Alternative
Santé - L'Impatient,
le mensuel de votre santé au quotidien. Se soigner autrement grâce
aux ressources des médecines alternatives et naturelles.
Accoucher
chez soi et en pleine sécurité, c'est l'expérience
de Sarah, d'Yves, son ami, et de Pom, la sage-femme.
"Je
n'avais absolument pas prémédité d'accoucher
à domicile. Mon ami, Yves, n'était même pas
très sûr de vouloir assister à l'accouchement,
confie Sarah Ludi, 25 ans, jeune mère d'un petit Lunès
de 6 semaines. Mais je voulais connaître la personne avec
qui j'allais accoucher. Un accouchement, ce n'est pas comme amener
une voiture au garage. Et puis, je suis danseuse. J'ai conscience
de mon corps et je redoutais un accouchement trop médicalisé.
L'envie de vivre la naissance à la maison a germé
en nous doucement. Au fur et à mesure que nous avons tissé
des liens de confiance avec Pom. "
Un
suivi personnalisé
Pom
? Pom Suos est la sage-femme que Sarah avait contactée
à quatre mois de grossesse, dans l'idée d'être
suivie et accouchée par une seule et même personne.
Certaines maternités ouvrent leur plateau technique à
des sages-femmes libérales le temps de l'accouchement.
Un anesthésiste est disponible si la parturiente
désire une péridurale et le gynécologue-obstétricien
est prêt à intervenir en cas d'urgence. En revanche,
les consultations prénatales, la préparation et
la surveillance des suites de couches se font au domicile de la
mère (Une loi de 1991 autorise sages-femmes et médecins
libéraux à prendre leur patiente en charge dans
un centre hospitalier. Dans les faits, très peu de maternités
- une dizaine sur tout le territoire - acceptent d'ouvrir leur
plateau technique à des professionnels extérieurs
au service.
Pour
obtenir la liste des sages-femmes libérales intervenant
à domicile ou en plateau technique, contactez le syndicat
de sages-femmes de votre région).
" Laisser le père seul à la maison après
un tel événement, me semblait absurde. Cette formule
qui permet d'accoucher à l'hôpital et de rentrer
au plus vite chez soi nous convenait bien ", explique Sarah.
Le
suivi de la grossesse se fait dans la douceur. La préparation
à l'accouchement par la voix séduit la jeune femme.
" Nous avons commencé par une préparation classique,
puis Pom m'a demandé si je voulais travailler ma respiration
en chantant "OHM", selon la tradition cambodgienne.
Alors je me suis dit : Allons-y pour le "OHM" ! J'avais
entendu parler de l'haptonomie, je trouvais ça tentant.
Mais la personne avec qui on travaille est plus déterminante
que l'approche en elle-même. "
Pourquoi aller là-bas sous les néons ?
Au sixième mois, Sarah a quelques contractions. Absente
de Paris, elle consulte un médecin bruxellois qui n'y trouve
rien d'inquiétant. Ce n'est pas l'avis de Pom, qui la met
en garde dès son retour. Elle lui conseille de se reposer
et d'éviter de porter des charges trop lourdes. "
Avec Pom, je me suis sentie responsabilisée. Elle allait
m'accoucher, donc elle mettait toutes les chances de notre côté
pour que ça se passe bien. Mais qu'importait à ce
médecin que j'accouche prématurément ? La
différence d'implication était flagrante. "
Cette
différence d'implication - tant professionnelle qu'affective
- amène le couple à caresser l'idée d'un
accouchement à domicile. " Si tout se présente
bien, pourquoi aller là-bas sous les néons ? "
De toute façon, le plateau technique est réservé
le jour de l'accouchement. Pom a insisté pour que Sarah
rencontre l'anesthésiste et le médecin de la maternité.
La possibilité de changer d'avis au dernier moment et l'assurance
d'être accueillis à la clinique en cas d'urgence
rendent le choix confortable. Complètement rassurés,
Sarah et Yves prennent leur décision trois semaines avant
le jour J et en toute intimité. " Nous avons préféré
ne rien dire autour de nous pour éviter les réactions
alarmistes. "
Yves
et Pom buvaient un café en discutant
Vers
minuit, un soir d'octobre, la jeune femme appelle la sage-femme
après que la poche des eaux s'est percée. Quatre
heures plus tard, calée contre le torse de son compagnon,
elle met au monde un bébé de 3,5 kilos. La jeune
mère parle de son accouchement avec émotion. S'étonne
encore de la simplicité de son déroulement. "
J'avais Lunès sur le ventre, tandis qu'Yves et Pom buvaient
un café en discutant. L'acte de naissance a été
rédigé sur la table de la cuisine. " Et de
rendre hommage au père qui, pour reprendre les termes de
Pom, " a fait le boulot de tout le personnel de l'hôpital
à la fois : infirmière, puéricultrice, homme
de ménage, cuisinier ". " Même après
l'accouchement, je n'aurais pas pu me passer de lui. Tu restes
quand même K.O. pendant quelques jours. " Les soins
au bébé ? Sarah regarde Pom, venue pour l'interview,
avec tendresse. " Elle ne nous a jamais imposé une
façon de faire. Elle nous laissait prendre l'initiative
et nous conseillait seulement après nous avoir observés.
C'est formidable pour prendre confiance en soi. D'autant que nous
savions que nous pouvions lui téléphoner jusqu'à
point d'heure sur son portable. " Après quelques jours,
les jeunes parents avaient des listes entières de questions
à lui poser. " Lunès aura dix ans, que je continuerai
à solliciter Pom ", conclut Sarah en riant.