Alternative
Santé - L'Impatient,
le mensuel de votre santé au quotidien. Se soigner autrement grâce
aux ressources des médecines alternatives et naturelles.
Syndrome
de fatigue chronique, spasmophilie, fibromyalgie , ces maladies
ne sont pas faciles à identifier et à traiter. Des
victimes en témoignent.
Syndrome
de fatigue chronique
Joël,
29 ans
"À la suite d'une mononucléose infectieuse
avec complication hépatique contractée en 1993,
j'étais très abattu. La fatigue s'installait : 3
mois, 6 mois, 2 ans Je finissais par m'y habituer."
Bien que diplômé en ingénierie électronique,
Joël ne peut pas poursuivre dans cette voie, il se consacre
alors à sa passion : la musique. En 1998, son état
s'aggrave brutalement. Des douleurs musculaires paralysantes viennent
s'ajouter à sa fatigue. "Je n'avais pas l'air malade,
ni même fatigué, mais je n'arrivais plus à
marcher plus de 25 minutes. Les médecins étaient
désemparés. Je ne savais pas ce que j'avais. J'étais
à cette époque dans le plus grand isolement social,
moral et affectif. Je ne parlais plus aux autres de ma fatigue,
car ils ne pouvaient pas me comprendre. Et puis j'avais honte
de mes trous de mémoire "
En
1999, il tombe sur le témoignage d'une personne atteinte
du syndrome de fatigue chronique et reconnaît ses symptômes.
Il apprend enfin de quoi il est atteint grâce à l'Association
française du syndrome de fatigue chronique et de fibromyalgie.
Aujourd'hui, son état physique continue de s'aggraver car
on ne sait toujours pas traiter
cette maladie. "J'ai des périodes d'épuisement
total où je dois rester alité 10 jours durant. Je
ne récupère pas après l'effort. Par exemple,
si je marche plus de 100 mètres par jour, je suis ensuite
obligé de me reposer 4 jours. J'ai parfois recours à
un fauteuil roulant, mais je garde espoir. La vie est pleine de
joies, de victoires: réussir à aller à un
concert, retrouver un emploi de professeur de guitare Et
puis grâce à l'association, en janvier 2002, a eu
lieu la première journée scientifique consacrée
au syndrome de fatigue chronique J'ai la foi et ma vie spirituelle
est de plus en plus intense. Je me sens riche de ça. Et
puis ça m'amuse de penser que si je guéris, je vais
gagner en force alors que les autres eux vont vieillir et être
de plus en plus fatigués !"
Spasmophilie
Marie-Josée,
46 ans
"En 1970, à l'âge de 15 ans, en apprenant la
mort brutale de mon petit ami, j'ai fait ma première crise.
Dès lors, ma qualité de vie s'est dégradée.
Sans raison, j'étais de plus en plus souvent sujette à
des attaques de panique, des chutes de vitalité, des tachycardies,
des pertes de mémoire, des crampes, des troubles digestifs "
En 1975, un médecin met enfin un nom sur ses symptômes
: spasmophilie. "Pour moi, ce n'est pas vraiment une maladie,
c'est davantage un mal-être. Bien sûr, il y a un terrain:
une hypersensibilité, des carences en oligoéléments
et métaux, mais c'est surtout un carcan qui étouffe
notre "moi" profond. L'aide ne peut pas venir que de
l'extérieur : il ne suffit pas d'absorber un médicament."
Pourtant, les premiers traitements qu'on lui propose sont des
cures de calcium, de magnésium et des anxiolytiques. Devant
leur inefficacité, elle essaie l'homéopathie, l'ostéopathie
"C'est grâce à un naturopathe, rencontré
en avril 2001, par le biais de l'association "Spasmophilie
et sérénité" que je suis sur la voie
de la guérison." Doublée d'une psychothérapie,
que Marie-Josée conseille à tout spasmophile, la
naturopathie lui apprend à suivre une nouvelle hygiène
de vie, tant alimentaire que sportive, et à s'ouvrir à
la créativité pour retrouver la pleine possession
de son "moi" profond. "La solution était
en moi. Mais c'est difficile d'aller se chercher soi-même,
c'est pourquoi il est dur de sortir de la spasmophilie. Mais quand
on y arrive, la vie n'a plus le même goût : hier,
j'avais peur d'aller chercher mon pain. Aujourd'hui, je prends
seule les transports en commun."
Fibromyalgie
Maurice,
49 ans
"Je
ne peux plus exercer mon métier de mécanicien normalement,
parce que je me réveille souvent plus fatigué que
la veille et que je souffre de violentes douleurs musculaires."
Fibromyalgique depuis 1990, il est d'abord l'objet de nombreux
examens, prélèvements musculaires, ponctions lombaires
et autres analyses. En 1998, un neurologue met enfin un nom sur
sa souffrance. Soulagé de savoir ce qu'il a, il déchante
vite lorsqu'il apprend que sa maladie est encore mal connue et,
surtout ni reconnue, ni prise en charge par la Sécurité
sociale. "Aucun traitement efficace n'est, à ce jour,
connu, alors on se débrouille avec des antalgiques et autres
antidouleurs. Le pire, c'est que cette maladie est invisible.
En me voyant, avec ma bonne carrure, personne n'arrive à
imaginer que je suis malade. Alors, les conseils fusent: "Mais
non tu n'as rien, c'est dans ta tête ! On pense que vous
êtes un "tire-au-flan"." D'arrêt maladie
en arrêt maladie, Maurice souffre également de la
pression d'une société qui demande toujours davantage
de compétitivité. "C'est dur d'être atteint
d'une maladie sans symptôme apparent, sans trace dans les
analyses, que seul le patient ressent et dont les médecins
ignorent tout. On se sent très seul." En colère
de ne plus pouvoir être aussi actif qu'avant et de ne pas
pouvoir être identifié comme malade, Maurice met
tous ses espoirs dans l'Association des fibromyalgiques de Bourgogne-Franche-Comté
qui a pour but d'informer sur la maladie et de la faire reconnaître
auprès du ministère de la Santé : "Ça
serait déjà ça!"