Alternative
Santé - L'Impatient,
le mensuel de votre santé au quotidien. Se soigner autrement grâce
aux ressources des médecines alternatives et naturelles.
MCJ-Apev.
Association des parents d'enfants victimes.
BP 7, 24580 Rouffignac.
Tél./Fax : 05 53 05 98 84 ; mcj.apev@wanadoo.fr
Créée en février 1996, l'association regroupe
les familles des victimes des hormones de croissance. À
la disposition de tous ceux qui se croient à risque, elle
est un lieu d'écoute et d'échanges.
Certificats
et labels
Label
Rouge
Tél. : 01 53 23 04 01.
Conditions d'élevage, alimentation, abattage, maturation,
bien-être animal, mise sur le marché sont les critères
des cahiers des charges des bovins Label Rouge.
Ce label a été mis en place dans les années
80-85, il correspond actuellement à 10 % du volume vendu
sur le marché et présente des prix globalement supérieurs
de 30 % aux prix moyens. Dans le cahier des charges : pas de farines
animales ni d'élevage extensif.
Buf
de tradition bouchère
Distribuée en boucheries artisanales, cette viande est
issue d'animaux de race à viande élevés traditionnellement,
elle bénéficie de la signature " Critères
Qualité Certifiés ". Parmi ces critères,
le respect de la norme NF de tendreté, c'est-à-dire
de sept jours minimum de maturation pour les morceaux à
griller ou à rôtir.
Buf
verte prairie
C'est l'équivalent du " buf de tradition bouchère
" distribué en grandes et moyennes surfaces.
Sigle
VBF pour Viande bovine française.
Mis en place en 1996, ce sigle signale que l'animal est né,
a été élevé et abattu en France, et
qu'il a été l'objet de contrôles auprès
d'organismes agréés.
Filière
BIO mention AB (agriculture biologique)
Pour n'avoir jamais autorisé de farines contenant des déchets
animaux, la viande bio est devenue une référence.
La mention AB ne peut être délivrée que pour
des élevages qui :
- fournissent au bétail une alimentation provenant de l'agriculture
biologique ;
- respectent les écosystèmes naturels ;
- respectent la santé animale.
Jusqu'à ce jour, une seule exploitation possédant
le label AB a été touchée par une vache atteinte
d'ESB. Il s'agissait d'un éleveur du Jura en reconversion,
venu à la biologie en 1997, mais dont les animaux avaient
consommé des farines animales avant cette date.
Un petit ouvrage, le Guide de la viande biologique, par Emmanuel
La Touche et Arnaud Trollé, édition Sang de la Terre,
paru en 1996, fournit 450 adresses de points de vente de viande
biologique en France.
Tout
un système en cause
Les farines de viande et d'os ont été jusqu'à
présent les seules mises en cause dans la crise de la vache
folle. Mais des animaux " naïfs ", c'est-à-dire
nés après l'interdiction des farines animales, ont
présenté des symptômes. Des éleveurs
dont la bonne foi (comptabilité d'exploitation pour preuve)
ne peut être mise en cause se sont trouvés concernés
par des cas d'ESB. On le sait désormais, il y a eu des
contaminations croisées (des farines destinées aux
poulets et porcs contaminaient des farines destinées aux
bovins) et verticales (passant de la mère au veau). Et
surtout des fraudes - des traces de farines animales ayant été
retrouvées dans des chargements de farines qui auraient
dû ne pas en contenir. Ces raisons suffisent-elles à
expliquer toutes les étrangetés constatées
? Soupçonnées d'être contaminées, les
graisses animales ont été récemment interdites.
Les partisans de l'agriculture biologique et de l'agriculture
paysanne considèrent qu'il existe d'autres types d'explications.
