Alternative
Santé - L'Impatient,
le mensuel de votre santé au quotidien. Se soigner autrement grâce
aux ressources des médecines alternatives et naturelles.
L'Organisation
mondiale de la santé recommande certaines vaccinations
dans plusieurs pays.
Revue critique des vaccins concernés.
Une
douzaine de vaccins sont recommandés par l'Organisation
mondiale de la santé (OMS). Leur nombre et les pays concernés
varient selon les années (lire ci-après). Ils ne
sont recommandés aux voyageurs que pour des séjours
prolongés (plus d'un mois) ou fréquemment répétés
dans les zones où sévit la maladie. Leur utilité
dépend aussi de la saison et du mode de transmission. Si
la vaccination ou les rappels ne sont pas trop anciens, inutile
de les refaire. Attention, certains vaccins, et en particulier
celui contre la fièvre jaune, ne peuvent être pratiqués
que dans les centres de vaccination agréés.
Les indications, contre-indications et risques d'effets secondaires
de chaque vaccin sont décrits de manière détaillée
dans notre hors-série Guide des vaccinations, (Alternative
Santé - L'Impatient, juin 2000 et nos numéros
de février et d'avril
2001).
Choléra
En raison de son inefficacité et du très faible
risque de contracter la maladie pour un voyageur, le vaccin contre
le choléra n'est plus recommandé par l'OMS depuis
1973. Il n'est pas disponible en France. La meilleure prévention
reste l'hygiène.
Diphtérie
Vaccins : Il n'existe plus que des vaccins associant diphtérie-tétanos
(DT Vax, Diftavax à teneur réduite en anatoxines)
et des vaccins diphtérie-tétanos-polio. Protection
: dix ans.
Soignée efficacement par les antibiotiques, la maladie
ne concerne plus que quelques milliers de cas en Biélorussie,
Russie, Ukraine. Avant un voyage dans ces pays, se renseigner
sur les zones précises où sévit la diphtérie.
Ne pas se faire vacciner moins de dix ans après un précédent
vaccin antidiphtérique et ne choisir que les vaccins à
teneur réduite en anatoxine (Diftavax), qui diminuent les
risques de réactions allergiques.
Encéphalite
japonaise
Vaccin : Jevax. Ce vaccin ne peut être obtenu et pratiqué
que dans un centre de vaccination agréé pour la
fièvre jaune.
L'encéphalite japonaise est due à des virus transmis
par des moustiques. Elle entraîne fréquemment des
troubles neurologiques graves. C'est une maladie rare qui ne concerne
que quelques dizaines de milliers de personnes. Elle est plus
fréquente de mai à octobre, au moment de la mousson.
Avant d'envisager de se faire vacciner, le voyageur a intérêt
à s'informer sur les zones précises d'épidémie
et sur les saisons. Le vaccin est récent, son efficacité
et ses effets secondaires sont mal connus. Il entraîne assez
fréquemment de fortes réactions.
Encéphalite
à tiques
Vaccin : Ticovax. Ce vaccin ne peut être obtenu et pratiqué
que dans un centre de vaccinations agréé pour la
fièvre jaune.
Cette maladie virale transmise par des tiques est rare (quelques
milliers de personnes en Europe centrale), mais dans 5 à
10 % des cas, il y a un risque de troubles neurologiques graves.
Seulement 10 % des tiques sont contaminées par le virus.
Elles sévissent de mai à octobre dans quelques zones
forestières d'Europe orientale (notamment en Russie et
dans les pays baltes). On en trouve aussi, en moins grand nombre
et moins virulentes, dans les forêts d'Autriche, de Suisse
et de Bavière et, très rarement, dans les Vosges.
Le vaccin est recommandé aux campeurs, randonneurs et travailleurs
des forêts des zones infestées. Il est récent
et son efficacité est mal connue. Dans 10 % des cas, il
entraîne de fortes réactions et parfois des accidents
neurologiques. Pour les non-vaccinés, une bonne hygiène
est nécessaire : se couvrir bras et jambes, marcher avec
des chaussures fermées, vérifier l'absence de tiques,
extraire toute tique avec une pince et désinfecter.
Fièvre
jaune
Vaccin : Stamaril. Il ne peut être obtenu et pratiqué
que dans les centres de vaccination agréés.
