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AVRIL 2001

Plantes : efficacité, dosages et remboursement

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Le Dr Serge Rafal, responsable de la consultation d'acupuncture, phytothérapie et homéopathie à l'hôpital Tenon, à Paris nous présente les ressources de la phytothérapie face aux troubles anxieux.

 

 

En 1976, une consultation d'acupuncture est ouverte par le Dr Serge Rafal à l'hôpital Tenon. Elle s'élargit peu à peu à l'ensemble des médecines douces, dont la phytothérapie, puis, en 1984, à l'homéopathie.
Quelles sont donc les ressources des plantes et des micronutriments, face aux troubles anxieux et dépressifs ?
" Les troubles nerveux et psychologiques représentent 30 % des motifs de nos consultations, précise le Dr Rafal. Beaucoup de nos patients viennent pour des troubles anxieux, dépressifs. Certains ne souhaitent pas prendre de benzodiazépines ou d'hypnotiques. Ils préfèrent "éviter l'engrenage". D'autres sont en revanche confrontés à des problèmes de sevrage : ils veulent arrêter d'en prendre, mais n'y parviennent pas. "

Anxiété

" Il existe une douzaine de plantes sédatives, c'est-à-dire calmantes ". Parmi les plus connues, l'angélique, l'aubépine, la ballote, la marjolaine, la mélisse, la passiflore, le tilleul, la valériane, la verveine, etc. " Elles peuvent être utiles lors de troubles anxieux. Mais aussi face aux problèmes de sommeil, souvent liés à l'anxiété. "
Les plantes sont proposées sous différents formes, lesquelles choisir ? Cela reste en partie lié aux questions de prix et de remboursement. " Les extraits secs sont plus concentrés, mais non remboursés donc
relativement coûteux. Les teintures-mères, moins concentrées, qui nécessitent habituellement entre 100 et 150 gouttes par jour, sont, elles, remboursées. "
Les plantes contre l'anxiété se présentent aussi sous forme de comprimés. Plusieurs, telles que Spasmine® (association d'aubépine et de valériane) et Euphytose® (association d'aubépine, de passiflore, de valériane et de ballote), sont efficaces et remboursées.

Face à l'anxiété, le Dr Rafal associe souvent le magnésium à la phytothérapie. " La façon dont nous nous alimentons provoque des carences en magnésium. L'étude de référence, menée dans le Val-de-Marne, le montre. Or, les manifestations d'une telle carence sont principalement musculaires ou nerveuses. " Si notre organisme dispose de 1,2 kilo de calcium, il ne contient que 25 g de magnésium, mais jouant un rôle crucial. " Les prescriptions ont changé dans ce domaine. Il y a vingt ans, les médecins se réclamant des médecines douces en donnaient sous forme catalytique (oligosols), c'est-à-dire infime. Actuellement, les doses utilisées sont plus importantes. Citons par exemple Spasmag® et Mégamag®, qui n'ont rien à voir avec les oligosols. "

Dépression

Il est une plante dont on connaît depuis peu les propriétés antidépressives, c'est le millepertuis (lire nos articles, dans le n° 267 et le n° 274). " Les premières recherches concluantes, d'origine allemande, datent d'il y a cinq ans. " Le millepertuis, parce qu'il est naturel et efficace, fait du tort à certains laboratoires fabriquant des antidépresseurs de synthèse. C'est probablement ce qui a engendré nombre d'attaques à son encontre. Certains pensent que l'angélique aurait un petit effet antidépresseur aussi. Mais elle n'a pas fait l'objet d'études.
Si, en cas de troubles anxieux, la durée du traitement peut varier en fonction de la durée de leurs manifestations (de deux jours à trois semaines), les troubles dépressifs, plus longs à traiter, relèvent toujours de traitements de plusieurs semaines.
" Les psychotropes, apparus dans les années 50, ont beaucoup apporté dans certains cas, dit le Dr Rafal. On ne disposait que de la camisole et de l'isolement face aux crises paniques graves. Il n'était pas facile de traiter certaines dépressions. " Mais cela ne signifie pas pour autant qu'il faille avaler des psychotropes à la moindre contrariété. " Les anxiolytiques tels que les benzodiazépines sont légèrement euphorisants. Ils créent une dépendance parce qu'ils créent une sensation de bien-être. Il n'est pas si facile d'arrêter d'en prendre si vous ne parvenez pas à modifier radicalement le contexte. Or on ne change ni de famille ni d'entreprise si facilement. " Le risque de rester " accroché " et d'augmenter les doses est donc fort.

Un sevrage très progressif…

Les médecines douces peuvent aider à effectuer des sevrages souhaitables. " Mais il ne faut pas arrêter la prise de benzodiazépines ou d'antidépresseurs en quinze jours. Cette diminution progressive prend plusieurs mois. Cela permet d'apprivoiser le métabolisme, en sachant que les plantes, par exemple, ne procureront pas un effet aussi agréable. "
Une personne habituée à prendre une benzodiazépine, avec un médicament comme, par exemple, le Lexomil® en prendra d'abord la moitié de sa dose habituelle quotidienne, puis le quart. " Elle peut devoir couper la barrette en plus de quatre, tellement ce type de programme doit être progressif. Je propose même des rythmes de prise d'un jour sur deux pendant quinze jours, puis d'un jour sur quatre pendant quinze jours. Je connais des patients qui ne parviennent pas à décrocher. D'autres qui arrêtent la prise de benzodiazépines avec des plantes sédatives et du magnésium, la prise d'antidépresseurs avec l'aide du lithium et du millepertuis. Le nouveau traitement de phytothérapie est alors introduit dès le début du sevrage. " Le but ultime étant ensuite de tout arrêter.
" Il y a certains traitements allopathiques qu'on ne doit pas arrêter. Je pense aux antidépresseurs chez une personne suicidaire, aux traitements de certains troubles psychotiques. En revanche, la mise sous traitement tranquillisant ou antidépresseur des patients anxieux et dépressifs doit être mûrement réfléchie lorsqu'on connaît les difficultés du sevrage ultérieur. "

Propos recueillis par Richard Belfer

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