Alternative
Santé - L'Impatient,
le mensuel de votre santé au quotidien. Se soigner autrement grâce
aux ressources des médecines alternatives et naturelles.
Face
au microbe, notre organisme déploie tout un système
de défense.
Le connaître, c'est en améliorer l'efficacité.
Ici, le point de vue d'une homéopathe
En
médecine, en homéopathie ou en oligothérapie,
on appelle " terrain " l'ensemble de nos prédispositions
à réagir. Elles résultent de notre hérédité
: famille d'allergiques, de tuberculeux, de cancéreux ,
et des événements de la vie qui ont marqué
notre corps : vaccinations, traumatismes, carences alimentaires,
stress Tous les hommes ne sont pas égaux dans le
domaine de la santé.
Notre système immunitaire - en l'occurrence respiratoire
- est chargé entre autres de nous défendre et dispose
de nombreuses armes pour cela.
Les
cellules de la muqueuse qui réagissent à l'inflammation
bloquent la diffusion de l'agression sur les lieux mêmes
où elle se produit en fabriquant des substances chimiques
qui détruisent l'intrus ou favorisent son élimination.
Ainsi, j'ai le nez qui coule ou j'éternue pour chasser
les microbes qui attaquent ma muqueuse nasale.
Les cellules lymphocytaires T de la muqueuse sont informées
de l'attaque
et font passer le message dans la lymphe ou le sang, puis aux
ganglions de la paroi de la gorge (les végétations
ou les amygdales) pour amplifier la réponse en recrutant
d'autres lymphocytes, dont ceux qui fabriquent les immunoglobulines
des muqueuses (IgA). Leur rôle est de bloquer les microbes
pour faciliter leur destruction.
À
chacun son " terrain "
Si
cela ne suffit pas, les ganglions satellites du cou sont sollicités
et éventuellement certains médiateurs chimiques
informent le corps entier de l'invasion virale ; nous pouvons
dérégler notre thermostat intérieur
- en faisant de la fièvre pour empêcher la multiplication
des virus.
Les cellules lymphocytaires B des ganglions fabriquent aussi d'autres
anticorps (IgM ou IgG) de plus en plus précis dans leurs
actions contre les agresseurs.
Mais parfois tout ne se déroule pas aussi bien : Les anticorps
produits sont plutôt des IgE qui provoquent des réactions
excessives ou même explosives (crises d'éternuements),
traînantes et peu efficaces : c'est la réaction allergique,
que les homéopathes appellent " psorique " ; Les cellules
immunitaires se multiplient dans les ganglions et les anticorps
sont trop peu nombreux ou inefficaces, d'où des infections
récidivantes : c'est le terrain anergique ou " tuberculinique
" ; Les réactions
inflammatoires se pérennisent et font des suppurations
chroniques plus ou moins enkystées avec des ganglions volumineux
: c'est le terrain " sycotique ". Cela peut être
dû à un recours excessif aux vaccins, aux traitements
corticoïdes ou antibiotiques. L'infection
semble dominer les défenses de l'organisme et les lésions
se creusent avec formation d'ulcérations et de nécroses
qui caractérise le terrain " luétique ".
Bien sûr, cette vision de nos défenses est un peu
simpliste. Mais elle permet d'apercevoir ce que peut englober
cette notion de terrain qui, sans être rigide, oriente le
médecin dans son choix du meilleur remède de fond.
Pour cela, il tient compte des antécédents familiaux
de son patient, de son histoire propre (maladies passées,
accidents, vaccinations), de son lieu de vie (climat sec ou humide,
maison ancienne ou récente avec des plâtres humides),
de ses habitudes alimentaires (certains ne supportent pas le lait,
d'autres les sucres, d'autres détestent le poisson ou les
fruits), etc. Parmi tous ces éléments, l'attention
porte en priorité sur ceux qui sont contemporains de la
survenue des problèmes de santé à traiter.
L'aide
de l'homéopathe
Si
nous disposons dès notre conception de gênes orientant
la qualité de notre système immunitaire, nous pouvons
au cours de notre existence optimiser son fonctionnement ou le
laisser se dégrader ou même le mettre en péril.
Dans l'utérus, nous étions protégés
de beaucoup d'infections et notre muqueuse respiratoire baignait
dans le liquide amniotique. Pendant l'accouchement, la rencontre
des nombreux
microbes vaginaux et périnéaux a mis en route un
long processus " éducatif " qui conduira à
la reconnaissance de nos ennemis et de nos alliés. Mais
une césarienne, ou un traitement antibiotique avant huit
jours, sont déjà une entrave à cette éducation.
En revanche, l'allaitement maternel, ce nectar gorgé d'immunoglobulines,
est le meilleur des départs.