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MAI 2001

 

Que peut-on manger ?

DOSSIER VACHE FOLLE
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Re-suivons le boeuf !
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Que peut-on manger ?
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Le prion
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Surveillance tout azimut
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Vache folle et vaccin
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Les maladies de Creutzfeldt-Jakob
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Le scandale de l'hormone de croissance
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Témoignage d'une mère
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Fiches Pratiques
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Micro-immunothérapie
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Pour être un consommateur éclairé !

 


Peut-on consommer de la viande de bœuf ?
On s'interroge sur la capacité qu'aurait le sang à contenir des prions infectants (causes de l'encéphalite spongiforme bovine ou ESB). Mais les souris nourries avec de la viande de bœuf n'ont jusqu'à présent jamais développé l'ESB. Ce qu'on n'a jamais réussi expérimentalement laisse penser que le tissu musculaire ne présente pas de danger pour la santé.

Pourquoi a-t-on interdit la côte de bœuf ?
La côte de bœuf est un morceau particulier, rattaché à une côte qui est elle-même liée à une vertèbre. Cette proximité avec un corps vertébral, qui a contenu ou qui contient encore des restes de moelle épinière (tissu nerveux spécifique à risque) ou qui peut avoir projeté des traces de tissus nerveux sur la viande, a conduit à interdire la distribution de côte de bœuf non désossée.

Le ris de veau est proscrit. Qu'en est-il des foies de veau et
de génisse ?

L'Agence française de sécurité sanitaire des aliments a recommandé l'interdiction totale du thymus de veau (autre nom du ris de veau) en novembre dernier. Jusque-là, cette glande était autorisée pour les jeunes bêtes (nées après le 1er mai 1999). En ce qui concerne le foie, selon les évaluations britanniques et celles du comité d'experts scientifiques de l'Union européenne, le risque serait tellement faible que le retrait n'a pas été préconisé. D'autres études sont en cours, dont les résultats devraient être bientôt connus.

Et l'os à moelle ?
Il ne faut pas confondre l'os à moelle et la moelle épinière. Celle-ci se trouve à l'intérieur des vertèbres, elle fait partie des MRS (matériels à risque spécifique) à éviter. La moelle de l'os se trouve, elle, à l'intérieur des os longs. C'est un tissu gorgé de sang et de lipides, dans lequel se fabriquent les cellules sanguines. Rien à voir, donc avec la moelle épinière.

Et le steak haché ?
S'il est préparé devant vous par le boucher à partir de morceaux de viande soigneusement parés, c'est-à-dire séparé des parties non consommables, il n'est pas plus dangereux que le tissu musculaire. En revanche, s'il est déjà conditionné, il correspond à un mélange de viande de plusieurs animaux, ce qui augmente le risque potentiel. S'y ajoutent des matières grasses (5, 10 ou 15 %) prélevées sur les carcasses que l'on peut craindre contaminées par le prion et qui peuvent contenir des morceaux de tissus lymphoïdes (ganglions) considérés à risque.

La cuisson fait-elle disparaître le prion ?
Seul un chauffage à 133° C pendant vingt minutes et à une pression de trois bars diminue en laboratoire de façon significative l'infectiosité du prion. Mais, dans ces conditions de cuisson, aucune viande n'est mangeable !

On affirme que le lait ne pose pas de problème : vrai ou faux ?
Les expériences n'ont pas mis en évidence le pouvoir infectant du lait. Dans l'état actuel des connaissances, sa consommation ne présente pas de danger.

Le porc et les volailles sont actuellement hors soupçon : vrai ou faux ?
On n'a pas trouvé de cas de " folie " chez les porcs et les volailles. Au point que l'usage des farines animales a continué à être autorisé même après 1996, date de leur interdiction chez les bovins. Mais, depuis la fin 2000, cette utilisation est interdite dans tous les élevages.

On a dit que les poissons d'élevage étaient nourris aux farines animales. Peut-on en consommer sans risque ?
Plus d'un tiers des poissons consommés dans le monde sont issus de fermes d'élevage : marines ou d'eau douce. C'est le cas de presque tous les saumons et truites, des crevettes, et de près de la moitié des bars, daurades et turbots. Jusqu'en 1996, les poissons d'élevage étaient nourris aux farines de poissons fabriquées principalement à partir des déchets de chinchards (poissons proches des maquereaux), sardines, anchois et maquereaux, des sous-produits d'abattoirs (rates et foies) et des farines de viande d'animaux et du sang d'abattoir. Seules les farines de poissons et le sang - censé ne pas contenir de prion - restent au menu des poissons d'élevage.
Un étiquetage devrait indiquer la provenance : fermes ou lieux naturels (haute mer ou rivière) des poissons à l'étalage.

Le " bouillon-cube ", la gélatine, les sauces à viande sont-elles
à mettre au rang des ingrédients dangereux ?

La gélatine est fabriquée à partir d'os et de peaux de bovins et de porcs. Les technologies de fabrication assainissent partiellement le produit. Néanmoins, en novembre dernier, il a été interdit d'utiliser des vertèbres de bovins pour sa fabrication. Quant au bouillon-cube et autres sauces à viande, le manque d'information précise sur leur composition doit inciter à la plus grande prudence.

Après le bœuf, le mouton devient suspect. Lesquels de ses morceaux présentent un danger?
De façon expérimentale, on a réussi à transmettre l'ESB à des moutons, mais on n'a pas découvert l'agent de l'ESB dans le cheptel caprin ou ovin - la tremblante du mouton n'étant pas l'équivalent de l'ESB, malgré les ressemblances qui tendraient à les confondre. Pour prévenir le risque que l'ESB soit confirmé un jour chez le mouton, l'Agence française de sécurité sanitaire des aliments a recommandé d'écarter de la consommation humaine la tête, la moelle épinière et l'ensemble des intestins de caprins et de bovins, quel que soit l'âge des animaux. De son côté, le Dr Dominique Dormont (Chercheur en neurovirologie au Commissariat à l'énergie atomique, président du comité d'experts sur les maladies à prion.
) a demandé que soient intensifiées les recherches pour mettre au point des tests de dépistage rapide, afin de distinguer la tremblante du mouton de l'ESB.

Et les petits pots pour bébés ?
La survenue du nouveau variant de la MCJ chez plusieurs adolescents britanniques (dont une fille de moins de 12 ans) laisse craindre que la consommation de petits pots pour bébés contenant des fragments de cervelle ou d'abats de bovins contaminés par l'agent de l'ESB soit à l'origine de leur maladie. De telles préparations industrielles sont interdites en France depuis 1991.

Existe-t-il des viandes plus sûres que d'autres ?
Les farines animales incriminées dans la propagation de la maladie ont principalement été consommées par les vaches laitières. Les races dites à viande : charolaise, salers, limousine… en ont moins consommé, les cas y sont plus rares. Le Brésil et l'Argentine, réputés pour leurs vastes pâturages, sont considérés comme indemnes d'ESB.

Le dépistage systématique mis en place depuis le 1er janvier 2001 sécurise-t-il définitivement les produits bovins ?
Il limite sérieusement le risque que des viandes de bêtes atteintes d'ESB arrivent dans les assiettes. Néanmoins, le dépistage ne permet pas d'identifier l'ESB à son tout début chez l'animal.

C. B.


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