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aux ressources des médecines alternatives et naturelles.
Consistant
à agir à doses infinitésimales sur le système immunitaire, la
micro-immunothérapie, une spécificité moderne de l'homéopathie,
pourrait bien révolutionner à l'avenir le traitement de nombreuses
maladies impliquant l'affaiblissement des défenses immunitaires.
Une révolution mal comprise par les autorités françaises qui ont
suspendu en décembre dernier la vente de ces produits en officine.
Agir
sur le système immunitaire pour stimuler les défenses de l'organisme
n'est pas une idée neuve. La pratique vaccinale s'en est directement
inspirée. Mais, depuis Pasteur, les connaissances se sont étoffées,
l'immunologie a révélé l'existence d'un réseau de cellules immunitaires
et de médiateurs (appelées de façon générale les cytokines, parmi
lesquelles sont classées les interférons et les interleukines).
Fabriquées par génie génétique, les différentes formes d'interféron
sont utilisées dans le traitement des infections virales (comme
les hépatites C) ou des maladies auto-immunes (c'est le cas de
la sclérose en plaques). Dans les années 70-80, le Dr Stephen
Rosenberg, du National Cancer Institute de Bethesda (Maryland,
États-Unis), et son équipe ont multiplié les tentatives pour appliquer
l'immunothérapie au traitement du cancer. En 1992, dans son livre
La Cellule transformée, publié simultanément aux États-Unis, en
Angleterre, en Allemagne et en France, il conclut : " Nous n'avons
pas guéri le cancer. Nous avons seulement découvert une fissure
dans son visage de pierre… Mais nos récentes avancées sont pleines
de promesses pour l'avenir. " Toutefois, les nombreux effets secondaires
consécutifs aux prises massives d'interféron ou d'interleukine
conduisent à en réduire considérablement l'usage. C'est dans ce
cadre que s'inscrit la micro-immunothérapie mise au point par
un médecin belge : Maurice Jenaer. Passionné d'immunologie et
d'homéopathie, il conçoit l'intérêt qu'il y aurait à les rapprocher.
" Il était logique, explique-t-il, de fournir à l'organisme les
cytokines à la concentration où elles fonctionnent dans l'organisme,
donc à doses infinitésimales, pour y être parfaitement tolérées.
" Autre choix judicieux : le mode d'administration. " Le système
immunitaire fonctionne comme notre police des frontières, les
cellules immuno-compétentes se trouvent concentrées dans les zones
d'accès à l'organisme, en particulier dans la muqueuse buccale
et les relais lymphoïdes voisins. La voie perlinguale (les médicaments
dilués et dynamisés comme les produits homéopathiques sont dirigés
sous la langue et gardés dans la bouche quelques minutes avant
d'être avalés) nous a semblé le meilleur mode d'administration.
" L'IDI (immunothérapie à doses infinitésimales, encore appelée
micro-immunothérapie) était née. À la différence de l'utilisation
classique des cytokines (celle utilisée par S. Rosenberg ou en
allopathie) elle ne prétend pas se substituer aux défaillances
immunologiques mais provoquer la réaction du système immunitaire
et en relancer la dynamique.
Des
résultats étonnants
Les résultats sont absolument étonnants. Depuis une vingtaine
d'années, Yann, 43 ans, était sujet à un herpès labial récurrent
survenant tous les deux mois, chaque épisode durant une dizaine
de jours. Il a essayé tous les médicaments curatifs classiques
sans obtenir d'amélioration notable. Il y a cinq ans, un ami lui
parle d'un médecin homéopathe qui pratique l'IDI. " L'effet a
été radical, assure-t-il. Non seulement la fréquence de l'herpès
est devenue exceptionnelle (l'an passé j'ai dû en faire seulement
deux fois), mais l'épisode passe beaucoup plus vite : en deux
à trois jours. " Également séropositif, Yann prend les antirétroviraux
allopathiques pour diminuer la charge virale et d'autres médicaments
de micro-immunothérapie qui, il en est convaincu, lui " maintiennent
un bon taux de CD4 " (des cellules immunitaires dont le taux chute
lors de l'évolution de la maladie). Suite à une transfusion sanguine
reçue en 1986, Cécile est devenue malade d'une hépatite C récemment
diagnostiquée. Très fatiguée, sujette à des palpitations, à des
douleurs articulaires, elle s'est d'emblée, par conviction, tournée
vers les médecines alternatives : " Dans un premier temps, mais
si cela n'avait rien donné je me serais adressée à la médecine
classique. " Elle n'a pas eu besoin de changer. " Avec la micro-immunothérapie,
les résultats ont été remarquables. En trois mois de traitement,
les analyses ne montraient plus trace du virus. " Se croyant tout
bonnement guérie, elle s'est " à nouveau défoncée dans le travail
". Sa fatigue est revenue et le bilan suivant affichait la présence
du virus… " Je suis de nouveau en traitement. Pour cinq mois,
cette fois. " Arrivée à mi-parcours de ce traitement, elle se
sent plus solide, et ses défenses immunitaires sont remontées.
