Alternative
Santé - L'Impatient,
le mensuel de votre santé au quotidien. Se soigner autrement grâce
aux ressources des médecines alternatives et naturelles.
Inventaire
international des bobos et calamités du voyageur. Et les
moyens d'y échapper.
On
peut partir avec enfants, cousins et cousines, chez les beaux-parents,
dans la maison de famille. Ou enfiler ses pataugas et attraper
le prochain charter pour Katmandou Le but : se régénérer,
au physique comme au moral. En évitant, si possible, petits
pépins et grosses tuiles. Les médecins des services
d'assistance, tel le Dr de Courcy, d'Europ Assistance, savent
d'où viennent les problèmes et comment les prévenir.
La
voiture
Au registre des problèmes graves, les accidents de la circulation
représentent le plus gros risque : 30 % des causes de rapatriement
chez Mondial Assistance, environ 35 % chez Europ Assistance. "
C'est aussi bien le conducteur et ses passagers, notamment à
cause de voitures de location peu sûres, que le vacancier
à pied, surpris par le trafic automobile et qui se fait
renverser ", commente le Dr de Courcy.
Les
moustiques
Ennemi numéro un en pays chaud et humide : le moustique.
Europ Assistance déplore environ dix morts par an à
cause d'une forme maligne de paludisme, induite par un parasite
nommé Plasmodium falciparum. Cela représente un
petit pourcentage par rapport aux trois millions de Français
qui partent chaque année dans un pays tropical, mais c'est
trop. Le Dr Alain Fisch, spécialiste des maladies tropicales
et concepteur d'un site Internet pour se préparer au voyage
(lire fiches pratiques), souligne que
2,7 millions de personnes meurent du paludisme chaque année
dans le monde. Le Plasmodium falciparum sévit entre les
deux tropiques, de l'Afrique noire à l'Amérique
latine en passant par l'Asie. Ses frères Plasmodium vivax,
ovale ou malariae sont moins virulents, mais rien ne les distingue
a priori. En outre, le moustique est également vecteur
de la dengue (La dengue vient d'un virus qui provoque fièvre
et douleurs musculaires. Sa forme hémorragique est la plus
dangereuse. ), de la fièvre jaune, des encéphalites
virales et des filarioses (Les filarioses sont des microvers
qui bouchent les canaux lymphatiques, mais le touriste reste peu
concerné dans la mesure où c'est l'accumulation
de piqûres qui suscite la maladie).
Solutions : les médicaments
antipaludéens préventifs, plus les vêtements
couvrants, plus la crème répulsive pour la peau,
plus les serpentins incandescents en extérieur pour la
nuit, plus la moustiquaire imprégnée de produits
répulsifs (bien border le lit !). On ajoutera le vaccin
anti-amarile pour contrecarrer la fièvre jaune là
où elle sévit.
Tiques,
araignées, scorpions
Contre
les tiques, aux abords des forêts du monde entier (y compris
en France), la première garantie est de bien se couvrir
de la tête aux pieds en évitant les couleurs claires
qui les attirent. Les tiques transmettent notamment la maladie
de Lyme, dont la bactérie peut provoquer
des dommages dans tout l'organisme. Après une promenade
en forêt, le mieux est d'examiner sa peau tout entière
pour, le cas échéant, extraire la bestiole avant
qu'elle n'y ait séjourné vingt-quatre heures, ce
qui coupe court à toute infection et aux traitements lourds
qui s'ensuivent.
En pays chaud, les phlébotomes, sortes de petits moustiques
qui se logent dans les veines, donnent la leishmaniose ; celle-ci
provoque des lésions de la peau ou des viscères
; ne lâchez pas vos moustiquaires ! Quant aux araignées
et autres scorpions, on s'en protégera en secouant draps,
vêtements et chaussures avant de s'y glisser.
La mouche tsé-tsé, redoutable pour ceux qui vivent
en Afrique noire, épargne généralement le
voyageur de passage : seule une exposition longue aux piqûres
induit la maladie.
