Alternative
Santé - L'Impatient,
le mensuel de votre santé au quotidien. Se soigner autrement grâce
aux ressources des médecines alternatives et naturelles.
"Supprimer
la culotte de cheval" :
de l'usage d'une mention interdite
La
clinique du Rond-Point des Champs-Elysées s'est retrouvée
à plusieurs reprises récemment dans le collimateur
de la justice, de l'Ordre des médecins et des inspecteurs
de la Dass et de la DGCCRF. Côté Ordre des médecins,
quatre des dirigeants ont fait l'objet au cours des dernières
années d'une suspension provisoire d'exercice, sanction
rare et particulièrement lourde, cela en général
pour non-respect de la déontologie médicale. Par
ailleurs, en mai dernier, l'un des dirigeants de la clinique a
été condamné (arrêt de la cour d'appel
de Paris, 29 mai 2001) à une peine exceptionnellement lourde
dans ce secteur - 400 000 francs d'amende - pour publicité
mensongère ; un jugement qui confirmait d'ailleurs le verdict
précédent du tribunal correctionnel. L'intéressé
s'est pourvu en cassation.
Le tribunal à cette occasion a épinglé nombre
de pratiques hors la loi : la clinique du Rond-Point des Champs-Elysées
indiquait dans ses publicités qu'elle était "agréée
par le ministère de la Santé". Faux : aucun
agrément de ce type n'existe pour ce type d'établissement.
Les juges ont aussi pointé d'autres formules mensongères
: les prétendus "meilleurs spécialistes"
que mettait en avant l'établissement n'étaient parfois
que généralistes. L'épilation "définitive"
n'en était pas, cela n'existe pas. Quant aux sociétés
savantes qui apportaient une sorte de caution professionnelle
à l'établissement ("Société française
de développement esthétique", "Fédération
internationale d'esthétique médicale"), les
enquêteurs ont prouvé qu'il s'agissait d'associations
fantômes créées par les dirigeants de la clinique
à des fins strictement commerciales.
Un an plus tôt (le 4 juillet 2000), c'est l'Agence française
de sécurité sanitaire des produits de santé
(Afssaps) qui avait interdit à la clinique de continuer
à faire de la publicité en utilisant des slogans
qui ne reposaient sur aucune " preuve scientifique "
démontrée par cet établissement. Cette décision
a été publiée au Journal officiel le 4 août
2000. Les arguments interdits avaient de quoi rassembler tous
les suffrages : "Se débarrasser de la cellulite de
façon durable ; [ ] en éliminant définitivement
la cellulite ; supprimer la culotte de cheval ; enlever le double
menton [ ] le résultat [ ] est définitif
; le Botox : il agit sur les muscles du front afin de supprimer
leurs contractions ; la calvitie vaincue [ ], une solution
définitive [ ] la solution radicale contre la calvitie."
Bref, tout est réparable, il suffit de passer sur le billard.
Autre affaire récente, le pdg de la clinique du Rond-Point
des Champs-Elysées a, le 2 mai 2001, été
condamné à 20 000 francs d'amende par le tribunal
correctionnel de Paris pour discrimination à l'emploi,
suite à une offre qu'il réservait à des "chirurgiens
étrangers", offre parue dans un journal médical.
Le tribunal a notamment souligné que le recours à
des chirurgiens étrangers, dont les titres ne sont pour
certains pas reconnus sur le territoire français, permettait
à cet établissement de " bénéficier
d'une main-d'uvre très qualifiée [ ]
moyennant un salaire modeste, nullement comparable à celui
qu'il aurait dû verser à un médecin ou à
un chirurgien français ". Le pdg de l'établissement
peut toutefois faire appel.
Enfin le Syndicat national de chirurgie plastique reconstructrice
et esthétique (SNCPRE) a, en mai dernier, alerté
la DGCCRF sur le fait que quatre médecins, toujours les
dirigeants de la clinique du Rond-Point des Champs-Elysées,
se sont inscrits cette année dans l'annuaire de France
Télécom sous la rubrique "Chirurgie plastique
reconstructrice et esthétique" et cela " de façon
mensongère [ ] alors qu'ils ne sont absolument pas
chirurgiens plasticiens".