Alternative
Santé - L'Impatient,
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aux ressources des médecines alternatives et naturelles.
L'usage en agriculture des pesticides engendre des problèmes
d'avortements, d'accouchements prématurés, de malformations
sexuelles, de fertilité, etc.
La France
est le deuxième utilisateur mondial de pesticides, derrière
les États-Unis. Les chiffres sont exorbitants : 98 000
tonnes de pesticides épandus en 1996, 109 000 tonnes en
1998. Leur usage se développe plus vite que les recherches
susceptibles de garantir leur absence de danger pour la santé
!
" Toutes les difficultés actuelles en matière
de sécurité alimentaire, concernant en particulier
les pesticides, proviennent du fait que l'on dispose de peu d'études
", souligne André Aschieri, auteur d'un rapport parlementaire
sur les substances toxiques (André
Aschieri, député Vert, est l'auteur avec Odette
Grzegrzulka, du " Rapport sur les risques sanitaires liés
à l'environnement ", remis au Premier ministre en
novembre 1998.) et de La France toxique aux éditions
La Découverte
. " On sait certaines choses, mais on ne veut pas creuser
davantage ! " affirme le Dr B, vice-président de la
Fédération Kousmine internationale, en Suisse. Ne
pas mener les recherches nécessaires reste le meilleur
moyen de n'avoir aucune chance de prouver l'existence de risques
et de changer nos habitudes ! Quant aux publications médicales
sur les pesticides, elles sont souvent écrites par
les fabricants. Ainsi, c'est à un spécialiste de
Rhône Poulenc, firme produisant des pesticides, que sont
confiés la quasi-totalité des articles sur leurs
risques dans un document de référence : l'Encyclopédie
médico-chirurgicale de toxicologie. Un comble !
En France,
mais surtout à l'étranger, des études commencent
à se faire jour. Mais les résultats ne sont pas
diffusés. Illustration de cette volonté de dissimuler
la vérité, nous nous sommes vu interdire l'entrée
d'un congrès des sociétés françaises
de toxicologie traitant de ces questions (XXXVIIe
congrès mixte de la Société de toxicologie
clinique et de la Société française de toxicologie
analytique, ayant pour thème " Produits phytosanitaires
et santé ", à Angers) : les journalistes
y étaient indésirables.
Ni le ministère de l'Environnement ni celui de la Santé
ne semblent disposer des résultats des recherches menées
en France, dans le secteur agricole, concernant ces risques. Aucune
information sur les teneurs en pesticides des céréales,
des légumes et des fruits n'a pu nous être donnée
par les unités de recherche de l'Institut national de recherche
agronomique (Inra). Ce sont pourtant des chercheurs de l'Inra
qui, avec la Direction générale de l'alimentation
(DGAL), ont pour mission d'estimer les risques résultant
de l'utilisation de ces produits. Ces informations existent. On
les tient cachées parce qu'elles font peur, qu'elles remettraient
en cause nos modes de production et qu'elles inquiéteraient
les consommateurs. C'est dire que vous avez peu de chances de
lire ailleurs ce qui suit.
1
paysan sur 5 malade des pesticides
Face aux dangers des pesticides, les agriculteurs sont en première
ligne parce qu'ils les manipulent à hautes doses et les
épandent. Les empoisonnements d'agriculteurs lors de l'épandage
de ces produits ne sont pas rares. Selon deux enquêtes réalisées
auprès de 7 600 puis de 2 300 professionnels, en 1984 et
1986 (3), un sur cinq souffrirait d'effets indésirables
dus aux pesticides. C'est la raison pour laquelle la Mutualité
sociale agricole (MSA) a mis en place un réseau de toxicovigilance
en 1991.
Mille dossiers, représentant la totalité des problèmes
aigus rencontrés et centralisés à l'Institut
national de médecine agricole (INMA) de Tours, ont été
recueillis depuis 1991. " Un médecin toxicologue les
expertise pour vérifier s'il existe une relation de cause
à effet entre le toxique et l'effet indésirable
notifié ", précise le Dr Elisabeth Marcotullio.
Ce lien a été établi pour les deux tiers
de ces dossiers.
Les cultures
les plus concernées sont les céréales, la
vigne et l'horticulture. Les troubles aigus recueillis frappent
les muqueuses et la peau (40 % des cas de paysans étudiés),
le système digestif (34 % des cas), le système respiratoire
(20 %), le reste de l'organisme à travers, par exemple,
des troubles généraux comme des maux de tête
(24 %). À la suite de ces incidents lors du travail agricole,
plus des deux tiers des victimes ont dû consulter un médecin.
Parmi les paysans recensés dans cette banque de données
de la MSA, 13 % font état d'une hospitalisation consécutive
à l'utilisation de produits phytosanitaires et 27 % ont
dû recourir à un arrêt de travail momentané.
Pour
les hommes : Infertilité, malformations génitales
Au-delà
des effets immédiats des pesticides sur les agriculteurs,
leurs risques à moyen et à long terme ne sont pas
étudiés par le réseau MSA. Par ailleurs,
qu'en est-il des effets à dose plus faible mais régulière
chez le consommateur de légumes, de céréales
ou de fruits ? On les retrouve même dans l'eau que nous
buvons. Pour
chacun de nous, les dangers des pesticides se traduisent par cette
toxicité à moyen terme. " Celle-ci regroupe
les effets survenant plusieurs mois ou années après
une intoxication massive aiguë ou une exposition prolongée
à des doses faibles ", explique le Dr Marie-Antoinette
Gingomard, auteure pour la MSA d'un résumé des connaissances
dans ce domaine (2). Cette toxicité se traduit pour les
hommes par l'infertilité, des anomalies des testicules
(non-descente des testicules, ou cryptorchidie) et par des malformations
du pénis. Le lien entre infertilité masculine et
pesticides a été prouvé à l'échelle
d'un pays (Some Organochlorine Insecticides
and Polychlorinated Biphenyl Blood Residues in infertile males
in the general Israeli population of the middle 1980's, Pines
et coll., Arch. Environ. Contam. Toxicol., 1987, 16, 587-597.).
Leur taux dans le sang a été étudié
pour l'ensemble des hommes infertiles d'Israël. On retrouve
bien, chez ces hommes, de fortes concentrations de deux types
de pesticides : les insecticides organochlorés et les polychlorés-biphényl.
" L'effet évident de ces substances sur la détérioration
de la qualité du sperme apparaît dans de nombreuses
études ", rappelle le Pr Marco Maroni, du Centre international
pesticides et sécurité, à Milan, même
si des études restent à mener (Ces
recherches ont été présentées au symposium
consacré aux pesticides lors du 26e Congrès international
Santé et travail, organisé à Singapour par
la Commission internationale Santé et travail, du 27 au
1er septembre 2000.). Les fertilisants n'arrangent
pas les choses. " Pour les troubles de la reproduction, dit
le Dr Gingomard, la responsabilité d'un fumigant, le DiBromoChloroPropane,
est reconnue pour provoquer des stérilités masculines.
" Or cette substance est utilisée dans les cultures
légumières, dans les vignobles et les vergers.