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MARS 2002

 


Bien interpréter ses résultats

 

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Il faut analyser le bilan en fonction des facteurs de risque de chacun.

 


Le cholestérol total est le premier chiffre indiqué sur les résultats d'un bilan lipidique. À sa droite, figure une fourchette de "VR" pour valeurs de référence. "Certains laboratoires utilisent les termes "valeurs normales". Mais il n'y a pas de normalité pour le cholestérol, il faut tenir compte d'un ensemble de facteurs individuels, souligne le Dr Giral, auteur de la brochure Le Cholestérol ("Le Cholestérol", édité par la Fédération française de cardiologie (FFC), le Dr Philippe Giral est lipidologue à l'unité d'explorations métaboliques de l'hôpital de la Pitié-Salpétrière, à Paris) et cardiologue à l'unité d'explorations métaboliques de l'hôpital de la Pitié-Salpétrière, à Paris. Nous préférons parler de "valeurs usuelles"." Voici trois exemples.

Claudine
Des anomalies inexpliquées

"Depuis un certain temps, j'ai un taux de cholestérol élevé", nous écrit par courriel Claudine, 52 ans, comptable. Cela fait quelques années qu'elle et son mari, volontaires, réalisent des analyses de sang pour un organisme de recherche. Ils reçoivent leurs résultats, mais personne ne leur en fournit l'interprétation. Le taux de cholestérol de Claudine grimpe. Alors que la valeur usuelle est de 2,20 g par litre de sang, le sien est de 2,58g/l en 1997, 2,60 g/l en 2000.

En 2001, sa gynécologue lui conseille de faire un nouveau bilan. Le taux de cholestérol total a encore grimpé (2,91 g/l). Ce qui est rassurant chez Claudine : elle ne présente pas de surpoids : mesurant 1,55 mètre et pesant 57 kilos, son indice de corpulence (23,75) est correct puisqu'il reste inférieur à 25 (lire page 25, 3e colonne). Elle ne fume pas et fait une heure de gymnastique par semaine. Ce qui est plus inquiétant : son père a eu un infarctus, et elle a un taux élevé de mauvais cholestérol (cholestérol LDL à 2,01 g/l, alors qu'il devrait rester inférieur à 1,50g/l). Claudine s'interroge sur ses habitudes alimentaires. "Je consommais très peu de graisses, puisque je ne mangeais ni beurre, ni crème, ni viandes grasses. Mes seules exceptions portaient sur le fromage, le chocolat et quelques gâteaux… J'ai donc supprimé le fromage et le chocolat, et j'essaye de ne pas manger de gâteaux secs."
Le Dr Giral estime que deux ans sont nécessaires pour mettre en place des habitudes de vie propres à maîtriser un taux de cholestérol qui a tendance à s'envoler un peu.

Jacques
Un bilan, à première vue, normal

Pris isolément, le taux de cholestérol est trompeur comme l'atteste l'histoire de Jacques. Cet homme, aujourd'hui âgé de 72 ans, a fait un infarctus à la cinquantaine. Son cardiologue ou son généraliste lui prescrivent des bilans lipidiques de temps à autre. Il ne fume plus mais vit de manière très sédentaire. Il est traité de façon insuffisante pour son hypertension qui fait toujours des petites poussées.
Les niveaux de cholestérol total (1,83g/l), de cholestérol HDL (0,46g/l), et de cholestérol LDL (1,05g/l) paraissent à chaque fois rassurants. Tout semble normal.

Ses enfants sont inquiets. Il connaît des petits troubles du comportement (interruption de la parole ou de l'écriture). Il décide de rencontrer un neurologue hospitalier. Celui-ci lui fait réaliser un doppler qui révèle des artères carotides bouchées à 70 %. Les petits vaisseaux du cerveau sont atteints, ce qui influait sur son comportement.
"Cela montre bien que l'on ne peut se référer à des normes générales, précise le Dr Giral. Tout bilan lipidique doit être interprété en fonction de la personne."
Dès que les artères "ont parlé", c'est-à-dire en cas d'accident cardiaque ou cérébral, même transitoire, les valeurs de référence changent. Les laboratoires d'analyses ne l'indiquent pas. "Dans ces cas, précise le Dr Giral, le taux de cholestérol ne doit pas dépasser 1,80 g, voire 1,60 g par litre de sang. De même, il faut considérer que l'hypertension artérielle ne doit pas être supérieure à 14/9." Ce qui n'était pas le cas pour Jacques, même son cardiologue et son généraliste ne s'en inquiétaient guère.
Pour interpréter un bilan lipidique, on doit distinguer les cas de prévention primaire de Claudine et Serge, par exemple, et les cas de prévention secondaire. Pour ces personnes, les valeurs dites "de référence" doivent être revues à la baisse.

Serge
Une augmentation isolée des triglycérides

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Richard Belfer


 

 

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