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MARS 2002

 


Prévention
Adapter son mode de vie

 

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Prévenir les accidents cardiovasculaires, nécessite de modifier ses habitudes de vie.

 


Si le cholestérol est un maillon de la chaîne conduisant aux maladies cardiovasculaires, il n'est pas une fatalité. D'autres facteurs de risque sont à prendre en compte, que chaque médecin devrait expliquer à ses patients.

Arrêter de fumer

Le tabac favorise l'oxydation des graisses et donc le dépôt du cholestérol sur les parois internes des artères. La nicotine fait diminuer le taux de "bon cholestérol" (HDL) dans le sang. L'association du tabac, de l'excès de cholestérol accélère le durcissement des vaisseaux sanguins et leur fragilisation, ainsi que la formation de caillots (thrombose), causes d'infarctus du myocarde ou d'accidents vasculaires cérébraux. Cette association, ajoutée à l'hypertension artérielle, multiplie par 16,5 le risque d'accident.
On observe, pendant que le sujet fume, une montée de la pression artérielle, une accélération de la fréquence cardiaque, une constriction des vaisseaux et des artères coronaires.

"Le tabac est responsable de plus de 90% des infarctus chez les moins de 40 ans, affirme le Dr Philippe Giral. Chez une jeune femme ayant un taux de cholestérol élevé avant la ménopause, le risque cardiovasculaire est très faible. Sauf si elle fume!" Plus importants chez les fumeurs, les dangers croissent avec le nombre de cigarettes. De grandes études épidémiologiques l'ont montré dès les années 70. "Le tabac multiplie par deux et demi le risque d'infarctus en moyenne, rappelle-t-il, et par trois le risque d'hémiplégie. Enfin, s'il existe quatre facteurs de risque, les statistiques nous montrent que les dangers pour un individu peuvent augmenter de un à vingt parce qu'alors ils se multiplient."

Manger moins de graisses d'origine animale

Finlandais, Hollandais et États-Uniens consomment dix fois plus de graisses ou de lipides que les Japonais. Elles représentent 37 à 40 % de l'alimentation des habitants de ces trois pays. Les graisses ou lipides ne représentent que 9 % de l'alimentation des Japonais. Ainsi, le taux de cholestérol chez les Nippons est très bas : 1,48 gramme par litre de sang en moyenne. En revanche, il est très élevé pour la population des Pays-Bas (2,35 g/l en moyenne), des Etats-Unis (2,40g/l) et de la Finlande (2,61g/l). Selon cette étude, dite "des sept pays", les résultats des Italiens, des Grecs et des Yougoslaves restent intermédiaires.

La Finlande détient le record de consommation en graisses saturées (21 % de l'alimentation contre 3 % au Japon). Ancel Kays, qui a suivi ces populations sur trente ans, montre que les graisses saturées diminuent l'activité des récepteurs du cholestérol qui, pénétrant moins bien dans les cellules, augmente dans le sang. La Finlande détient aussi le record du monde des décès par infarctus du myocarde ou insuffisance coronarienne. Le Japon peut se prévaloir de records opposés. C'est le pays où l'on meurt le moins d'accidents coronariens.
On s'oriente aujourd'hui vers une approche plus globale de l'alimentation. "Il ne faut pas avoir les yeux rivés sur le seul cholestérol, affirme Michel de Lorgeril, cardiologue et chercheur au CNRS (Centre national de la recherche scientifique). Utilisons tout ce que nous apprennent, par leur mode de vie, les populations protégées des troubles cardiovasculaires." Inspirons-nous de l'alimentation végétarienne des Asiatiques et de l'alimentation méditerranéenne des Européens du Sud. Un tel choix de santé s'appuie sur les nombreuses recherches réalisées dans le monde, et l'étude menée à Lyon par Michel de Lorgeril ( Michel de Lorgeril et ses collègues ont publié le rapport final de la "Lyon diet heart study" dans la revue Circulation n°99, en 1999, sous le titre:Mediterranean diet, traditional risk factors, and the rate of cardiovascular competitions after myocardial infarction. ). Il a proposé, à 600 patients ayant eu un infarctus, le "régime méditerranéen". Suivi durant quatre ans en moyenne, il a permis de réduire le nombre des décès d'origine cardiaque (baisse de 70 %), des infarctus non mortels (baisse de 73%) et des autres troubles cardiaques ou vasculaires (baisse de 76 %).
"Les règles à suivre peuvent se résumer ainsi, explique Michel de Lorgeril. Utilisez davantage de céréales, sous forme de riz ou de pain. Les légumes secs et les fruits secs sont hautement recommandés. Avec une mention spéciale pour les noix ! Mangez du poisson, gras de préférence (thon, saumon, maquereau, sardine) deux fois par semaine. Consommez des fruits et légumes abondamment… sans limite." En revanche, nos menus devraient comprendre moins de produits laitiers et animaux. "Les principaux aliments à éviter restent le beurre, la crème, et même les margarines, surtout celles à base d'huile de tournesol, ajoute-t-il. Comme matières grasses, utilisez exclusivement l'huile de colza, riche en acide alpha-linolénique, et l'huile d'olive."

Davantage d'exercice

L'activité physique entraîne une baisse rapide du taux de triglycérides. "Elle peut atteindre 35% après quatre semaines d'exercice soutenu chez des personnes dont le taux de triglycérides est trop important", souligne le Dr Delbecque, cardiologue au centre hospitalier de Dunkerque et fondateur du Parcours du cœur.
L'augmentation du taux de "bon cholestérol" est plus lent à obtenir. "On a pu montrer que l'exercice peut faire passer ce taux de cholestérol HDL de 0,33 à 0,43 gramme par litre de sang chez des sujets reprenant une activité. Le taux dans le sang de HDL 2b, une formation de cholestérol HDL très utile contre l'obstruction des artères, s'élève de façon significative de 0,09 à 0,14 g/l."
Quant au mauvais cholestérol, l'activité sportive contribue à le faire baisser. "Le cholestérol LDL est moins élevé chez les marathoniens que chez les sujets sédentaires auxquels une étude avait permis de les comparer, ajoute le DrDelbecque. Enfin, l'exercice régulier développe l'irrigation sanguine, avec une augmentation du diamètre et de la souplesse des artères. Par ailleurs, il entraîne une concentration plus basse dans le sang de fibrinogène, diminuant le risque de thrombose. Chez les États-Uniens ne pratiquant aucun sport, plusieurs études montrent que la mortalité liée aux maladies du cœur et de ses vaisseaux est de 9 à 16 % plus élevée que chez les sportifs."

Réduire l'alcool

Maigrir

Hormones et cholestérol

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Richard Belfer


 

 

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