Alternative
Santé - L'Impatient,
le mensuel de votre santé au quotidien. Se soigner autrement grâce
aux ressources des médecines alternatives et naturelles.
Les
patients de la psychiatrie n'ont jamais été considérés
comme des patients et des citoyens comme les autres. Leur voix
demeurait couverte par celles des pouvoirs publics, desprofessionnels,
des groupements familiaux Des associations de patients ont
enfin vu le jour. Rencontre avec la présidente de la Fnap
Psy.
La
Fnap Psy (Fédération nationale des associations
d'ex-patients en psychiatrie) a été créée
en 1992. " Elle a pour but de regrouper les associations
d'usagers, explique Claude Finkelstein, sa présidente,
et de favoriser leur information. Elle doit en susciter et aider
d'autres. Notre fédération vise à changer,
enfin, le regard de chacun sur ce qui est appelé la "maladie
mentale"."
Seize associations font aujourd'hui partie de la Fnap Psy. "
Elles ont un but d'entraide entre patients, dit Claude Finkelstein.
Elles leur permettent de parler de ce qu'ils subissent et de ce
qu'ils ressentent. " Échanger des informations utiles,
parler de ses difficultés, cela aide des personnes souvent
fragiles à mieux naviguer dans la " jungle "
des institutions et des professionnels " psy ".
Respecter
les droits du patient
La Fnap Psy
tente aussi de faire respecter les droits des patients en santé
mentale. Le 8 décembre 2000, la " Charte de l'usager
en santé mentale " était signée par
Claude Finkelstein, Jacques Lombard et le secrétariat d'État
à la Santé.
Cette charte rappelle le droit à l'information du patient
et de ses proches. Elle prône le consentement éclairé
et la participation active du patient aux décisions le
concernant. Fait plus neuf encore, elle souligne que le patient
" peut s'estimer lésé " et donc mener
une action en justice.
Prévenir
le pire
Les personnes
présentant une forte souffrance psychique, avec ou sans
troubles manifestes, ont droit à une aide appropriée.
Or les lieux où la trouver sont moins identifiables ou
accessibles que pour les maladies comme un rhume ou une jambe
cassée. " Nous réclamons des centres médico-psychologiques
(CMP) faciles à trouver, précise Claude Finkelstein.
Accéder aux consultations, en ville, doit être aisé.
Le premier contact de nombreux patients avec les soignants ne
passe pas par le CMP, mais par une hospitalisation brutale. Nous
préférons qu'il puisse se rendre à une consultation
au CMP quand "ça ne va pas trop bien", plutôt
qu'aux urgences ou à l'hôpital lors d'une crise grave.
Les CMP devraient "faire de la pub" à travers
les mairies, comme dans les lycées. Ils devraient organiser
des "journées portes ouvertes" où chacun
pourrait poser des questions aux soignants. Chacun doit pouvoir
dire : "Pourquoi ne pas aller en parler" ? "
Les associations
de patients réclament aussi une information " adaptée,
claire et loyale ". " Les usagers souhaitent comprendre
les soins et le suivi qui leur sont proposés, poursuit
Claude Finkelstein. Ils souhaitent comprendre de quoi ils souffrent,
même s'il n'existe pas toujours des certitudes absolues
dans ce domaine. Le psychiatre doit au moins dire ce qu'il en
pense et avancer un diagnostic probable. Ne rien nous dire est
abominable. "
Les traitements éventuels méritent tout autant des
explications. " Les patients doivent être informés
des avantages escomptés comme des effets secondaires des
médicaments préconisés, afin de pouvoir en
discuter. Il y a souvent des risques d'effets secondaires dont
on ne dit rien. " La Fnap Psy est également favorable
à l'accès direct au dossier médical, le secret
médical n'étant pas opposable au patient.