Alternative
Santé - L'Impatient,
le mensuel de votre santé au quotidien. Se soigner autrement grâce
aux ressources des médecines alternatives et naturelles.
MARS
2001
Olivier
Dubois, psychiatre
" C'est l'enfant en nous qui nous soigne "
Le Dr Olivier Dubois, psychiatre, dirige
la clinique psychiatrique et l'établissement thermal de
Saujon (Charente-Maritime). Il est également l'auteur de
l'ouvrage Thermalisme, hydrothérapie et psychiatrie.
ALTERNATIVE
SANTÉ - L'Impatient : En quoi le thermalisme représente-t-il
une alternative lors de troubles secondaires au stress - lombalgies,
gastralgies, fatigue chronique, insomnies, état dépressif
?
Dr Olivier
Dubois : La souffrance, d'une façon générale,
augmente la consommation médicamenteuse. Les malades ont
le sentiment que leur santé se fragilise. Environ onze
millions de Français consomment des anxiolytiques, ce qui
entraîne une dépendance et n'est pas forcément
la meilleure réponse. Les médicaments, par exemple,
ne soignent que les symptômes et ne proposent aucune solution
de fond. Quant à la psychothérapie, notamment analytique,
elle n'est pas toujours idéale, dans la mesure où
elle n'apporte pas une réponse immédiate. Enfin,
l'hospitalisation est très lourde et pèse sur les
dépenses de santé. L'approche thermale tient compte
à la fois du corps et de l'esprit et apporte, le plus souvent,
une réponse rapide et adaptée. Vingt-cinq pour cent
des curistes sont adressés par des psychiatres. Les patients
recherchent une structure, un éloignement de leur domicile
- ce qui favorise le ressourcement - et un cadre autre que celui
où ils vivent à l'année.
Quelle
est l'action de l'eau sur le curiste ?
L'eau, principal
atout, possède des propriétés relaxantes,
anxiolytiques. Elle revêt aussi une action symbolique, évoquant
la vie intra-utérine, et le retour à un état
antérieur favorise le phénomène de "
régression thérapeutique ". Les soins thermaux
- bains bouillonnants, massages sous l'eau, douches thermales
- renvoient le curiste à un vécu précoce,
voire archaïque ; ils réactivent en lui un fantasme
originaire de soins maternels, de fusion avec l'autre. Durant
la cure thermale, c'est la fibre ftale qui vibre, c'est
l'enfant qui se réveille et c'est l'enfant en nous qui
nous soigne à notre insu. Pour l'ensemble des troubles,
la prise en charge psychothérapique courte favorise la
régression des symptômes : les troubles du sommeil
sont améliorés et le sevrage médicamenteux
facilité.
Quels
sont les autres points forts de la cure thermale à orientation
" affections psychosomatiques " ?
Le temps que
l'on s'accorde pour se retrouver, se faire face et chercher en
soi ce qui ne va pas ; le climat des stations orientées
vers la psychiatrie, qui est toujours sédatif ; les conseils
d'une hygiène de vie, telles la " prescription "
de gymnastique et la diététique, laquelle prône
une alimentation la plus saine possible - réduire en particulier
le café, les épices, autant d'excitants qui usent
le système nerveux -, qui est fort profitable ; la régulation
des rythmes biologiques ; le fait que le patient soit encadré
par toute une équipe - psychiatres, kinésithérapeutes,
sophrologue, hydrothérapeutes, aux compétences variées.
Avec la cure, le patient ne connaît pas d'effets secondaires,
sauf parfois de la fatigue, la classique crise thermale - passage
souvent nécessaire vers la guérison - et, plus rarement,
quelques vertiges. La cure est un premier pas vers une meilleure
hygiène de vie.
Propos
recueillis par Karin Aujay
Thermalisme,
hydrothérapie et psychiatrie, O. Dubois, M. Boulangé
et H. Lôo, éd. Masson.