Alternative
Santé - L'Impatient,
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aux ressources des médecines alternatives et naturelles.
Depuis
le 1er janvier 2001, toutes les bêtes qui entrent dans la chaîne
alimentaire sont testées. Une sécurité pour tous ceux qui achètent
leur viande chez un artisan boucher.
Plus
besoin de présenter cette maladie qui a ravagé les élevages anglais
et secoué la filière bovine française lors des premiers cas d'encéphalite
spongiforme bovine, ou ESB. Secousse devenue séisme quand on a
compris qu'elle avait son équivalent chez l'homme : le nouveau
variant de la maladie de Creutzfeldt-Jakob ou nv-MCJ. Et que le
lien entre l'ESB et ce nouveau variant pouvait être la consommation
de produits bovins. Dès les premières alertes, les professionnels
se sont abrités derrière la traçabilité des viandes françaises.
Dialogue dans une boucherie artisanale du Maine-et-Loire : - Ça
veut dire quoi, les nombres 1751 et 1662 affichés à l'entrée de
votre magasin ? - Ils correspondent aux numéros des carcasses
des bêtes qui seront vendues cette semaine. C'est à l'abattage
que ce code est donné, répond courtoisement Michel Derouin, artisan
boucher à Angers (49) et président de la Chambre artisanale des
bouchers du Maine-et-Loire. Voici le certificat d'identification-filiation
correspondant à la 1751. Le code 7979 signifie qu'il s'agit d'une
blonde d'Aquitaine de père et mère de la même race à viande. Le
numéro de travail 0896, correspond au numéro de la boucle qu'elle
portait à l'oreille avant d'être abattue, celui-ci lui a été donné…,
c'est écrit dessus : le 04/02/92, soit deux jours après sa naissance
notée dans cette case : 02/02/92. - Et si je veux trouver son
éleveur ? - Pas de problème, mais moi je ne le connais pas, seul
l'établissement départemental d'élevage peut le donner. Cependant,
je peux vous dire qu'elle possède le même numéro de cheptel d'éleveur
et de " naisseur ", donc elle n'a pas quitté l'exploitation dans
laquelle elle est née. - Où a-t-elle été abattue ? - Elle a été
emmenée à l'abattoir de La Fosse-de-Tigné dans le Maine-et-Loire,
le… tenez, c'est écrit là : 02/03/2001. Coup de fil à La Fosse-de-Tigné
: - Oui, la bête est bien arrivée chez nous, elle a été abattue
le jour-même. Nos techniciens vétérinaires l'ont inspectée, le
vétérinaire-inspecteur qui vient tous les jours a fait les prélèvements
de cervelle nécessaires au test ESB obligatoire depuis le 1er
janvier 2001. Jusqu'au retour du test, les carcasses des bêtes
ont été placées en chambre fermée dont seuls les techniciens possèdent
la clef, répond M. Laigre, responsable de la traçabilité à l'abattoir.
Retour chez le boucher. Dans la chambre froide de Michel Derouin,
une autre carcasse attend d'être découpée. " Cette bête-là, précise
l'artisan, je l'ai achetée dans une ferme pas loin d'ici, après
avoir été la voir sur pied. J'aime choisir mes bêtes moi-même,
je sais dès que je les vois le goût qu'elles auront en bouche.
Dès le marché conclu, elle a pris la route de l'abattoir. " -
Et l'ESB ? - Comme toutes les bêtes qui entrent dans la chaîne
alimentaire depuis le 1er janvier 2001, elle a été testée. Le
test est revenu négatif - une grosse pastille jaune l'atteste
sur l'étiquette de la carcasse. On a tout intérêt à être le plus
"clair" possible, le client ne s'y trompe pas. Je connais de vrais
amateurs qui viennent précisément pour un filet de limousine ou
de maine-anjou. Je débite trois bêtes par semaine. Si elles ne
sont pas de la race demandée, à moi de leur dire, à eux de choisir.
"
Sécurité… à retardement
Instituée
pour redonner confiance, la traçabilité a également pour but
de sécuriser l'ensemble de la filière et d'en contrôler le bon
fonctionnement. En se donnant les moyens de connaître le circuit
emprunté par l'animal à partir du moment où la boucle portant
son numéro lui a été sertie dans l'oreille (soit au plus tard
sept jours après sa naissance), éleveurs, maquignons, équarrisseurs,
abatteurs, transporteurs, vétérinaires, bouchers, distributeurs
de grandes et moyennes surfaces... savent qu'à chaque instant
on peut trouver trace de leur intervention sur un animal donné.
Autre intérêt de la traçabilité, il est possible à la moindre
alerte de récupérer les lots de viande suspects. Ainsi, début
octobre 2000, dans le Calvados, l'abattoir de Villers-Bocage reçoit
onze vaches - une bagatelle face aux 1 600 bovins qu'il traite
chaque semaine - livrées la veille par un négociant de Beuzeveille
(Eure) qui les avait acquises, en même temps que deux autres bêtes,
auprès d'une agricultrice partie à la retraite. Le contrôle visuel
des vaches par le vétérinaire-inspecteur ne donne rien de particulier
: les bêtes partent à l'abattage. En même temps, les coordonnées
de chacune sont entrées dans l'ordinateur : race, lieu de naissance
et d'élevage, identité des ascendants. Ecorchées, éviscérées,
décapitées, découpées, abats à risque retirés, enfin débitées
en lots soigneusement étiquetés, les vaches partent à la distribution.
À lui seul, Carrefour achète trois animaux complets. Le 10 octobre,
le même négociant se représente à Villers-Bocage avec un nouveau
chargement de 23 laitières réformées, parmi lesquelles se trouve
l'une des deux bêtes du contingent précédent. Le comportement
anormal de l'animal est vite repéré, le vétérinaire-inspecteur
ordonne son euthanasie et des morceaux sont prélevés qui serviront
au dépistage de l'ESB. Test positif, le ministère de l'Agriculture
rappelle toutes les viandes issues du troupeau de la bête malade
déjà introduits dans la chaîne alimentaire. Considérant que la
viande de soixante animaux différents peut entrer dans les steaks
hachés industriels, il retire du marché trente-sept tonnes de
produits finis et semi-finis pour récupérer les trois tonnes de
viande suspecte. Malgré le gigantisme des ateliers d'abattage,
la traçabilité a permis de retrouver une grande partie des viandes
et préparations issues des onze vaches appartenant au même troupeau
que la vache malade. Voilà pour la version " happy end " de l'histoire.
Version série noire, on notera le temps écoulé : plus de dix jours
entre les premiers doutes sur la bête malade et le retrait des
produits des linéaires. Des steaks hachés, contenant de la viande
de vaches élevées dans la même exploitation que la bête atteinte
d'ESB, étaient donc déjà achetés et consommés. Autre constatation
: la surveillance n'a pas empêché le négociant de tenter d'écouler
sa bête malade. Pour faire de l'argent, certains ne s'embarrassent
de rien !