Les
traitements contre le varron, d'abord. Mark Purdey, éleveur
britannique, s'étonne de ce que la progression de la maladie
en Angleterre ait suivi celle des traitements obligatoires contre
le varron par des produits organophosphorés. Le varron
est une mouche parasite qui pond ses ufs sur la peau des
bovins ; les larves des varrons traversent le cuir en y laissant
des trous (que voient d'un mauvais il les tanneries et l'industrie
du cuir !) puis migre à travers le corps de la vache en
suivant les canaux des systèmes lymphatiques et nerveux,
pour éclore enfin le long de la colonne vertébrale.
Un arrêté ministériel français signé
le 4 novembre 1994 est à l'origine d'une campagne nationale
d'éradication (1) du varron, campagne organisée
canton par canton par arrêté préfectoral et
à laquelle s'est opposé un " front des refuseurs
" (2). Les organophosphorés sont réputés
toxiques pour le système nerveux.
La sélection génétique.
92 % des cas d'ESB déclarés en France concernent
trois races laitières hypersélectionnées
: prim-holstein, montbéliarde et normande, provenant de
l'insémination des femelles par un " club très
fermé " de quelques reproducteurs. Cette sélection
occasionne une perte de la diversité génétique,
diminuant les capacités d'adaptation et de défense
d'une espèce. Des études menées sur la tremblante
du mouton (l'équivalent ovin de la vache folle) ont montré
que la maladie concernait des génotypes particuliers. De
là à penser qu'une sélection trop poussée
des bêtes pourrait avoir favorisé la maladie
Un déséquilibre minéral
(excès de manganèse et pauvreté en
zinc et cuivre) est également constaté par Mark
Purdey dans l'eau, le sol et les aliments consommés dans
les zones où on trouve des encéphalites spongiformes
transmissibles.
Outre l'aberration d'avoir donné des protéines d'origine
animale à des bovins dont le système digestif est
fait pour digérer des protéines végétales
- ce qui occasionne un accroissement dans le sang de déchets
uriques toxiques pour le système nerveux - on peut se dire
que le mode de production actuel n'a pu que favoriser la survenue
de l'épizootie. C'est tout le système qu'il faut
réviser. Ce que demandent la Confédération
paysanne et Nature et progrès.
(1) L'éradication ou extermination totale
d'une espèce est contraire au respect de la biodiversité
imposé par l'article L 200-1 du Code rural et par l'article
premier de la loi du 10 juillet 1976. Elle est donc illégale
en France, sauf à changer la loi. Et pourtant elle se fait
sans réelle justification sanitaire ou économique.
(2) Jean Coulardeau,
La Ribe, 43430 Les Vastres. Tél. : 04 71 59 53 43.
Dates
à retenir
1985 : premiers cas de maladies ressemblant à la
tremblante du mouton chez des bovins anglais.
1986 : cette maladie est appelée "encéphalite
spongiforme
bovine". Depuis cette date jusqu'en 2000, l'ESB
touchera 179 000 bovins anglais.
1988 - juillet : la Grande-Bretagne interdit l'usage des
farines animales pour ses ruminants, mais en autorise
l'exportation. La France, qui possède le premier troupeau
bovin de l'Union européenne, continuera d'importer
des farines britanniques jusqu'en décembre 1989.
1990 - juin : la France interdit l'usage des farines
animales, quelle que soit leur origine, pour les bovins.
En 1994, application de cette mesure pour les cheptels
ovin et caprin.
1991 : premier cas d'ESB en France.
1994 : apparition outre-Manche des premiers malades du
nouveau variant de Creutzfeldt-Jakob. On saura en mars
1996 qu'il existe un lien entre ce nv-MCJ et l'ESB.
1996 - mai : 4 pages d'Alternative Santé - L'Impatient
alertent sur la " vache folle ".
1996 - juin : première décision française
de retrait de
certains morceaux à risque de la chaîne alimentaire.
Elle concerne l'encéphale, la moelle épinière
et les yeux
de tous les ruminants. Novembre 1997, c'est au tour des crânes
d'animaux de plus de douze mois et des intestins
de bêtes nées avant 1991. Octobre 2000 : interdiction
des intestins dans la confection d'andouilles, saucisses, saucissons,
cervelas et autres charcuteries. Décembre
2000 : la côte de buf est suspendue.
