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B onne
mécanique bien huilée, concentré, Herminio
(photo
ci-contre) donne tout, puissamment, efficacement, har-monieusement.
De dos, il fait penser à un cycliste montant en danseuse
les derniers kilomètres d'un col. Son buste roule : gauche,
droite, gauche, droite, les trapèzes se tendent, entraînant
le balancement des bras; le reste du corps suit : genoux et jambes
se plient en mesure, impulsant le mouvement au kayak qui avance
sans heurt, calé sur l'élan du rameur. "20
secondes, 15,
10,
repos, clame l'entraîneur
C'est bon pour aujourd'hui, on rentre à la base."
Fin de l'heure d'entraînement sur la Maine (Maine-et-Loire)
!
Herminio
Chauveau, 19 ans, fait partie de l'équipe de France de
canoë-kayak. C'est actuellement l'un des meilleurs espoirs
français de médaille pour les jeux Olympiques d'Athènes
en 2004. Comme la vingtaine d'athlètes du Pôle France
d'Angers (l'un des trois pôles français de canoë-kayak),
il se prépare à raison de 20 heures hebdomadaires.
Musculation complète, footing, piscine, et séances
sur l'eau. Un programme qui ne souffre aucune interruption -ni
dimanche, ni vacance- pour être prêt le jour J, prendre
quelques dixièmes de secondes sur ses concurrents, les
devancer de quelques centimètres sur 500 ou 1000 mètres
!
Même
problème pour les danseurs de l'opéra
Il
faut avoir un grain de folie pour supporter une telle pression
et faire subir à son corps d'aussi grandes violences. Il
faut aussi être très bien encadré humainement,
psychologiquement et médicalement. Pour cela l'ostéopathie
est reine. "Pratiquement 75% des sportifs de haut niveau
-tous sports confondus, et aussi les danseurs d'Opéra-
sont suivis par un ostéopathe, affirme Jean-Marc Gérardy,
de Nîmes, qui s'occupe de l'équipe de France féminine
de handball. L'ostéopathie permet de libérer les
tensions (liées aux vécus traumatiques), d'éliminer
le stress, de récupérer des chocs (tendinalgies,
blessures articulaires
) afin que l'athlète soit au
mieux de sa forme."
Ostéopathe de l'équipe de canoë-kayak d'Angers,
Muriel Corde confirme les propos de son confrère. Cet après-midi,
elle reçoit Frédéric Gauthier, demi-finaliste
en kayak à Sydney l'an passé. Il a été
victime d'un début d'entorse à l'épaule,
contractée lors d'une séance de musculation. Il
est kinésithérapeute de profession.
"Seuls
les tissus savent
"
Un
petit bout de femme, Muriel, pas du tout intimidée par
la taille et la masse musculaire de Frédéric. Calmement,
elle lui prend les talons, un dans chaque main, et lui soulève
les jambes. Les yeux clos, elle vérifie, en les sollicitant
doucement, la mobilité des chevilles, des genoux, des hanches,
apprécie les déséquilibres entre les deux
membres. "Très souvent, les kayakistes présentent
des troubles au-niveau du sacrum et du périnée,
car cette zone sert de pivot dans l'effort, et le moindre déséquilibre
peut s'y inscrire, occasionnant des troubles intestinaux, des
contractions inopportunes, une perte de mobilité que l'organisme
compense par ailleurs." Pas de problème à ce
niveau pour Frédéric !
Muriel
arrive à l'épaule malade.
"La douleur perce quand je lève les bras. Je me suis
fait des massages, pour lutter contre l'inflammation je me suis
servi de froid, mais je ne vois pas d'amélioration",
explique Frédéric. Du bout des doigts, Muriel sent,
palpe, suit le cheminement des tensions. De l'épaule, elle
descend vers le sternum, l'attache des côtes.
"Là, s'exclame-t-elle, les tissus tirent anormalement,
ce qui peut expliquer ton problème." Ses doigts travaillent
la région incriminée, tentant d'y faire revivre
le mouvement, la fluidité, la liberté. Ses doigts
relâchent ici leur pression pour chercher ailleurs les tensions.
"Seuls les tissus savent, sourit Muriel. La formule n'est
pas de moi, mais d'un grand maître de l'ostéopathie.
Il parlait également de "l'il du cyclone"
pour dire que là où naît la difficulté
est rarement l'endroit qui souffre."
"Vérifier
qu'il n'y ait pas d'autres causes"
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