En raison des risques de la maladie souvent sévères
(hémorragies, atteintes rénales, troubles neurologiques
avec de 10 à 50 % de décès), le vaccin, qui
protège dix ans, est recommandé dans de nombreux
pays. Dans 5 % des cas, il peut entraîner des réactions
transitoires assez fortes (fièvres, maux de tête
ou de dos) et, exceptionnellement, quelques cas de méningites
(principalement chez des nourrissons). Il est contre-indiqué
dans les cas d'antécédents neurologiques ou rénaux,
pour les sujets allergiques aux protéines de l'uf
et pour les nourrissons de moins de quatre mois et, sauf en cas
d'épidémie, pour les femmes enceintes et les enfants
de quatre à six mois.
Méningocoque
Vaccins : Vaccin méningococcique A+C. Vaccin Menomune (A,
C, W135).
La méningite à méningocoque peut entraîner
des réactions neurologiques sévères et parfois
mortelles, mais la maladie est bien soignée par les antibiotiques.
Le vaccin est relativement bien toléré ; il ne protège
toutefois que trois à cinq ans au plus et son efficacité
est contestée. Il n'empêche pas les sujets vaccinés
d'être porteurs et de transmettre la bactérie. Si
l'on se rend dans une zone où sévit le méningocoque,
avant de choisir ou non la vaccination, il faut savoir si le vaccin
peut protéger contre le microbe responsable : car il ne
protège que contre le méningocoque A (vaccination
possible à partir de l'âge de 3 mois) et le méningocoque
C (vaccination possible à partir de 12 mois). Le vaccin
Menomune, recommandé pour l'Arabie Saoudite, protège
aussi contre le type W135, mais son efficacité n'est pas
officiellement démontrée.
Hépatite
A
Vaccins simples : Avaxim, Havrix, Vaqta. Vaccin double (hépatites
A + B) : Twinrix.
La maladie est sans gravité. Le vaccin contre l'hépatite
A est un vaccin de confort non remboursé par la Sécurité
sociale. On ne connaît pas réellement son efficacité,
ni la durée de la protection (estimée à dix
ans). Ses effets indésirables (fièvre, maux de tête)
sont fréquents (de 10 à 20 % des cas), mais sans
gravité. Le vaccin est contre-indiqué dans les infections
fébriles sévères. La meilleure prévention
de la maladie reste l'hygiène : se laver les mains, faire
bouillir l'eau, cuire les aliments.
Hépatite
B
Vaccins simples : Engérix, HB Vax DNA et Genhévac
B. Vaccin double (hépatite A + hépatite B) : Twinrix.
L'hépatite B aiguë est souvent plus sévère
que l'hépatite A aiguë. Dans 10 % des cas, elle peut
dégénérer en hépatite chronique qui
risque d'évoluer vers une cirrhose ou un cancer du foie
au bout de vingt à trente ans.
Les effets indésirables du vaccin hépatite B sont
rares, mais dans une minorité de cas peuvent être
très sévères (voir notre Guide des vaccinations).
Avant de se faire vacciner, il convient de vérifier si
l'on se rend dans une région touchée par la maladie
et s'il y a vraiment un risque de contamination : la maladie ne
se transmet que par le sang (attention aux seringues et objets
métalliques souillés) et les relations sexuelles.
Poliomyélite
Vaccins : Vaccin polio atténué (oral). Imovax Polio
(vaccin injectable). Il existe aussi différents vaccins
doubles (polio + tétanos) ou triples (polio + tétanos
+ diphtérie).
La poliomyélite est une maladie virale grave qui peut laisser
des séquelles paralytiques durables. Il n'y a pas de traitement
efficace classique. La polio a aujourd'hui quasiment disparu de
la planète : quelques milliers de cas chaque année.
Le vaccin n'est pas toujours anodin, en particulier le vaccin
oral qui peut être responsable de paralysies. Avant de choisir
de se faire vacciner, se renseigner sur les zones précises
où la maladie sévit encore (quelques milliers de
cas en Afrique et en Asie). En cas de vaccination, il faut donc
lui préférer le vaccin polio injectable.
Typhoïde
Vaccins : Typhim Vi, Typherix.
Cette maladie peut être sévère, mais elle
est soignée efficacement par les antibiotiques. Peu efficace,
le vaccin ne protège que contre certaines formes de la
maladie et l'effet protecteur ne dure que trois ans. Il entraîne
assez fréquemment de fortes réactions. Pour les
voyageurs se rendant dans les zones infectées, une bonne
hygiène peut suffire : filtrer l'eau, peler les crudités.