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Un rapport de l'Inspection générale
des affaires sociales (Igas) dresse un bilan sans complaisance
du thermalisme. Il souligne l'urgence d'une transformation en
profondeur de ce secteur.
"Le
thermalisme est un secteur en déshérence, hétérogène
et mal connu, régi par un cadre juridique baroque et dont
l'intérêt thérapeutique est contesté.
" (Rapport de l'Igas)
Rendu public
au mois de janvier 2001, le Rapport sur le thermalisme en France,
de Pierre Deloménie, inspecteur général des
affaires sociales, est sans concession. Déplorant l'absence
de statut des établissements thermaux, il réclame
une loi à ce sujet. Jugeant que les médecins thermaux
ne devraient plus pouvoir exercer sans une formation spécifique,
il demande une harmonisation des formations des agents thermaux
et une redéfinition du rôle des infirmières,
"interface indispensable entre l'équipe médicale
et les curistes".
Soulignant les nombreuses défaillances dans ce domaine,
il préconise un dispositif global d'analyse des caractéristiques
des eaux et des boues thermales et de leur protection vis à
vis des risques de pollution, tant à la source qu'au captage
et pendant leur utilisation. Il recommande que l'Institut de veille
sanitaire soit chargé d'évaluer les risques liés
au suivi des cures thermales, qu'il s'agisse du risque infectieux
ou de tout autre risque iatrogène qui pourrait découler
des soins prescrits.
S'il juge
satisfaisante la suppression de l'entente préalable pour
le remboursement des cures, le rapporteur recommande un contrôle
de l'activité des établissements thermaux, du respect
de la convention et de la qualité des soins. Il dénonce
par ailleurs vigoureusement les menaces qui pèsent sur
l'indépendance des médecins, dont certains "malgré
les pressions exercées sur eux, avaient signalé
des atteintes inadmissibles à la déontologie médicale",
et cite les témoignages de l'Ordre des médecins
et de la Fédération française des curistes
médicalisés à ce sujet.
Enfin, Pierre
Deloménie préconise la mise sur pied d'un ambitieux
dispositif de recherche sur les cures thermales qui évalue
leur efficacité, leur mode d'action (préventif,
curatif ou symptomatique), leurs effets indésirables, leur
place dans la thérapeutique (par rapport aux médicaments
ou d'autres formes de soins). Un travail d'autant plus urgent
qu'un " profond fossé s'est creusé entre les
milieux hospitalo-universitaires et les milieux thermaux".
Trop peu enseigné dans les formations médicales,
le thermalisme est méconnu des médecins, insuffisamment
prescrit, et il risque de tomber progressivement en désuétude.
En conclusion, Pierre Deloménie stigmatise l'immobilisme
des professionnels et celui des élus qui ont des préoccupations
plus touristiques que sanitaires. Loin de négliger le développement
touristique des stations thermales, le rapport souligne que celui-ci
n'a de sens qu'au sein d'une politique globale du thermalisme
où les intérêts de la santé publique
redeviendraient prioritaires. " Un rapport rigoureux et salutaire",
juge le président de la Fédération française
des curistes médicalisés.