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SEPTEMBRE 2001

 


Accoucher à domicile

 

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Accoucher chez soi et en pleine sécurité, c'est l'expérience de Sarah, d'Yves, son ami, et de Pom, la sage-femme.

 


"Je n'avais absolument pas prémédité d'accoucher à domicile. Mon ami, Yves, n'était même pas très sûr de vouloir assister à l'accouchement, confie Sarah Ludi, 25 ans, jeune mère d'un petit Lunès de 6 semaines. Mais je voulais connaître la personne avec qui j'allais accoucher. Un accouchement, ce n'est pas comme amener une voiture au garage. Et puis, je suis danseuse. J'ai conscience de mon corps et je redoutais un accouchement trop médicalisé. L'envie de vivre la naissance à la maison a germé en nous doucement. Au fur et à mesure que nous avons tissé des liens de confiance avec Pom. "

Un suivi personnalisé

Pom ? Pom Suos est la sage-femme que Sarah avait contactée à quatre mois de grossesse, dans l'idée d'être suivie et accouchée par une seule et même personne. Certaines maternités ouvrent leur plateau technique à des sages-femmes libérales le temps de l'accouchement. Un anesthésiste est disponible si la parturiente
désire une péridurale et le gynécologue-obstétricien est prêt à intervenir en cas d'urgence. En revanche, les consultations prénatales, la préparation et la surveillance des suites de couches se font au domicile de la mère (Une loi de 1991 autorise sages-femmes et médecins libéraux à prendre leur patiente en charge dans un centre hospitalier. Dans les faits, très peu de maternités - une dizaine sur tout le territoire - acceptent d'ouvrir leur plateau technique à des professionnels extérieurs au service.

Pour obtenir la liste des sages-femmes libérales intervenant à domicile ou en plateau technique, contactez le syndicat de sages-femmes de votre région). " Laisser le père seul à la maison après un tel événement, me semblait absurde. Cette formule qui permet d'accoucher à l'hôpital et de rentrer au plus vite chez soi nous convenait bien ", explique Sarah.

Le suivi de la grossesse se fait dans la douceur. La préparation à l'accouchement par la voix séduit la jeune femme. " Nous avons commencé par une préparation classique, puis Pom m'a demandé si je voulais travailler ma respiration en chantant "OHM", selon la tradition cambodgienne. Alors je me suis dit : Allons-y pour le "OHM" ! J'avais entendu parler de l'haptonomie, je trouvais ça tentant. Mais la personne avec qui on travaille est plus déterminante que l'approche en elle-même. "
Pourquoi aller là-bas sous les néons ?
Au sixième mois, Sarah a quelques contractions. Absente de Paris, elle consulte un médecin bruxellois qui n'y trouve rien d'inquiétant. Ce n'est pas l'avis de Pom, qui la met en garde dès son retour. Elle lui conseille de se reposer et d'éviter de porter des charges trop lourdes. " Avec Pom, je me suis sentie responsabilisée. Elle allait m'accoucher, donc elle mettait toutes les chances de notre côté pour que ça se passe bien. Mais qu'importait à ce médecin que j'accouche prématurément ? La différence d'implication était flagrante. "

Cette différence d'implication - tant professionnelle qu'affective - amène le couple à caresser l'idée d'un accouchement à domicile. " Si tout se présente bien, pourquoi aller là-bas sous les néons ? " De toute façon, le plateau technique est réservé le jour de l'accouchement. Pom a insisté pour que Sarah rencontre l'anesthésiste et le médecin de la maternité. La possibilité de changer d'avis au dernier moment et l'assurance d'être accueillis à la clinique en cas d'urgence rendent le choix confortable. Complètement rassurés, Sarah et Yves prennent leur décision trois semaines avant le jour J et en toute intimité. " Nous avons préféré ne rien dire autour de nous pour éviter les réactions alarmistes. "

Yves et Pom buvaient un café en discutant

Vers minuit, un soir d'octobre, la jeune femme appelle la sage-femme après que la poche des eaux s'est percée. Quatre heures plus tard, calée contre le torse de son compagnon, elle met au monde un bébé de 3,5 kilos. La jeune mère parle de son accouchement avec émotion. S'étonne encore de la simplicité de son déroulement. " J'avais Lunès sur le ventre, tandis qu'Yves et Pom buvaient un café en discutant. L'acte de naissance a été rédigé sur la table de la cuisine. " Et de rendre hommage au père qui, pour reprendre les termes de Pom, " a fait le boulot de tout le personnel de l'hôpital à la fois : infirmière, puéricultrice, homme de ménage, cuisinier… ". " Même après l'accouchement, je n'aurais pas pu me passer de lui. Tu restes quand même K.O. pendant quelques jours. " Les soins au bébé ? Sarah regarde Pom, venue pour l'interview, avec tendresse. " Elle ne nous a jamais imposé une façon de faire. Elle nous laissait prendre l'initiative et nous conseillait seulement après nous avoir observés. C'est formidable pour prendre confiance en soi. D'autant que nous savions que nous pouvions lui téléphoner jusqu'à point d'heure sur son portable. " Après quelques jours, les jeunes parents avaient des listes entières de questions à lui poser. " Lunès aura dix ans, que je continuerai à solliciter Pom ", conclut Sarah en riant.

Bénédicte Fiquet

 


 

 

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