1998 : l'Union européenne accepte la proportion de 0,5
%
de farines carnées (à l'exclusion des déchets
à risque)
dans la composition d'aliments pour le bétail.
Octobre 2000 : les Fraudes françaises déclarent
accepter
un taux de tolérance de 0,3 % de farines animales.
2001 - janvier : la France décide d'appliquer le test de
dépistage à tous les bovins de plus de trente mois
entrant dans la chaîne alimentaire. À l'occasion
de ce
test, découverte d'un animal apparemment sain,
en phase d'incubation de la maladie et prêt à entrer
dans
la chaîne alimentaire. À partir de ce cas rapporté
au nombre de bêtes testées, on estime à une
centaine
le nombre de bovins infectés qui ont pu en 2000 entrer
dans la chaîne alimentaire.
Le
stockage des farines animales
L'interdiction des farines animales, pour satisfaisante qu'elle
soit, a un inconvénient : on ne sait où les
stocker. Il y a celles produites avant l'interdiction et celles
à venir,
provenant de la transformation des animaux morts en champ, de
plus de trente mois positifs aux tests d'ESB et de leurs compagnons
d'étable, celles encore issues de déchets divers
(Certains déchets non classés "
à risque ", provenant des carcasses, des chutes de
viande, et d'os, appelés
" co-produits animaux ", constituent des matières
de base abondamment utilisées dans les industries de la
savonnerie, des cosmétiques et de la gélatine.).
Soit 650 000 tonnes de farines (280 000 tonnes de graisses par
an). Destinées à être brûlées,
ces farines doivent d'abord être stockées. Des sites
ont été choisis par les préfets, sans concertation
avec les élus locaux et leurs administrés, sans
information sur les conditions de stockage, les normes en vigueur,
les risques encourus. Un black-out complet qui augure mal du souci
de transparence annoncé par le gouvernement.
Voici la liste des sites retenus dont certains sont déjà
opérationnels : dans
l'Ouest : Plestan-Cooperl, Lanjouan-Cooperl, Lanrodec-Danno, Berrine-Riou,
Fougères-Gelin, Céré- grain-Montoire, Stocaloire,
Saint- Saturnin-du-Limet, Locminé, Guidel- Jaouen, Saint-Gérand
;
dans le Sud-Ouest : Chatillon-sur- Thouet (2 sites) ;
dans l'Est : Strasbourg (2 sites) ;
dans l'Essonne : Sainte-Geneviève- des-Bois.
D'autres sites sont envisagés : Somsois (Marne), Arengosse
(Landes), Cintheaux (Calvados), Saint-Dier-d'Auvergne (Puy-de-
Dôme), Quincieux (Rhône).
À Quincieux, un collectif s'est organisé, le Cifaq
(Contre l'installation des farines animales à Quincieux,
34, rue du 8-Mai-1945, 69650 Quincieux), pour informer la population
sur les risques encourus et identifiés, parmi lesquels
:
un risque de pollution par contamination de la nappe phréatique
;
un risque d'explosion par échauffement des farines (ce
qui se passe dans tout silo de stockage de poudres fines) ;
des nuisances liées aux odeurs de destruction ;
un risque de pollution par des poussières contenant en
particulier de l'histamine et susceptibles de provoquer des allergies
respiratoires ou des réactions bronchiques.
L'ESB
créatrice d'emplois
Le
malheur des uns fait le bonheur des autres. Les
besoins en traçabilité et l'obligation
de réaliser des tests de dépistage
sont sources de nouveaux emplois.
Niveau tests, le français AES Laboratoire
distribue le test mis au point par le laboratoire
suisse Prionics ; il est en concurrence avec le
tandem CEA Industrie-Biorad, dont le test a été
mis au point plus tard par le CEA (Commissariat
à l'énergie atomique).
Niveau traçabilité, les deux poids
lourds sont la société lyonnaise
Tracing Server et Agro Marchés internationaux.
Le premier vient d'attaquer le second en justice
pour propos diffamatoires !