À son tour, Bénédicte raconte son histoire. Elle est atteinte
depuis 1991 d'une maladie de Crohn ; cette maladie auto-immune
évolue par crises, elle se caractérise par des ulcérations graves
de la paroi des intestins, qui se traduisent par des maux de ventre
terribles, des diarrhées parfois hémorragiques, des vomissements,
une perte de poids importante. Benédicte est soignée classiquement
par les corticoïdes, les anti-inflammatoires et les immuno-suppresseurs.
Mais elle continue à passer des nuits blanches en se tordant de
douleur. Sans pour autant cesser les traitements lourds, un médecin
homéopathe la prend en charge : elle va un peu mieux, " la violence
des crises s'estompe ". La maladie continue d'évoluer : deux problèmes
qui y sont directement liés, l'un de fistule anale, l'autre de
fistule vésicale, nécessitent d'intervenir chirurgicalement. Lors
de la dernière opération, en février 1999, le chirurgien lui enlève
une quinzaine de centimètres d'intestin. Dès sa sortie de l'hôpital,
elle entreprend un traitement en micro-immunothérapie. " Depuis
deux ans, déclare-t-elle enfin soulagée, ça va très bien. Il n'y
a pas eu de rechute après ma dernière opération, alors que c'est
souvent le cas. Je ne prends plus ni anti-inflammatoires, ni corticoïdes.
Contrairement à ce qui se passait avant, je ne suis aucun régime
alimentaire : je mange de tout. Je ne me suis jamais sentie aussi
bien. C'est le bonheur. "
Amélioration
chez 82 % des personnes
Les
cas individuels n'ont pas de valeur scientifique. Les médecins
qui s'intéressent à la micro-immunothérapie le savent bien. L'Institut
(Institut
3IDI, 5, rue de Turbigo, 75001 Paris. Tél. : 01 44 88 24 06 ;
fax : 01 44 88 24 03.)
qui les regroupe et s'est chargé de promouvoir la méthode a donc
entrepris de l'évaluer. Une étude vient d'être publiée dans le
British Homeopathic Journal (Évaluation
du 2LHERP dans les préventions des récidives de l'herpès génital.
M. Jenear, M.F. Henry, A. Garcia, B. Marichal. British Homeopathic
Journal, oct. 2000 ; 89 (4) 174-177).
Elle concerne la prévention de l'herpès génital récidivant chez
cinquante-trois patients présentant au moins quatre crises annuelles.
Elle conclut que 82 % des malades tirent bénéfice d'un traitement
par micro-immunothérapie ; avec, dans 42 % des cas, aucune réapparition
des crises après le premier traitement (recul compris entre 8
et 50 mois). Pour 32 %, l'efficacité apparaît seulement après
une ou plusieurs rechutes. Chez 9 % enfin, les récidives ne disparaissent
pas mais les crises diminuent en fréquence et en intensité. "
Des résultats préliminaires, ajoutent encore les auteurs de cette
étude, obtenus sur un groupe de dix patients résistants ou intolérants
à l'aciclovir (le médicament classique de l'herpès), semblent
montrer que 80 % d'entre eux sont largement améliorés par le 2LHERP
(un produit utilisé en immunothérapie, ndlr.) " Conçus pour rétablir
la fonction immunitaire (ainsi dans les affections auto-immunes,
où le système immunitaire se retourne et agresse un organe ou
un tissu : les cartilages dans la polyarthrite rhumatoïde, l'intestin
dans la maladie de Crohn, la gaine de myéline des nerfs dans la
sclérose en plaque, etc.), les médicaments proposés par le Dr
Maurice Jenaer sont bien évidemment composés de cytokines. Dans
de nombreux cas : hépatite C, herpès, l'EBV (Eipstein Bar Virus),
le CMV (cytomegalovirus), c'est un virus qui met à mal les défenses
de l'organisme. " Aussi est-il nécessaire de contrôler, voire
d'éradiquer dans la mesure du possible, l'agent ou les agents
responsables de la pathologie. C'est dans ce but qu'ont été élaborés
différents "acides nucléiques spécifiques" ou SNA®, répliques
synthétisées en laboratoire, d'une partie d'un gène du micro-organisme
que l'on veut atteindre." L'administration de ces SNA, sous forme
diluée et dynamisée, a pour objet de perturber la physiologie
du micro-organisme incriminé pour en arrêter la multiplication.
