée, l'effet
cancérogène prêté aux portables). En
ce qui concerne cet effet particulier, les études réalisées
ne sont pas concluantes, mais le recul que nous avons est trop
modeste pour que nous ne restions pas vigilants. Parmi les autres
troubles déclarés, il y a les maux de tête
et les sensations d'échauffement, qui pourraient inciter
à prévenir particulièrement les sujets migraineux
et les personnes épileptiques.
La
revue 60 Millions de consommateurs a récemment testé
la puissance des téléphones mobiles. Les différents
produits présentent un écart de 1 à 18. Que
vous suggèrent ces résultats ?
Rappelons
que, plus la puissance d'un appareil est élevée,
plus des troubles liés à son usage risquent d'apparaître.
Cette étude montre que les industriels ont techniquement
de la marge pour réduire considérablement le rayonnement
des appareils. Si, comme nous le recommandons, les puissances
étaient clairement indiquées sur les emballages
et les notices d'utilisation, les consommateurs pourraient choisir
en connaissance de cause tel téléphone plutôt
qu'un autre. Cela ferait jouer la concurrence et susciterait chez
les industriels des efforts pour réduire au maximum la
puissance de leurs appareils. Ce qui améliorerait à
terme la protection des utilisateurs.
Propos
recueillis par C. B.
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