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La
maladie de Creutzfeldt-Jakob est transmissible, l'agent infectant
en serait le prion, un mystérieux inconnu dans le domaine des
maladies infectieuses.
Louis Pasteur avait établi que les maladies infectieuses étaient
le résultat de l'invasion du corps par des micro-organismes pathogènes
qui
lui sont étrangers et contre lesquels nous produisons des anticorps.
C'est le cas des bactéries et des virus. Le prion, dont on constate
l'accumulation dans les cerveaux de sujets atteints du nv-MCJ,
ce n'est pas un micro-organisme doué d'individualité et il ne
provoque aucune réaction immunitaire. Aussi parle-t-on d'agent
transmissible non conventionnel. Il s'agirait en fait d'une simple
protéine " PrP " - présente normalement dans tous les organismes
et qui deviendrait infectieuse en changeant de configuration (en
se pliant) dans l'espace. Le prion, c'est-à-dire la protéine PrP,
est " un nouveau principe biologique d'infection ", selon le Pr
Stanley B. Prusiner, de l'université de Californie (à San Francisco),
prix Nobel de médecine 1997 pour avoir élaboré l'hypothèse du
prion, la plus généralement acceptée par la communauté scientifique.
En se liant aux protéines PrP normales, le prion leur imposerait
sa conformation anormale, les faisant à leur tour devenir prions.
La transmission de proche en proche serait responsable de la destruction
progressive et irréversible du système nerveux central. Aucun
chercheur ne sait actuellement expliquer les mécanismes qui permettent
à la protéine normale de devenir infectieuse. Une autre hypothèse
est posée, celle dite du " virino " constitué d'une molécule porteuse
de l'information génétique nécessaire à sa réplication et protégée
par un assemblage de protéines et de lipides provenant de l'hôte,
ce qui expliquerait pourquoi le " virino " ne suscite pas de réactions
immunitaires. On sait de façon certaine qu'il existe une " susceptibilité
génétique " à la maladie. Cela étant, qu'est-ce qui a bien pu
changer chez les bovins, ces trente dernières années, pour qu'ils
se prêtent si aisément au développement de l'ESB ? Pourquoi le
nouveau variant chez l'homme contamine-t-il préférentiellement
des sujets jeunes ? Autant de questions pour l'instant sans réponse
, sauf à considérer une origine plurifactiorielle de la maladie.