Alternative
Santé - L'Impatient,
le mensuel de votre santé au quotidien. Se soigner autrement grâce
aux ressources des médecines alternatives et naturelles.
Les
aliments qui ont la faculté de diminuer le cholestérol
et de protéger des maladies cardiovasculaires.
S'il
est conseillé de réduire sa consommation de beurre
et de viande, toutes les graisses ne sont pas à proscrire.
Certains acides gras sont reconnus pour abaisser le taux du mauvais
cholestérol (LDL) et pour augmenter le bon cholestérol
(HDL). Il s'agit des acides gras mono-insaturés dont le
plus répandu est l'acide oléique que l'on trouve
en grande quantité dans l'huile d'olive, mais aussi dans
les huiles de colza et d'arachide, dans les noisettes et amandes,
l'avocat, la graisse d'oie, la volaille, la noix de macadamia.
D'après le PrMaurice Cloarec, membre fondateur de l'Arcol
(Comité français de coordination
des recherches sur l'athérosclérose et le cholestérol.)
et ancien chef de service des pathologies métaboliques
et vasculaires de l'hôpital Tenon, à Paris, il convient
de leur accorder quotidiennement une ration équivalente
à la moitié des graisses totales.
Les
acides gras polyinsaturés (ou acides gras essentiels) (
Ce sont des acides gras indispensables à l'organisme et
que nous sommes incapables de fabriquer nous-mêmes.)
n'agissent pas sur le taux de cholestérol, mais dispensent
un effet protecteur sur les artères. Dans cette famille,
on distingue les Oméga 6 et les Oméga 3. Les premiers
sont abondants dans les huiles (pépins de raisin, tournesol,
arachide, maïs, colza, noix et soja), dans les germes de
céréales et dans les volailles grasses (le canard
notamment) ; les seconds dans les poissons gras (anchois, anguille,
flétan, hareng, maquereau, sardine, saumon, thon, truite,
certaines huiles (colza, lin, noix, soja), dans les fromages de
brebis ou de chèvre, les légumineuses (soja), les
oléagineux (noisettes, noix). À retenir : plus un
poisson est gras, plus il protège des maladies cardiovasculaires.
Les esquimaux, grands consommateurs de poissons gras n'en sont
presque jamais atteints. Mais comment savoir si le saumon a été
réellement pêché au grand large ou s'il provient
d'un élevage à base d'OGM ou de farines animales
? L'huile de colza et l'huile de foie de morue (chère à
nos grands-mères) présentent la particularité
d'être parfaitement équilibrées en Oméga
3 et 6. Pour couvrir ses besoins en acides gras essentiels, on
peut consommer une à deux cuillerées par jour d'huile
de tournesol, de colza ou de soja et 100 à 150 grammes
de poisson gras ou de volaille grasse trois fois par semaine.
L'apport quotidien recommandé en acides gras essentiels
est d'un quart des graisses totales. On trouve aujourd'hui sur
le marché des huiles enrichies en Oméga 3. C'est
le cas de Primevère qui associe des huiles de colza, d'arachide,
de noix, de pépins de raisin, d'olive vierge, de germes
de blé et d'extraits de poisson avec en plus de la vitamine
E (un antioxydant).
Contre
le mauvais cholestérol
Depuis les années 1960, on sait que les phytostérols
Les phytostérols constituent une famille
de stérols dont la structure est proche du cholestérol.)
réduisent l'absorption du cholestérol dans le sang.
Naturellement présents dans les huiles végétales,
leur action est marginale du fait de leur très faible quantité.
En revanche, leur concentration à 2 ou 3 grammes par jour
aurait des effets positifs. Leur caractère liposoluble
(soluble dans les graisses) permet de les incorporer dans des
margarines (Exemple : Pro-activ de Fruit d'Or.)
et d'effectuer des études contrôlées. Les
dernières études font état d'une diminution
de 10 à 15 % du mauvais cholestérol LDL sans modification
du HDL, même en cas d'une alimentation riche en graisses
saturées. "Ces résultats sont constatés
aussi bien chez des sujets sains que chez des personnes souffrant
d'une hypercholestérolémie ou d'un diabète
de type II. On les observe aussi chez celles traitées par
statine ou cholestyramine", a rapporté le PrPhilippe
Moulin, membre de la Fédération d'endocrinologie,
de diabétologie de l'hôpital cardiovasculaire et
pneumologique de Lyon (Lors de la 42e Journée
annuelle de nutrition et de diététique, organisée
par l'Institut Benjamin Delessert, qui s'est tenue au CNIT le
25 janvier dernier.). La dose optimale quotidienne se situe
autour de 2 grammes de stérols par jour, soit une ration
quotidienne de 20 à 25 g de margarine (4 tartines).
Attention
aux supplémentations
Aujourd'hui,
on assiste à une pression des industriels visant à
supplémenter toutes sortes de produits (margarine, beurre,
yaourts, fromages, cacahuètes, chewing-gum, etc.) en phytostérols
au risque de brouiller les repères du consommateur. Le
risque serait celui d'une consommation anarchique de phytostérols
dépassant la dose indiquée de 2g/jour. De plus,
la question du produit vecteur de ces stérols pose problème.
Certains peuvent être toxiques. Pour le Pr Philippe Moulin,
ces "aliments fonctionnels" sont indiqués pour
des personnes exposées à des risques cardiovasculaires
(prévention primaire) ou pour des personnes ayant subi
des infarctus (prévention secondaire).