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SEPTEMBRE 2001

 


Les questions à (se) poser

 

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Comment choisir au mieux son lieu d'accouchement.
Le confort moral de la future maman - et celui de son entourage -
sont des conditions essentielles à la bonne venue du bébé.

 


Avant la prise en charge de la parturiente, toutes les étapes peuvent être discutées avec les professionnels : vos attentes générales, les solutions d'urgence, l'accueil du bébé. Si, en cours de route, un imprévu impose de reconsidérer l'accouchement tel qu'il a été prévu, " exiger des arguments très percutants, conseille Bernard Maria, chef de service de la maternité de l'hôpital de Villeneuve-Saint-Georges. Le temps, c'est une arme. Tant qu'il n'y a pas urgence, on peut toujours espérer éviter une césarienne, par exemple ". Fervent défenseur d'un partenariat parents- professionnels, le Dr Christophe Massin ( Christophe Massin est l'auteur de Vous qui donnez la vie, un autre regard sur la grossesse, éd. Flammarion/Aubier.) ajoute : " La confiance est essentielle à la réussite de la naissance. On peut parvenir à cette réussite aussi bien dans le contexte chirurgical d'une césarienne que dans un environnement non médicalisé, tant le facteur humain compte. "

La disponibilité des professionnels

Avant de choisir une maternité, renseignez-vous sur les taux de déclenchements, de césariennes et d'épisiotomies qu'elle enregistre, c'est un moyen sûr pour repérer les " usines à bébés ". Toute information vous permettant de mesurer la disponibilité des professionnels est également bonne à prendre. Demandez le nombre des sages-femmes en salle de naissance (une pour 500 accouchements par an est une moyenne acceptable) et si l'accouchement se fait par celle qui suit l'évolution du travail. Assurez-vous qu'elles ne sont pas chargées du ménage de la salle. Pour éviter les risques d'infections nosocomiales, une femme de ménage est indispensable de jour comme de nuit. Quant à l'anesthésiste, est-il sur place 24 heures sur 24 ? Autrement dit, peut-on lui demander une péridurale quand on la désire ou faut-il se décider dès le début du travail ?

L'accouchement

Les femmes qui souhaitent a priori se passer de péridurale doivent pouvoir rester mobiles afin de lutter au mieux contre la douleur. Cette mobilité est incompatible avec le monitoring branché en continu et la mise sous perfusion dès le début des contractions. Qu'en est-il de la maternité où vous envisagez d'aller ? Les professionnels vous laisseront-ils libre de vos mouvements ? Quand sera venu le moment de l'expulsion, vous permettront-ils de choisir votre position (assise, accroupie, etc.) ? Attendront-ils l'expulsion spontanée du placenta ? Sachez-le, l'OMS encourage le libre choix de la parturiente (Charte des droits de la parturiente).
Elle préconise aussi la présence d'un proche, pendant les douleurs et pendant l'accouchement. Quel accueil est réservé au père dans cet établissement ? En cas de césarienne, pourra-t-il rester près de sa partenaire et accueillir le bébé ? On tend alors un champ opératoire (écran de tissu) de manière à cacher l'opération. Après l'accouchement, lui impose-t-on des horaires de visite ?

L'accueil du bébé

Puis viennent toutes les questions concernant l'accueil du bébé. Premier impératif : évitez tout éloignement superflu de l'enfant. Exigez qu'il soit posé dans le giron de la mère aussitôt après l'expulsion afin qu'il puisse remonter au sein de sa mère selon son réflexe naturel.
Quelle intimité laisse-t-on alors au couple et au nouveau-né ? Les soins à l'enfant se font-ils en présence des parents ? Le père peut-il y participer ? L'intubation systématique des bébés risque d'entraver une bonne mise en place de l'allaitement. Est-il possible de la refuser ? Pendant les deux heures qui suivent l'accouchement, la mère reste en salle de naissance pour surveillance. Lui laisse-t-on le bébé ou le met-on en couveuse ? Par la suite, l'enfant restera-t-il dans la chambre ou dans la nurserie ? Les mères qui choisissent d'allaiter seront-elles aidées ? Seront-elles libres de nourrir à la demande ? Ont-elles l'assurance qu'on ne perturbera pas leur allaitement en donnant un biberon de complément au bébé ?
Enfin, quelle durée de séjour propose-t-on aux accouchées, sachant qu'un retour précoce à la maison est très éprouvant pour des femmes qui ne sont pas aidées ?
Un dernier conseil : ne tardez pas à mener votre petite enquête. Les maternités réputées pour leur ouverture au dialogue peuvent afficher comble avant que ne s'achève votre premier mois de grossesse. Et que les plus timides se rappellent le serment d'Hippocrate : " J'informerai les patients des décisions envisagées, de leurs raisons et de leurs conséquences. "

Bénédicte Fiquet

 



 

 

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