Alternative
Santé - L'Impatient,
le mensuel de votre santé au quotidien. Se soigner autrement grâce
aux ressources des médecines alternatives et naturelles.
Ranger
ses bagages et classer ses photos signent la fin du voyage
mais pas toujours celle des maux
Trois
symptômes majeurs doivent retenir l'attention et amener
à consulter : la fièvre, la diarrhée persistante
et les lésions de peau ou de muqueuses.
Fièvre
: attention !
On
ne badine pas avec elle, surtout en période hivernale où
le patient et même son médecin généraliste,
peuvent croire à une banale grippe. Le Dr Geneviève
Brousse, responsable des consultations de conseils aux voyageurs
et du centre de vaccination international du groupe hospitalier
Pitié-Salpêtrière, est formelle : " Une
fièvre égale ou supérieure à 38 degrés
doit conduire automatiquement à consulter dans les douze
heures qui suivent son apparition. " Avis partagé
par Catherine Goujon, médecin responsable du service de
vaccination et conseils aux voyageurs de l'Institut Pasteur :
" Pour simplifier, déclare-t-elle, et jusqu'à
preuve du contraire, il faut se dire que fièvre égale
paludisme. " Le paludisme dit " d'importation "
(qui se déclare au retour) tue en France une vingtaine
de personnes chaque année, par manque de réactivité
en temps réel ou par défaut de traitement préventif
ou encore à cause d'un traitement inadéquat. "
La démarche à suivre est d'aller aux urgences de
l'hôpital le plus proche ou dans un service de maladies
infectieuses ; d'indiquer au médecin que l'on revient d'un
voyage dans un pays tropical, même s'il date de plus de
trois mois. Quelle que soit l'heure, une prise de sang doit automatiquement
être effectuée avec analyse immédiate.
L'erreur
à ne pas commettre, sous prétexte que le voyage
s'est bien passé, est d'arrêter le traitement antipaludique,
rappelle le Pr Michel Rey, président de la Société
de médecine des voyages (lire fiches
pratiques), " car le parasite s'infiltre par étapes
dans l'organisme (sang, foie, etc.) et le médicament n'agit
qu'au troisième stade parasitaire, qui se développe
huit à dix jours après la piqûre ".
Dans le cas où la décision d'arrêter les antipaludéens
est motivée par leurs effets secondaires, reste à
choisir entre le risque du développement de la maladie
et les troubles occasionnés.
Un accès de fièvre peut également être
le signe d'une autre maladie (typhoïde, hépatite,
etc.)
La
diarrhée
Il
convient encore de consulter dans deux cas : une diarrhée
prolongée ou une diarrhée accompagnée de
fièvre. Le but est de repérer au plus vite une maladie
grave, par exemple la fièvre typhoïde. Parfois, les
responsables sont des bactéries de type salmonelles (Salmonelloses
: toxi-infection alimentaire provoquée par l'ingestion
de nourriture contaminée.) ou encore shigelles (Shigelloses
: rectocolites aiguës dues à une famille de bacilles
appelés shigelles) démasquées par coproculture,
c'est-à-dire une analyse de selles qui révèle
la présence des importuns. D'autres parasites peuvent également
être à l'origine de diarrhées persistantes.
Les
lésions de peau et des muqueuses
Les
éruptions cutanées sont à surveiller de près.
Le plus souvent, il peut s'agir d'une dermatose tropicale. Les
formes en sont multiples et plus ou moins évolutives. Des
boutons peuvent parfois indiquer la présence d'un parasite
sous la peau. La leishmaniose cutanée ou bouton d'Orient
est une forme de parasitose cutanée transmise par piqûre
d'insectes (les phlébotomes). Elle se présente sous
la forme d'une lésion unique ou multiple siégeant
sur les parties de peau découvertes. Il s'agit fréquemment
d'infection banale à staphylocoques ou à streptocoques.
Très rarement, de telles lésions peuvent suggérer
une fièvre typhoïde ou une hépatite.
Enfin, autre motif de consultation : une lésion des organes
génitaux, surtout s'il y a eu un rapport sexuel non protégé.