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Gymnastique
douce, danse, art martial, le kinomichi est aussi un contact avec
un partenaire.
"Kinomichi"
signifie littéralement "la voie du Ki". Un concept
japonais que l'on traduit généralement par "énergie
vitale", "souffle", voire "âme",
faute d'un équivalent exact en langue française.
Mais le mieux est sans doute d'ignorer les dictionnaires car,
pour ce terme, il n'y a meilleure définition que les sourires
et le ravissement de ceux qui s'adonnent à cette pratique.
Un art du mouvement créé par Masamichi Noro en 1979
et conçu comme une passerelle entre l'Orient et l'Occident.
Ni tout à fait une gymnastique douce, ni tout à
fait une danse, ni tout à fait un art martial
"Arrivé en Europe dans les années 60 pour diffuser
le aïkido, à la demande de son fondateur, mon maître
Morihei Ueshiba, j'ai d'abord été frappé
par la profonde solitude de l'homme occidental, se souvient Masamichi
Noro. Puis, au fil des années, j'ai ressenti un malaise
grandissant à enseigner cet art martial que les Occidentaux
envisageaient d'abord comme compétitif et agressif. Jusqu'à
ce que j'éprouve la nécessité de créer
une discipline fondée sur la recherche d'harmonisation "
Présence
à l'autre, présence à soi : le contact
Dans
cette perspective, Masamichi Noro a substitué aux principes
"attaque-défense", "activité-passivité",
celui de contact. Contact avec le sol, avec une canne, un sabre
ou un boken (sabre de bois), mais surtout contact avec un partenaire."C'est
la condition même de la sensation, le point de rencontre
entre l'intérieur et l'extérieur", explique
Daniel Roumanoff qui, pour le distinguer du toucher, n'hésite
pas à citer Gerda Alexander, fondatrice de l'Eutonie :
"Par le contact nous dépassons consciemment la limite
visible de notre corps, alors que par le toucher nous restons
à la périphérie de la peau. Par le contact
nous incluons dans notre conscience l'espace environnant."
Avant la rencontre effective avec le partenaire, qui s'effectue
main contre main, une qualité de présence à
soi-même et l'ouverture à l'autre sont incontournables.
"Il y a dans cette situation un énorme travail psychologique
à faire, qui s'il est occulté risque d'hypothéquer
toute l'évolution ultérieure" précise
l'instructeur Raymond Murcia. À terme, le contact - ou
autrement dit la perception réciproque de la pleine présence
de l'autre - doit aussi pouvoir se réaliser à distance,
au-delà du toucher. Et pour ce faire Masamichi Noro insiste
sur le nécessaire "lâcher prise" de l'égo.
Tout un programme !