Alternative
Santé - L'Impatient,
le mensuel de votre santé au quotidien. Se soigner autrement grâce
aux ressources des médecines alternatives et naturelles.
Pour
la première fois, un projet de loi place la chirurgie esthétique
sous haute surveillance. Banalisées par des publicités
racoleuses, les opérations esthétiques séduisent
de plus en plus les jeunes. Mais, en dépit de l'amélioration
des techniques, des échecs parfois gravissimes continuent
de se produire.
Elle
se trouvait un peu ronde côté ventre. Elle avait
eu le nom d'un chirurgien d'une clinique parisienne par une cousine.
En juin dernier, Louisa (nous avons changé son prénom
pour respecter son anonymat, ainsi qu'aux autres victimes présentées
dans cette enquête) fait le voyage exprès depuis
la Martinique pour se faire opérer à Paris, dans
une clinique du XVIe arrondissement. Tout a été
réglé par téléphone et fax : 20 000
francs pour une plasti-abdominale.
Le
5 juin, elle est dans le cabinet du chirurgien. Premier contretemps
: " Impossible de vous faire l'opération prévue
si vous repartez dès le 17 juin : trop court pour récupérer
", lance le praticien. Qui lui propose illico à la
place et pour le même prix une quadruple lipo-aspiration
: ventre, abdomen, hanche, dos. " Vu votre morphologie, c'est
exactement ce qu'il vous faut ! " Elle hésite. Il
lui montre des photos " avant/après " superbes.
Il emporte le morceau avec l'aura
de sa blouse blanche ; "Rassurez-vous, cela va très
bien se passer !"
Tout
va ensuite très vite. Deux jours après, elle entre
en clinique. Elle est sur la table d'opération à
10 heures. On lui avait dit qu'elle se réveillerait à
13 heures, elle sort du potage à 20 heures. Elle a très
mal à la gorge, elle vomit, elle se rappelle que c'était
rouge. On la met sous masque à oxygène. Cela ne
s'améliore pas pour autant. Le chirurgien la rassure, encore
et toujours : " On a un petit souci mais rassurez-vous, on
vous emmène aux urgences par précaution. "
Samu, hôpital Cochin, service de réanimation. Elle
y passera quatre jours avant d'être transférée
en pneumo. " Vous avez été mal opérée.
Ce n'est pas la première fois que nous récupérons
des post-opératoires victimes de complications ",
lâche, furieux, le médecin hospitalier qui l'a prise
en charge.
"
Si on m'avait prévenue du moindre risque "
Le
cauchemar s'achèverait-il ? Non. Louisa quitte Cochin avec
le feu vert des toubibs, la fièvre étant tombée.
Elle reprend l'avion. Mais, à son arrivée en Martinique,
elle souffre toujours. Elle consulte son kiné. Il la fait
hospitaliser d'urgence. À l'hôpital, on lui explique
qu'on la garde car il y a un " risque d'embolie pulmonaire
". Louisa est traumatisée. À 41 ans, elle qui
était en excellente forme et n'avait eu aucun pépin
de santé, voulait juste un petit coup de jeune au niveau
de l'abdomen. " Si on m'avait prévenue du moindre
risque, jamais je n'aurais accepté l'opération.
"