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aux ressources des médecines alternatives et naturelles.
Apprendre
à vivre avec le diabète :
est la finalité des séjours de vacances organisés
par l'Association des jeunes diabétiques (AJD). Reportage.
Mardi
17 juillet 2001, 20 heures, manoir de Saint-Marcouf, à
Gouville-sur- Mer, en Normandie. Le niveau sonore est élevé
dans la salle qui fait office de restaurant. Cinquante-neuf enfants
âgés de six à onze ans racontent leur journée.
Ils sont là depuis bientôt trois semaines, encadrés
par une équipe de soignants et d'animateurs. Ce qui les
réunit est une maladie qui s'est déclarée
un beau jour, sans prévenir. Ils la porteront toute leur
vie. C'est le diabète sucré ou diabète insulinodépendant
(DID), qui se caractérise par un déséquilibre
glycémique et par un risque de graves complications si
ce taux n'est pas stabilisé.
Ces enfants ressemblent apparemment aux autres. Mais, à
vivre avec eux, on découvre que chacune de leurs journées
est scandée par trois analyses de sang et d'urine, suivies,
selon les résultats, d'une injection d'insuline. On ne
guérit pas du diabète sucré, pour le moment.
Apprendre à vivre avec lui est une nécessité
vitale. Il n'y a pas d'autre choix possible que l'acceptation,
l'apprentissage des gestes quotidiens à accomplir et, au
bout du compte, l'autonomie. Les séjours de vacances organisés
par l'Association des jeunes diabétiques (AJD) répondent
à cette mission éducative.
Aucune
blouse blanche ne vient distinguer le médecin de l'infirmier
ou de l'animateur. Le programme d'activités est le même
que celui d'une banale colonie de vacances. Simplement, dans chaque
bâtiment, une chambre a été transformée
en infirmerie. C'est là qu'ont lieu les analyses et que
viennent se reposer les enfants souffrant de malaises. "
Plus les réflexes sont acquis tôt, plus facile sera
le passage à la puberté, et les risques de complication
seront repoussés d'autant ", explique Virginie Vernaz,
médecin généraliste, directrice de ce centre
de vacances, elle-même diabétique. " Une fois
la maladie acceptée, ce qui compte c'est de mener sa vie
comme l'on veut. Il ne faut surtout pas se restreindre. C'est
le diabète qui doit s'adapter à la vie et non l'inverse.
On peut faire ce que l'on veut mais il faut connaître les
risques et toujours avoir son matériel avec soi. "
Toute l'équipe d'encadrement a intégré ces
objectifs. Ils sont cinq par groupe d'enfants : un animateur (trice),
un infirmier (ière), un médecin stagiaire et deux
élèves infirmiers (ières). " Le but
est qu'ils n'aient plus besoin de nous. Ils iront bien sûr
à l'hôpital, en cas de coma ou de complications ",
complète Mohamed, infirmier et étudiant en DESS
d'éducation du patient.
Des
symptômes qui ne trompent pas
À
table, les enfants parlent beaucoup de leur maladie. Extraits
: " Tu avais combien ce matin au "dextro" (examen
de glycémie)? Moi : 3,20. Je suis souvent en "hyper".
Dans ce cas, j'ai mal à la tête, je suis fatiguée.
Mon record, c'est 5,21 ", dit Gisèle, 9 ans. "
Quand je fais une "hypo", je fais un "dextro"
et, selon les résultats, je mange un sucre ou un biscuit,
puis je me repose les bras croisés sur mon pupitre et je
reprends le cours ", explique Mélanie, 9 ans et demi.
Samantha reconnaît qu'elle aime bien les "hypos"
car, dans ce cas, sa tante lui donne une tartine de Nutella®
!
Tous ont eu, du jour au lendemain, les mêmes symptômes
qui ne trompent pas : une grande fatigue, une envie excessive
de boire, très chaud, un besoin d'uriner anormal et, selon
les termes de Thierry Trégouet, médecin chef d'un
service hospitalier de moyen séjour à Nantes et
médecin adjoint pour ce séjour AJD, une haleine
" pomme reinette ". La conversation rebondit sur l'expédition
de la veille à l'île de Chaussey. L'émerveillement
se lit sur leur visage. Récit : " À midi, on
a fait les analyses dehors sur le port et les injections sur le
bateau. On a déjeuné sur le bateau (on a vu des
dauphins !) puis on a fait le tour de l'île. On a goûté
à quatre heures, repris le bateau à six heures,
puis le car à sept heures. On a fait les analyses du soir
avant le dîner, dans le car. " Les injections ont été
faites à l'arrivée au manoir...
Le
diabète gestationnel
Le Dr Jean-Pierre Cornet a longtemps exercé à la
maternité des Bleuets, à Paris. Maître de
conférence en médecine générale à
la Salpêtrière, il anime aujourd'hui un réseau
de prise en charge du diabète.
Matériels,
procédés, molécules nouvelles les chercheurs
s'activent.
Les
pompes à insuline ou pancréas artificiel
Aujourd'hui, il existe deux sortes de pompes à insuline
: externes ou implantées. Portées à l'extérieur,
elles sont réglées manuellement et délivrent
l'insuline par voie sous-cutanée. Il suffit de changer
l'aiguille tous les deux jours, mais l'assimilation de l'insuline
dans le tissu sous-cutané est variable.
Insuline
et antidiabétiques ne suffisent pas à stabiliser
le diabète. Une
alimentation saine et équilibrée associée
à une activité physique régulière
font partie intégrante
du traitement.
L'alimentation joue un rôle fondamental dans le traitement
du diabète. Bien équilibrée, c'est elle qui
peut limiter l'augmentation de la glycémie après
le repas et les hypoglycémies à jeun.
Elle pourrait même éviter, dans la moitié
des cas, selon les médecins, la prise d'antidiabétiques
pour les diabètes de type II où la perte de poids
constitue le premier remède.
La pratique d'un sport ou d'une activité physique régulière
est aussi indispensable que l'équilibre du régime
alimentaire.
Virginie
Vernaz
" Sans le diabète, je ne serais pas la même
"
Virginie
Vernaz est généraliste et médecin-directeur
à l'association Aide aux jeunes diabétiques (AJD).
Le diabète est une maladie qu'elle connaît bien ;
elle en est atteinte.