Alternative
Santé - L'Impatient,
le mensuel de votre santé au quotidien. Se soigner autrement grâce
aux ressources des médecines alternatives et naturelles.
AVRIL
2001
Pr
Romain Gherardi
Chef du service d'histologie de l'hôpital Henri Mondor (Créteil)
"
Il est très important qu'une enquête soit mise en
route "
Les
recherches montrent que l'aluminium des vaccins peut rester plusieurs
années chez les vaccinés et expliquent sans doute
des réactions auto-immunes, dont la sclérose en
plaques.
ALTERNATIVE
SANTÉ - L'Impatient : Comment avez-vous pensé à
la responsabilité de l'aluminium ?
Pr Romain
Gherardi : Le 1er août 1998, j'ai publié avec Michèle
Coquet, Patrick Chérin et plusieurs collègues un
article dans le Lancet, qui décrivait une nouvelle maladie
en plein développement : la myofasciite à macrophages
(MFM). Cette maladie est très bien caractérisée
par des lésions typiques, mises en évidence par
des biopsies, par des douleurs musculaires et articulaires diffuses
qui prédominent souvent dans les membres inférieurs,
et par un syndrome de fatigue chronique, c'est-à-dire une
fatigue prolongée pendant plus de six mois, associée
à un sentiment de sommeil non réparateur. On ne
sait pas vraiment ce que signifie ce syndrome, mais il est relativement
fréquent dans les pays développés. De plus,
environ un tiers des patients ont une maladie auto-immune, la
plus fréquente étant la sclérose en plaques.
Parmi les hypothèses sur l'origine de la MFM, nous avons
d'abord évoqué la possibilité d'une maladie
infectieuse. Mais nous avions remarqué des inclusions cristallines
dans les macrophages (cellules du système immunitaire).
En octobre 1998, l'analyse de ces inclusions par le Dr Philippe
Moretto nous a révélé, à notre grande
surprise, qu'il s'agissait de cristaux d'aluminium.
Nous connaissions les cas d'encéphalopathie survenus chez
des dialysés dans les années 1970, intoxiqués
par l'aluminium présent dans le bain d'eau de la dialyse
et dans les pansements gastriques utilisés chez ces patients.
Mais nous n'avions jamais entendu dire que l'aluminium pouvait
induire de telles lésions. Pour en avoir le cur net,
nous avons vérifié sa présence par trois
procédés différents qui ont confirmé
une présence anormale d'aluminium. Pensant à une
intoxication, nous dosons alors l'aluminium dans le sang circulant,
et contre toute attente le résultat est négatif.
Comment
s'expliquent ces résultats contradictoires ?
On a commencé
par ne pas bien comprendre. Mais, devant la présence de
grandes quantités de macrophages et de cellules inflammatoires,
j'ai recherché les liens possibles entre l'aluminium et
des réactions immunitaires et j'ai trouvé que l'hydroxyde
d'aluminium pouvait être utilisé comme un adjuvant
vaccinal. À partir de là tout s'éclaire.
Nous avions en fait détecté les lésions uniquement
dans le deltoïde (muscle de l'épaule), du moins chez
l'adulte, et dans quelques cas dans le quadriceps (muscle de la
cuisse), chez des enfants. Or ces deux muscles sont les sites
habituels des vaccinations.
Pour prouver que la myofasciite est réellement une complication
vaccinale, il a fallu recontacter tous les malades et leurs médecins
traitants.
Cela nous
a pris un an et demi. Résultat : tous les malades de notre
série ont un antécédent vaccinal certain.
Sur 50 malades à l'époque (130 aujourd'hui), 85
% ont reçu au moins le vaccin hépatite B avec d'autres
vaccins le plus souvent, les autres ayant été vaccinés
principalement avec le vaccin contre le tétanos. Cette
étude rétrospective nous a révélé
une nouvelle surprise : le délai moyen entre la vaccination
et la biopsie était de trois ans, et dans certains cas
atteignait huit ans.
Comment
se fait-il que l'aluminium n'ait pas été éliminé
entre-temps ?
L"idée
qui prévalait jusqu'ici, c'est que cet adjuvant, utilisé
depuis 1926, ne posait pas de problème et qu'il était
éliminé en quelques semaines ou tout au plus en
quelques mois. L'OMS a posé l'hypothèse selon laquelle
la persistance de l'aluminium pendant des années prouvait
que, pour des raisons inconnues, peut-être génétiques,
certains sujets sont incapables d'éliminer cet aluminium
dans les temps normaux. Malheureusement, il n'y a aucune étude
scientifique montrant la durée de la persistance de l'hydroxyde
d'aluminium, injecté par voie intramusculaire chez l'homme
ou l'animal. Dans mon laboratoire, le Dr Authier vient de réaliser
une étude chez le rat qui montre que des injections d'hydroxyde
d'aluminium, à des doses proportionnelles à celles
qui sont pratiquées chez l'homme, entraînent une
persistance certaine de l'aluminium à six mois et dans
certains cas un an après l'injection. Ce résultat
explique que l'aluminium des vaccins puisse rester chez l'homme,
au site d'injection, pendant plusieurs années.
Les
maladies auto-immunes de certains patients sont-elles dues directement
à l'aluminium ?
Personnellement,
je crois à une relation indirecte. Il semble plausible
que la persistance pendant des années d'un immunostimulant
dans le muscle puisse induire un état d'hyperactivation
immunitaire. Cela pourrait dans un premier temps donner au malade
un sentiment de fatigue et des douleurs musculaires et articulaires.
Cette stimulation immunitaire chronique, qui dure des années,
pourrait éventuellement favoriser ensuite l'émergence
d'une maladie auto-immune, que peut-être le patient aurait
fait de toute façon à l'occasion d'une maladie infectieuse
ou d'un autre facteur déclenchant.
L'OMS
avait réclamé en octobre 1999 une étude épidémiologique
pour confirmer les liens entre les lésions musculaires
de la MFM, les symptômes cliniques des malades et les vaccinations.
N'est-il pas urgent de démarrer cette enquête ?
Je crois qu'il
est très important qu'une telle enquête puisse être
mise rapidement en route, car seule l'épidémiologie
peut actuellement affirmer ces liens. L'Institut national de veille
sanitaire vient de publier un rapport d'investigation exploratoire
sur la MFM, et l'Agence française des produits de santé
m'a déclaré que l'étude épidémiologique
qu'elle doit mener était imminente et allait démarrer
dans les jours qui viennent.
Ne
pensez-vous pas qu'il soit utile de faire connaître l'existence
de la MFM à tous les médecins, ainsi qu'aux patients
présentant des symptômes qui ressemblent à
ceux de la MFM, notamment ceux qui sont victimes de problèmes
après le vaccin hépatite B ?
Les médecins
commencent à connaître la MFM, même s'ils ne
sont pas toujours convaincus. Si vous voulez rendre un service
aux patients présentant des symptômes qui ressemblent
à ceux de la MFM, conseillez-leur de se faire faire une
biopsie au lieu d'injection du vaccin. Cette biopsie pourrait
éventuellement être utile à toutes les personnes
qui pensent être victimes du vaccin hépatite B, mais
elle concerne prioritairement celles qui ont des douleurs musculaires
et articulaires ainsi qu'un syndrome de fatigue chronique. Vous
pouvez leur dire que c'est une opération très simple
et très peu douloureuse. À l'hôpital Henri
Mondor et dans d'autres centres hospitaliers universitaires, nous
sommes parfaitement équipés pour cela.