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DECEMBRE 2001

 


Dossier stress

 

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vivre sous la pression

 


Les nouvelles technologies (recherches et attentes sur internet, courriels en rafales, pannes de matériel et "bogues" divers…), les 35 heures, les rapports conflictuels avec le public (caissières, guichetiers…) sont sources de nouveaux stress.

Avec la réduction du temps de travail, l'arrivée des nouvelles technologies, la moindre pénibilité des tâches et la sortie de la crise économique des années 90, on pouvait penser que l'amélioration des conditions de travail était sérieusement en vue. Il n'en est rien. De nombreuses études révèlent, au contraire, leur dégradation et corrélativement une augmentation des problèmes de santé mentale liés au stress.
Dans un sondage paru dans Liaisons sociales, en septembre 2000, 11% des salariés déclarent avoir été en arrêt maladie à cause du stress et 72% ressentir de la pression. Plus récemment, un rapport du Bureau international du travail (BIT) a calculé le coût des problèmes de santé mentale d'origine professionnelle. Il atteindrait entre 3% et 4% du produit intérieur brut des pays de l'Union européenne. En Finlande, plus de la moitié de la population active présente des symptômes de stress : angoisse, états dépressifs, douleurs et troubles du sommeil et 7% souffrent d'un surmenage grave. Au Royaume-Uni, près de trois salariés sur dix connaissent chaque année des problèmes de santé mentale. En Allemagne, les pathologies à caractère dépressif seraient à l'origine de 7% des départs à la retraite anticipée.
Aux États-Unis, plus d'un adulte sur dix en âge de travailler est atteint de dépression. Cette étude, menée dans des pays soumis à des modes d'organisation du travail et à des régimes de protection sociale différents, montre la forte prévalence du stress, du surmenage et des troubles dépressifs liés aux changements qui se produisent sur le marché mondial du travail, sans parler de la pression exercée par nos modes de vie familiale.
Les facteurs sont de tous ordres : "conjoncturel", "organisationnel", "managérial", etc. Nous en retiendrons quelques-uns.

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savoir s'adapter

Positif ou négatif, le stress nous fait vivre. Il ponctue notre quotidien. Un peu de stress ça va, beaucoup…
Petite plongée dans les profondeurs du phénomène.

"Réaction d'un organisme vivant aux sollicitations de l'environnement" : telle est la définition classique du stress, dénommé à l'origine "syndrome général d'adaptation" (SGA) par son découvreur Hans Seyle en 1923. Depuis, de nombreuses écoles se sont penchées sur cette manifestation qui engage l'homme dans son entier (son corps, ses émotions et sa pensée). Aujourd'hui, tout le monde s'accorde à dire que le stress désigne à la fois l'agent stresseur (l'embouteillage de dernière minute, la menace d'huissiers, l'attente de résultats d'examens médicaux ou universitaires, la brûlure, le froid, etc.) et la réaction d'adaptation de l'individu (fuite, affrontement, report).
Le facteur de stress est aussi interne à l'homme. Autrement dit, il est parfois sécrété par l'homme lui-même sous le coup d'émotions (angoisse, anxiété ou peur), de pensées automatiques. Il peut provenir aussi de la perspective d'un événement heureux comme un mariage, la naissance d'un enfant ou une promotion professionnelle.

"Le stress, c'est la vie"

Pour résumer, le stress est la capacité de s'adapter au changement. C'est grâce à lui que nous sommes en vie. Selon les émotions qui l'accompagnent, il est bien ou mal vécu. C'est pourquoi il n'y a pas de "bon" ou de "mauvais" stress comme il est d'usage de le dire, mais des stressés heureux ou malheureux. Le Dr Soly Bensabat parle de stress positif dans le cas où "une réaction [est] adéquate, harmonieuse, adaptée, mesurée, proportionnelle à la situation et normalement exprimée sans violence, agressivité ni inhibition même s'il n'est pas a priori une joie". Dans le cas contraire, le stress est négatif. Et, quand quelqu'un se déclare "stressé", il veut dire en langage courant qu'il gère mal son stress.

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le dur métier d'écolier

Arriver à l'heure à l'école, avoir de bons résultats, ne pas être considéré comme un "nul"… Nos enfants aussi sont stressés. Et si, au lieu d'accroître la pression, nous leur faisions confiance ?

Le stress existe aussi chez les enfants. Mais personne n'ose en parler. Ni les parents qui refusent cette possibilité ni les professionnels. "Pourtant les agents stresseurs, les symptômes et les pathologies sont là", affirme Gisèle George, pédopsychiatre, auteure d'un livre sur le stress des enfants à l'école, à paraître prochainement.
Il suffit d'analyser le contenu d'une journée d'enfant pour y mesurer l'étendue des dégâts. Les manquements à l'horaire sont une grande cause de stress, à cause de la peur des réprimandes, du regard des autres (l'enfant va-t-il oser entrer en classe, y être accepté ?).
Autres stress : l'attention soutenue, six heures environ par jour ; la pression de la performance et du contrôle ("les boules" de la dictée, par exemple) ; la pression des copains (moqueries, insultes, violences, racket) ; les violences et l'agressivité à la récré ; environ 35 heures de travail par semaine, devoirs compris; la violence verbale ou l'agressivité de certains enseignants; le stress des parents (leur propre stress ajouté à l'inquiétude quant aux performances de leur enfant) ; la sur-qualification ; la sous-qualification, etc. "On a retrouvé les mêmes facteurs de stress chez l'enfant scolarisé que ceux rencontrés chez les salariés d'entreprise", remarque Gisèle George.

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choisir les bons aliments

Une saine alimentation et le respect de nos rythmes biologiques participent à la prévention du stress et aux moyens d'y faire face.

Opter pour un aliment le plus naturel possible, c'est-à-dire ayant subi le moins possible de transformations, dont une cuisson la moins agressive qui soit. Parmi les transformations qui dénaturent les aliments, citons l'introduction d'additifs de toutes sortes : conservateurs, émulsifiants, arômes, colorants, etc. À ces substances s'en ajoutent d'autres : celles issues de l'agriculture conventionnelle -intensive-, comme les pesticides, celles issues de la pollution de l'air et de l'eau, comme les métaux lourds, les dioxines…
"Tous ces éléments sont producteurs de stress car, chaque fois que l'organisme est soumis à des substances non physiologiques, ce mécanisme s'enclenche afin de mobiliser l'énergie nécessaire aux adaptations indispensables", souligne Marianne Lacroix, naturopathe. Cette réaction puise alors dans les réserves en oligoéléments, vitamines, minéraux. C'est pourquoi il est d'autant plus nécessaire d'en pourvoir en bonne quantité notre alimentation.


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