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Certains
vaccins peuvent-ils transmettre l'ESB ? Personne ne peut affirmer
que tout risque soit écarté.
La
FDA (Food and Drug Administration), l'équivalent américain de
nos agences de sécurité sanitaire des aliments et des produits
de santé, annonçait il y a quelques semaines que cinq laboratoires
américains fabriquaient différents vaccins avec des tissus bovins
susceptibles d'être contaminés par le virus de l'ESB, au mépris
d'une recommandation de 1993. Selon le Quotidien du médecin
(14 février 2001), bien que la FDA ait assuré que le bénéfice
des vaccins était largement supérieur au risque d'ESB, les laboratoires
concernés ont accepté de modifier leur processus de fabrication.
Déjà, le 20 octobre dernier, le ministère britannique de la Santé
annonçait le retrait des ventes d'un vaccin polio oral, le Medeva,
des laboratoires SmithKline Beecham. Motif : des éléments issus
de fœtus bovins entraient dans sa confection et il existait un
risque de transmission de la variante humaine de la maladie de
la vache folle. L'Agence française de sécurité sanitaire des produits
de santé (Afssaps) précisait dans un communiqué publié le même
jour que le vaccin Medeva n'était pas commercialisé dans notre
pays. Des produits d'origine bovine sont bien utilisés dans plusieurs
vaccins français, mais selon l'Agence ces produits répondent aux
règles européennes : exclusion des produits bovins d'origine britannique,
utilisation de tissus sans infectiosité décelable, ces produits
étant seulement utilisés comme réactifs (favorisant l'élaboration
mais n'entrant pas en combinaison), puis éliminés des vaccins.
Les laboratoires SKB et Aventis annonçaient, dans le Quotidien
du médecin du 14 février dernier, qu'ils préparaient le remplacement
de ces dérivés animaux par des protéines végétales ou recombinantes,
mais qu'il leur faudrait trois ou quatre ans pour y arriver. Dans
l'attente, le risque est infime, assuraient-il, Aventis Pasteur
estimant ce risque à un cas pour quarante milliards de doses,
soit un cas tous les cinq mille ans !
des
prions indétectables
Qu'en est-il
au juste ? Le communiqué laconique de l'Afssaps n'affirme rien
quant aux risques ou à l'absence de risques de contamination.
Il est loin de répondre aux questions qui se posent. Du sérum
fœtal de veau est utilisé pour la fabrication des vaccins à virus
vivants contre la rougeole, la rubéole, les oreillons, la fièvre
jaune, le vaccin polio oral. Par ailleurs, le BCG est fabriqué
à partir de bile de bœuf. " Ces vaccins sont-ils vraiment sans
danger ?, s'inquiète Michelle Rivasi, députée de la Drôme, qui
dénonce le manque de transparence. On nous dit qu'on peut consommer
sans risque de la viande rouge, mais on ne nous dit pas qu'il
n'y a pas de prions dans le sang. Certaines études laissent penser
qu'il y a, dans le sang des bovins contaminés, des prions à des
taux si faibles qu'ils sont indétectables. On retire du marché
les viandes provenant des tissus nerveux ou de certaines parties
des intestins, mais tous ces organes sont irrigués par le sang
qui circule ensuite dans tout le corps. Comme on ne sait pas à
partir de quels seuils les prions sont contaminants, je m'interroge
sur les risques de ces sérums de veau. " Et Michèle Rivasi réclame
des mesures draconiennes. " Le risque est plus grand qu'avec la
consommation de viande puisque les vaccins sont injectés directement
dans l'organisme. Il est nécessaire d'appliquer le principe de
précaution en retirant ces produits ! " estime, pour sa part,
Michel Georget, professeur agrégé de biologie (Il
développe cette question dans Vaccinations, les vérités indésirables,
éditions Dangles.)