Alternative
Santé - L'Impatient,
le mensuel de votre santé au quotidien. Se soigner autrement grâce
aux ressources des médecines alternatives et naturelles.
Comment choisir au mieux son lieu d'accouchement.
Le confort moral de la future maman - et celui de son entourage
-
sont des conditions essentielles à la bonne venue du bébé.
Avant
la prise en charge de la parturiente, toutes les étapes
peuvent être discutées avec les professionnels :
vos attentes générales, les solutions d'urgence,
l'accueil du bébé. Si, en cours de route, un imprévu
impose de reconsidérer l'accouchement tel qu'il a été
prévu, " exiger des arguments très percutants,
conseille Bernard Maria, chef de service de la maternité
de l'hôpital de Villeneuve-Saint-Georges. Le temps,
c'est une arme. Tant qu'il n'y a pas urgence, on peut toujours
espérer éviter une césarienne, par exemple
". Fervent défenseur d'un partenariat parents- professionnels,
le Dr Christophe Massin ( Christophe Massin est
l'auteur de Vous qui donnez la vie, un autre regard sur la grossesse,
éd. Flammarion/Aubier.) ajoute : " La confiance
est essentielle à la réussite de la naissance. On
peut parvenir à cette réussite aussi bien dans le
contexte chirurgical d'une césarienne que dans un environnement
non médicalisé, tant le facteur humain compte. "
La
disponibilité des professionnels
Avant
de choisir une maternité, renseignez-vous sur les taux
de déclenchements, de césariennes et d'épisiotomies
qu'elle enregistre, c'est un moyen sûr pour repérer
les " usines à bébés ". Toute information
vous permettant de mesurer la disponibilité des professionnels
est également bonne à prendre. Demandez le nombre
des sages-femmes en salle de naissance (une pour 500 accouchements
par an est une moyenne acceptable) et si l'accouchement se fait
par celle qui suit l'évolution du travail. Assurez-vous
qu'elles ne sont pas chargées du ménage de la salle.
Pour éviter les risques d'infections nosocomiales, une
femme de ménage est indispensable de jour comme de nuit.
Quant à l'anesthésiste, est-il sur place 24 heures
sur 24 ? Autrement dit, peut-on lui demander une péridurale
quand on la désire ou faut-il se décider dès
le début du travail ?
L'accouchement
Les
femmes qui souhaitent a priori se passer de péridurale
doivent pouvoir rester mobiles afin de lutter au mieux contre
la douleur. Cette mobilité est incompatible avec le monitoring
branché en continu et la mise sous perfusion dès
le début des contractions. Qu'en est-il de la maternité
où vous envisagez d'aller ? Les professionnels vous laisseront-ils
libre de vos mouvements ? Quand sera venu le moment de l'expulsion,
vous permettront-ils de choisir votre position (assise, accroupie,
etc.) ? Attendront-ils l'expulsion spontanée du placenta
? Sachez-le, l'OMS encourage le libre choix de la parturiente
(Charte des droits de la parturiente).
Elle préconise aussi la présence d'un proche, pendant
les douleurs et pendant l'accouchement. Quel accueil est réservé
au père dans cet établissement ? En cas de césarienne,
pourra-t-il rester près de sa partenaire et accueillir
le bébé ? On tend alors un champ opératoire
(écran de tissu) de manière à cacher l'opération.
Après l'accouchement, lui impose-t-on des horaires de visite
?
L'accueil
du bébé
Puis
viennent toutes les questions concernant l'accueil du bébé.
Premier impératif : évitez tout éloignement
superflu de l'enfant. Exigez qu'il soit posé dans le giron
de la mère aussitôt après l'expulsion afin
qu'il puisse remonter au sein de sa mère selon son réflexe
naturel.
Quelle intimité laisse-t-on alors au couple et au nouveau-né
? Les soins à l'enfant se font-ils en présence des
parents ? Le père peut-il y participer ? L'intubation systématique
des bébés risque d'entraver une bonne mise en place
de l'allaitement. Est-il possible de la refuser ? Pendant les
deux heures qui suivent l'accouchement, la mère reste en
salle de naissance pour surveillance. Lui laisse-t-on le bébé
ou le met-on en couveuse ? Par la suite, l'enfant restera-t-il
dans la chambre ou dans la nurserie ? Les mères qui choisissent
d'allaiter seront-elles aidées ? Seront-elles libres de
nourrir à la demande ? Ont-elles l'assurance qu'on ne perturbera
pas leur allaitement en donnant un biberon de complément
au bébé ?
Enfin, quelle durée de séjour propose-t-on aux accouchées,
sachant qu'un retour précoce à la maison est très
éprouvant pour des femmes qui ne sont pas aidées
?
Un dernier conseil : ne tardez pas à mener votre petite
enquête. Les maternités réputées pour
leur ouverture au dialogue peuvent afficher comble avant que ne
s'achève votre premier mois de grossesse. Et que les plus
timides se rappellent le serment d'Hippocrate : " J'informerai
les patients des décisions envisagées, de leurs
raisons et de leurs conséquences. "