Alternative
Santé - L'Impatient,
le mensuel de votre santé au quotidien. Se soigner autrement grâce
aux ressources des médecines alternatives et naturelles.
Navigatrice
en solitaire, Catherine Chabaud a été la première
femme à avoir bouclé, en course, un tour du monde
à la voile sans escale et sans assistance, lors du troisième
Vendée Globe en 1996-1997. Pour la quatrième édition
(2000-2001), elle a pris soin de sa santé et de son alimentation
des mois à l'avance.
ALTERNATIVE
SANTÉ - L'Impatient : Vous aviez dit après votre
premier Vendée Globe : " Plus jamais je ne repartirai
seule en tour du monde ". Pourquoi l'avez-vous quand même
fait ?
Catherine
Chabaud : Partir naviguer seule pour quatre mois, sans escale,
a quelque chose d'effrayant. La durée, l'isolement, la
confrontation avec les éléments dans des conditions
très dures, tout cela constitue une épreuve pour
laquelle on n'a pas été conçu. D'où
ce " plus jamais " que j'avais lancé en 1997.
Et puis finalement je me suis aperçue que je n'avais gardé
en mémoire que les bons souvenirs.
Pour
réussir une course, est-il important de se constituer un
bon capital santé ?
C'est
essentiel. Je me suis préparée dix mois à
l'avance en me faisant suivre par le Dr Marc Saramito, médecin
spécialiste de la biologie et de la nutrition du sport.
Tous les trois mois, j'ai fait des bilans (sang, salive, urine)
pour identifier mes déficits, notamment en vitamines, acides
aminés, oligoéléments, acides gras, neurotransmetteurs
(Neurotransmetteurs : ensemble d'hormones liées au fonctionnement
du système nerveux central (mémoire, concentration,
agressivité, humeur). Leur correction a été
réalisée par la prise de suppléments nutritionnels
naturels de mon partenaire le Laboratoire Starvital, avant et
pendant la course. Nous avons aussi repéré les carences
occasionnées par mes habitudes alimentaires et nous les
avons modifiées. La bonne forme doit être à
la fois physique et psychologique. On court surtout avec sa tête
! C'est pourquoi le Dr Saramito m'a prescrit des extraits végétaux
de ginseng et d'éleuthérocoque ( Ces deux plantes
permettent une meilleure adaptation à l'environnement ainsi
qu'aux agressions et augmentent les capacités physiques
et intellectuelles.) qu'il a mélangés au contenu
des pots de confiture, de même qu'il a renforcé mon
Nutella en magnésium. J'avais aussi une trousse avec des
produits anti-stress à base de plantes (Euphytose, valériane)
et d'oméopathie à utiliser en cas de besoin.
De
quoi cette alimentation se composait-elle ?
Elle
était extrêmement variée et de bonne valeur
gustative : des couscous, taboulé, saumon à l'oseille
lyophilisés, des conserves de très bonne marque,
des pâtes, des produits végétariens comme
des steaks de soja, des pâtés végétaux,
des galettes de riz et d'épeautre. Pour agrémenter
le tout, je disposais d'une palette de condiments (tapenade, huile
d'olive, sel de Guérande, poivre aux cinq baies, basilic ).
J'ai même fait germer des pousses de luzerne et de tournesol
et fait mon pain avec de l'eau de mer ! Tous les menus ont été
composés par Hélène Attié, en charge
de la préparation de l'avitaillement, en collaboration
avec le Dr Saramito. Le tout parfaitement équilibré
nutritionnellement, était réparti dans seize sacs
correspondant aux seize semaines de course. Je me servais au gré
de mes envies, respectant les règles des associations alimentaires
et le rythme des trois repas quotidiens.
Et
votre sommeil, comment l'avez-vous géré ?
Quand
on part pour un tour du monde, Il est impératif de dormir
six à huit heures par vingt-quatre heures pendant la course.
Mais impossible de prendre toutes ces heures d'affilée,
on fractionne : au maximum deux heures de suite, autrement toutes
les durées possibles : 10, 20, 40 minutes, 1 h 30. C'est
la météo qui impose le rythme. Une règle
de base : s'endormir quand le sommeil vient spontanément,
fusse pour quelques minutes.
Face
au stress, à la déprime, que faisiez-vous ?
Contre
le stress - et il y en a beaucoup - la meilleure technique est
de respirer pour se recentrer et détourner son attention
de l'objet de l'angoisse. Mais, pour moi, le meilleur remède
est la lecture. Contre la solitude, le doute, la déprime
(j'ai beaucoup pleuré), il y a le téléphone
avec les amis et la famille. Personnellement, je passais facilement
deux heures au téléphone chaque jour : ce qui est
absurde quand on choisit de vivre une expérience en solitaire
! Difficile de ne pas profiter de l'apport des nouvelles technologies.