Scolopendres,
ratons-laveurs
" Le touriste sait bien qu'il y a des bêtes à
ne pas toucher, comme la scolopendre, cette grosse chenille poilue
et urticante ", constate le Dr Fisch. Le serpent inspire
la même méfiance : les chaussures montantes sont
une protection, ainsi que le fait de s'annoncer par du bruit qui
l'éloigne.
Chats, chiens et singes, mêmes domestiques, chauves-souris,
mangoustes et autres ratons-laveurs peuvent porter la rage, une
maladie mortelle pour l'humain et qui existe sur toute la planète.
En voyage, les médecins suggèrent d'éviter
les contacts avec les bêtes et, en cas de randonnée
loin de tout secours médical, de se faire vacciner préventivement.
Le
sumac vénéneux
Sauf aval d'une personne de la région - " si possible
un vieux ! ", insiste le Dr Fisch -, mieux vaut se garder
de toucher les plantes et encore plus de les porter à la
bouche. Il cite le mancenillier allergisant, de la zone caraïbe.
L'OMS met par exemple en garde les Européens contre le
sumac vénéneux, un arbuste d'Amérique du
Nord.
L'eau
et les aliments
Au palmarès des ennuis de santé qui gâchent
le voyage, la turista (gastro-entérite bénigne)
arrive bonne première. Elle affecterait de 20 à
50 % des voyageurs (Chiffres Organisation mondiale de la santé
2001). Trois jours à proximité des toilettes
sur huit jours de vacances, le souvenir restera saumâtre,
mais, sauf pour les personnes âgées ou les tout-petits,
la turista reste bénigne. Plus sérieuses sont l'hépatite
A, la poliomyélite, la typhoïde, l'amibiase, le choléra,
etc., transmis par l'eau et la nourriture.
Manger sainement en voyage implique déjà de se laver
les mains avant de passer à table - un réflexe à
renforcer - et, dans les pays en développement, préférer
les aliments qui viennent d'être cuits aux crudités,
peler les fruits soi-même La parade la plus éprouvée
contre la poliomyélite reste le vaccin. De même,
le vaccin contre la typhoïde, voire contre l'hépatite
A, sera opportun si l'on prévoit des conditions d'hygiène
précaires et l'éloignement de tout secours médical.
L'OMS
précise que, si l'on n'a pas le choix, on peut se permettre
d'absorber une petite quantité d'aliments douteux : "
L'acide gastrique exerce un effet protecteur. " De son côté,
le Dr Fisch rappelle qu'il vaut souvent mieux manger dans un village
de brousse, où la cuisine respecte une tradition, que dans
un hôtel touristique qui imite les pratiques " modernes
" - approximativement. Il met également en garde contre
la prétendue sécurité des bouteilles encapsulées
: " La fraude existe un peu partout, grâce à
l'usage de recapsuleurs. " Lui-même préfère
voyager avec son propre système de purification d'eau.
Rivières
La mer ne recèle en principe pas d'autre piège que
les méduses et autres espèces urticantes. En zones
tropicales, l'eau douce exige davantage de circonspection. Le
risque principal est celui de contracter des bilharzioses, affections
causées par des petits vers qui, faute de traitement, investissent
l'intestin, le foie ou l'appareil urogénital.
La
criminalité
À Europ Assistance, le Dr de Courcy s'est vu de plus en
plus souvent obligé, ces dernières années,
de voler au secours de touristes victimes d'agressions - il cite
un il arraché en Asie et des viols dans la région
caraïbe. Le médecin met donc les voyageurs en garde
contre toute attitude provocatrice : portefeuille apparent, micromaillot
de bain (pour les femmes) au Maghreb, etc. Ou encore, faute de
maîtriser les critères locaux qui distinguent un
bar modeste et sympa d'un bar modeste et coupe-gorge, le mieux
est de consulter les habitants.
" Prévenir ne veut pas dire affoler, conclut le Dr
Fisch. Il s'agit de connaître les risques - ainsi que leur
parade : préventive ou curative, elle existe toujours.
"