Alternative
Santé - L'Impatient,
le mensuel de votre santé au quotidien. Se soigner autrement grâce
aux ressources des médecines alternatives et naturelles.
Les
24, 25 et 26 mai, la France accueillait le Congrès de la
Fédération mondiale de chiropratique. Interview
de Sylvain Parny, secrétaire général de l'Association
française de chiropratique, qui représente notre
pays au sein de la Fédération mondiale.
ALTERNATIVE
SANTÉ - L'Impatient : Pourquoi ce Congrès ?
Sylvain
Parny : Tous les deux ans, la Fédération mondiale
de chiropratique, qui réunit l'ensemble des professionnels
de cette discipline, près de 80 000 praticiens, se réunit
en congrès dans un pays différent. Venus de tous
les continents, 600 à 700 chiropraticiens sont attendus
à Paris cette année. Outre des séminaires
techniques, ce congrès aura avant tout pour but de faire
le point sur l'avancée des recherches concernant notre
discipline. Des chercheurs de différentes universités
où la chiropratique est enseignée viendront présenter
leurs travaux. Par exemple, les résultats d'une étude
danoise sur le traitement des coliques du nourrissons. Cette étude,
parue fin 1999 dans une revue médicale internationale,
a montré la supériorité du traitement chiropratique
comparé au traitement médicamenteux de référence.
Les résultats sont tels que les salles d'attente des chiros
danois sont aujourd'hui prises d'assaut par des jeunes mamans
avec leurs poupons !
Nous parlerons aussi des études économiques qui
montrent que le rapport coût/efficacité est largement
en faveur de notre discipline. En Ontario (Canada), par exemple,
où les soins chiropratiques sont partiellement pris en
charge par le système de santé, un rapport de l'université
d'Ottawa constatant leur efficacité propose d'augmenter
le remboursement. Elle estime que cette mesure ferait doubler
le nombre de consultants en chiropratique (20 % au lieu de 10
% des onze millions d'habitants) et simultanément entraînerait
une économie de 348 millions de dollars par an (2 milliards
de francs), sans compter une réduction spectaculaire des
arrêts de travail et des mises en invalidité.
Nous ferons par ailleurs le point sur l'avancée sociale
de notre discipline, qui est exercée aujourd'hui dans 70
pays. Nous allons adopter un texte qui donnera une définition
de la chiropratique
commune aux professionnels du monde entier. Nous voulons montrer
qu'il ne s'agit pas d'un simple ensemble de techniques manipulatives,
mais bien d'une discipline à part entière et d'une
approche globale de la santé.
Où
en est la reconnaissance de la chiropratique ?
Notre
profession est reconnue dans tous les pays anglosaxons. En Europe,
elle l'est depuis longtemps en Suisse, dans les pays scandinaves,
et aux Pays-Bas. Le vote de la Résolution du Parlement
européen sur le statut des médecines non conventionnelles,
puis l'adoption au Royaume-Uni et en Belgique de lois qui officialisent
la chiropratique ont créé une dynamique : dans tous
les pays européens où il n'y a pas déjà
reconnaissance, il y a une discussion. En France, un groupe de
travail s'est réuni le 2e semestre 1999 et le 1er semestre
2000, dans le but de définir les conditions de cette reconnaissance.
Depuis, les décisions se font attendre. Mais nous espérons
que le retour au ministère de la Santé de Bernard
Kouchner, qui a été à l'origine de ce groupe
de travail, va faire avancer les choses.
Propos recueillis par Régis Pluchet
Pour
en savoir plus
On trouvera tous les renseignements sur la formation des chiropraticiens,
les conditions d'exercice de leur discipline, la liste des 400
professionnels français, en s'adressant à :
Association
française de chiropratique,
24, rue de Monttessuy, 75007 Paris. Tél./fax : 01 45 55
24 18.
Minitel : 36-15 CHIRO (liste des professionnels par département).
Internet : France : www.chiropratique.org
Fédération mondiale : www.
wfc.org
Pour faire avancer la chiropratique en France, six mille personnes
se sont regroupées depuis quatre ans au sein de Pro-chiro,
association de patients pour la reconnaissance officielle
de la chiropratique, 2 résidence Dupetit-Thouars, rue d'Epluchard,
49000 Angers.