Alternative
Santé - L'Impatient,
le mensuel de votre santé au quotidien. Se soigner autrement grâce
aux ressources des médecines alternatives et naturelles.
On
découvrait il y a quelques années que " le
bébé est une personne ". On commence à
s'apercevoir que, devenu adulte, et même diminué
par la maladie, le patient ne doit pas être maintenu dans
une situation infantilisante ! Le paternalisme fréquent
des milieux médicaux n'est plus de saison Le projet
de loi sur les nouveaux droits des malades, présenté
par Bernard Kouchner au conseil des ministres du 5 septembre,
traduit cette nécessaire révolution des mentalités.
C'est une incontestable avancée.
On
pourrait ironiser, souligner que le libre accès au dossier
médical, nous le demandons depuis plus de vingt ans ; que
ce fut l'une des premières revendications de notre journal
et que notre pétition avait recueilli, à l'époque,
plus de 60 000 signatures Le projet de loi va dans le bon
sens. Il " autorise toute personne à accéder
directement et personnellement aux informations médicales
les concernant détenues par des professionnels ou établissements
de santé - notamment du dossier médical [ ]
: comptes rendus divers, résultats d'examens, feuilles
de surveillance, correspondances entre professionnels [ ]
".
Enfin le patient va pouvoir accéder aux informations qui
touchent à sa vie et dont dépendent son avenir et
celui de ses proches. Enfin celui qui " veut savoir ",
parce qu'il en va de sa dignité d'homme et parce que c'est
" sa " maladie, pourra entamer un dialogue de vérité
avec soi-même et avec ceux qui sont là pour l'aider
dans cette traversée du doute, de la souffrance et de l'épreuve.
L'autre point fort du projet est l'indemnisation de l'aléa
thérapeutique. Serait mise en place " une procédure
amiable de règlement des litiges en cas d'accident médical,
d'infections nosocomiales (maladies contractées à
l'hôpital - Ndlr) ou d'affections iatrogènes (par
exemple les effets néfastes de plusieurs médicaments
- Ndlr). Toute personne s'estimant victime d'un accident médical
pourra saisir une commission régionale quelle que soit
l'origine du dommage - acte médical ou produit de santé
(médicaments, vaccins -Ndlr) - et quel que soit le lieu
où il s'est produit - hôpital, clinique, cabinet
médical ". " Si le préjudice présente
une certaine gravité [ ] une offre d'indemnisation
sera proposée. " Cela n'empêchera pas les procès,
mais devrait atténuer les tensions entre médecins
et patients, l'inquiétude des premiers et la suspicion
des seconds. La relation thérapeutique devrait en être
améliorée.
Il est rappelé dans le projet que le patient doit être
dûment informé, et apporter son " consentement
libre et éclairé ". Cette disposition devrait
avoir un effet pédagogique : la médecine n'est pas
tout puissante, elle ne peut pas tout. Chacun est responsable
de sa santé.
L'ordre
des médecins est réformé partiellement. Pour
être conforme au droit européen, les chambres disciplinaires
seront confiées à des magistrats. Le plaignant -
l'usager - pourra se faire assister par un avocat et faire appel
(ce qui n'est pas possible actuellement).
Autant d'évolutions intéressantes, si le vote de
l'Assemblée nationale ne vient pas en limiter les aspects
novateurs, ni les décrets en brouiller l'application. Ces
textes seront débattus en octobre, tout devrait être
bouclé début janvier. Avant les élections.
De telles mesures n'en cantonnent pas moins l'action du ministère
à un rôle de gestionnaire de notre système
de soins. À quand un vrai ministère de la Santé
- et non de la gestion de la maladie - ? Quand, en son temps,
Claude Evin, ministre de la Santé, promulguait des lois
visant à limiter la consommation d'alcool et de tabac,
il initiait une véritable politique de santé. Bernard
Kouchner, lui, guerroie dans le pré carré - ô
combien périlleux, c'est vrai - des médecins et
du système de soins.
C'est
en amont, à l'origine des maladies qu'il faut s'attaquer.
Un exemple. On recense près de 3 millions d'asthmatiques
en France, dont 1 million d'enfants environ (voir notre prochain
hors-série de novembre sur les pollutions et la santé),
et 2 000 décès annuels. Que fait-on pour lutter
efficacement contre la pollution automobile et les pollutions
intérieures ? On tente d'améliorer les soins, on
recherche de nouveaux médicaments, on dépense des
milliards, sans s'en prendre aux racines du mal.
Ces
réformes n'expriment pas une vision globale de la santé.
On répare, on rafistole quand le mal est fait.
Par ailleurs, aucune ouverture n'est prévue vers les médecines
" alternatives ". Elles n'existent pas aux yeux du ministère.
Faudra-t-il encore attendre longtemps pour les reconnaître,
comme l'ont déjà fait plusieurs pays européens
? Nos lecteurs le réclament. Ils sont las de payer de leur
poche, alors même que leur approche globale de la santé
leur donne d'être parmi les citoyens les plus économes
en matière de soins. Là aussi, des évolutions
- sinon des révolutions - sont nécessaires, nous
n'attendrons pas vingt ans pour les voir aboutir.