Alternative
Santé - L'Impatient,
le mensuel de votre santé au quotidien. Se soigner autrement grâce
aux ressources des médecines alternatives et naturelles.
À
quelques jours de distance me parvenaient deux courriers contradictoires.
L'un d'un lecteur m'envoyant l'interview de Philippe Kourilsky,
directeur général de l'Institut Pasteur et professeur
au Collège de France, parue dans la revue L'Enseignant
(avril 2001). L'autre d'une mère de famille d'Alsace dont
le fils adolescent, vacciné contre l'hépatite B,
en subit les effets secondaires dramatiques. L'un considéré
sans doute par ses auditeurs comme une sorte de référence
; l'autre une femme modeste à laquelle on menace de retirer
les allocations familiales. Le jeune homme, soigné en Allemagne,
manque l'école, et les certificats médicaux que
sa mère pourrait fournir ne conviennent pas à l'administration.
Elle a vu une dizaine de médecins, se reproche cette vaccination,
ne sait plus à qui se vouer. Et son fils ne va pas mieux
Son mari est au chômage depuis deux ans.
Informer
nos lecteurs d'une telle situation ne plaît guère
au Pr Kourilsky qui prône carrément le contrôle
de l'information dans les journaux, c'est-à-dire une censure
qui ne dit pas son nom. " La liberté de la presse
doit être préservée, mais il est normal qu'un
contrôle de la qualité des informations scientifiques
diffusées puisse s'opérer Le mauvais procès
que l'on a fait au vaccin contre l'hépatite B est à
cet égard significatif On entend beaucoup plus les
minorités d'opposants que la majeure partie de la population.
"
En utilisant le mot " opposants ", Kourilsky déplace
à dessein le problème ! Nous ne donnons pas la parole
aux opposants, mais nous faisons entendre l'attente des victimes.
La question que nous posons n'est pas idéologique, mais
pratique : qui va reconnaître leurs maux ? Les prendre en
charge ? Vont-elles être indemnisées ?
On aimerait rappeler au directeur de Pasteur qu'avant lui un autre
professeur du Collège de France, le philosophe Michel Foucault,
rappelait qu'on ne " pense " pas sans mythologie, c'est-à-dire
que toute élaboration intellectuelle, concernerait-elle
les sciences exactes, est portée par un système
qui n'a rien d'objectif. Ce qu'illustrent parfaitement ses propos
: il préfère accuser des opposants plutôt
que de reconnaître des victimes !
On aimerait aussi que ce Pasteurien, - c'est ainsi qu'il se qualifie
- mette en pratique ce qu'il proclame. " Nous avons une culture
qui préfère fabriquer de la théorie plutôt
qu'analyser la réalité ", affirme-t-il. Mais
alors, pourquoi ne se penche-t-il pas du haut de sa chaire du
Collège vers ces 1 800 personnes (et plus) qui s'estiment
victimes du vaccin contre l'hépatite B et dont les maux
sont dûment répertoriés dans les revues scientifiques
? La " réalité ", elle est là !
Ce n'est pas de la théorie, c'est de la chair humaine,
de la vie, des existences brisées. Ce sont les effets concrets
de l'application à des millions de personnes d'un vaccin
qui ne convenait pas à plusieurs milliers d'entre elles.
Monsieur Kourilsky, vous qui savez si bien ce que les journaux
doivent dire, pourquoi nier ce dont souffrent les victimes ? Vous
avez tout, les honneurs, le prestige, la connaissance, la reconnaissance
Vous ne craignez sans doute pas pour vos allocations familiales
! Qu'est-ce qui vous retient d'appliquer vos propres préceptes
au lieu de faire la leçon aux autres ?
Une chose est parfaitement occultée par nombre de chercheurs,
- mais on s'attendrait néanmoins qu'un professeur du Collège
de France n'en ignorât pas l'évidence -, c'est que
la vérité scientifique " pure " n'existe
pas. Les découvertes médicales et médicamenteuses
sont les pièces d'un puzzle où sont étroitement
intriqués : investissements, recherche, technologie, commercialisation,
industrie, marché, politique. Une intrication dominée
par des intérêts financiers qui font souvent fi de
" l'analyse de la réalité " et n'hésitent
pas au besoin à la travestir !
Le
Pr Philippe Kourilsky fait mine d'oublier que, dans le cas précis
de l'hépatite B, les experts ont manipulé les statistiques
concernant le nombre de décès provoqués par
la maladie, qu'on a utilisé le mensonge pour pousser les
mères de famille à faire vacciner leurs ados et
leurs jeunes. On souhaiterait que la vigilance qu'il veut exercer
sur les journaux, il l'appliquât d'abord vis-à-vis
des scientifiques douteux qui se sont répandus dans les
médias pour vendre les vaccins.
Et
que je sache, ni dans le scandale de l'hormone de croissance,
où l'Institut Pasteur était directement impliqué
(lire page 30), ni dans les autres grandes affaires de santé,
ses responsables ne
se sont signalés comme les garants de la vérité
scientifique !
Un peu de pudeur dans vos affirmations, monsieur le professeur
! Balayez devant votre porte avant de chercher à faire
le ménage dans les médias. Comme monsieur Jourdain
faisait de la prose, vous faites de l'idéologie sans le
savoir.