La micro-immunothérapie a ainsi deux fonctions : agir sur l'agent
causal de la maladie par l'intermédiaire des SNA et rééquilibrer
la fonction immunitaire par l'action des cytokines. " Cela dit,
ajoute encore Maurice Jenaer, celui qui viendrait à cette technique
pour des raisons de facilité risquerait d'être déçu. Car les phénomènes
immunitaires sont complexes. Ils correspondent à une cascade d'événements
avec lesquels le traitement doit être en corrélation aussi étroite
que possible pour être efficace. Si nous avons mis au point un
certain nombre de formules capables de couvrir différentes pathologies,
il n'existe pas à proprement parler de recettes. Il s'agit d'une
médecine au cas par cas, qui exige beaucoup de rigueur professionnelle.
" La pratique d'examens biologiques (typage lymphocytaire, typage
HLA, profil protéique, recherche d'anticorps…) a pour but d'établir
qu'il s'agit bien d'un problème d'ordre immunitaire et d'en déterminer
la nature. Elle permet d'élaborer une stratégie thérapeutique
adaptée au patient et stimulant dans le temps, grâce à la variété
des dilutions, les réactions du système immunitaire.
Des
malades obligés de s'approvisionner à l'étranger
On
l'aura compris, le domaine d'action de la micro-immunothérapie
est vaste : affections virales récurrentes ou chroniques, allergies,
maladies auto-immunes. Domaine où, c'est le moins que l'on puisse
dire, la médecine classique enregistre de bien piètres résultats.
Les autorités médicales auraient donc dû se féliciter de l'émergence
d'une nouvelle approche thérapeutique efficace et bien tolérée.
C'était espérer
de leur part une ouverture d'esprit inhabituelle ! Le 20 décembre
dernier, l'Agence française de sécurité sanitaire des produits
de santé (Afssaps) suspendait la délivrance par les pharmaciens
français des préparations magistrales homéopathiques de micro-immunothérapie.
" Incroyable, commente Yann, qu'une Agence, quelle qu'elle soit,
interdise l'accès à un traitement sans se soucier des malades
qui, eux, expriment leur satisfaction. Pour ma part, je suis allé
m'approvisionner en Italie. Là-bas, n'importe quelle officine
obtient les produits sous quarante-huit heures. J'ai pris des
réserves pour six mois de traitement. Ce qui suppose de disposer
de revenus conséquents. C'est contraire, s'insurge-t-il, à tout
principe d'équité." Cécile, plus chanceuse, a juste fait sa provision
avant la suspension. Bénédicte s'approvisionne désormais en Belgique,
car les produits de micro-immunothérapie y sont considérés comme
des médicaments homéopathiques et référencés comme tels. Constitué
en 1996, le Gemsi (Groupement d'entraide des malades sous immunothérapie)
(Gemsi
(Groupement d'entraide des malades sous immunothérapie), BP 51,
11150 Bram. Tél./fax : 04 68 76 59 33. gemsi@ifrance.com
)
considère que la décision de l'Agence est contraire au principe
de continuité des soins et de liberté de choix thérapeutique.
" Le laboratoire espagnol qui fournissait les pharmacies françaises
répondait aux conditions de contrôle et d'hygiène les plus strictes.
Alors, s'interroge B., secrétaire du Gemsi, pourquoi cette décision
de l'Afssaps qui oblige les malades à aller chercher leur traitement
hors de nos frontières ? En tant qu'association de patients, nous
comprenons son souci de contrôler la qualité des médicaments distribués
; dans le cas présent, celle-ci n'était pas en cause. Son rôle
est également de conseiller et de favoriser le développement de
thérapies sérieuses et pleines d'avenir, telle la micro-immunothérapie.
Nous espérons que l'indépendance d'esprit qui devrait animer un
tel organisme saura prévaloir. Nous ferons tout pour faire avancer
ce dossier dans un sens constructif pour le bien des patients.
" Délivrés selon différentes modalités en Espagne, en Belgique,
en Italie et en Suisse, les produits d'IDI ne sont plus disponibles
en France. " C'est dommage, regrette Maurice Jenaer. Alors que
c'est dans l'Hexagone que la méthode a dès ses débuts trouvé un
bon écho auprès des médecins. Ce qui explique pourquoi le premier
institut d'immunothérapie à doses infinitésimales a été créé à
Paris. " Cette attitude des autorités complique singulièrement
la tâche des médecins désireux d'utiliser l'IDI et qui doivent
expliquer à leurs patients : qu'il s'agit assurément d'une méthode
d'avenir, qu'elle n'est pas prise en charge par la Sécurité sociale
(mis à part certains examens biologiques) et que les médicaments
sont disponibles… à l'étranger ! On voudrait étouffer dans l'œuf
une thérapeutique qui donne de bons résultats, y compris comme
complément de la chimiothérapie en cancérologie, ou dans les maladies
infectieuses récidivantes, qu'on ne s'y prendrait pas autrement.