Alternative
Santé - L'Impatient,
le mensuel de votre santé au quotidien. Se soigner autrement grâce
aux ressources des médecines alternatives et naturelles.
Prévenir les accidents cardiovasculaires, nécessite
de modifier ses habitudes de vie.
Si
le cholestérol est un maillon de la chaîne conduisant
aux maladies cardiovasculaires, il n'est pas une fatalité.
D'autres facteurs de risque sont à prendre en compte, que
chaque médecin devrait expliquer à ses patients.
Arrêter
de fumer
Le
tabac favorise l'oxydation des graisses et donc le dépôt
du cholestérol sur les parois internes des artères.
La nicotine fait diminuer le taux de "bon cholestérol"
(HDL) dans le sang. L'association du tabac, de l'excès
de cholestérol accélère le durcissement des
vaisseaux sanguins et leur fragilisation, ainsi que la formation
de caillots (thrombose), causes d'infarctus du myocarde ou d'accidents
vasculaires cérébraux. Cette association, ajoutée
à l'hypertension artérielle, multiplie par 16,5
le risque d'accident.
On observe, pendant que le sujet fume, une montée de la
pression artérielle, une accélération de
la fréquence cardiaque, une constriction des vaisseaux
et des artères coronaires.
"Le
tabac est responsable de plus de 90% des infarctus chez les moins
de 40 ans, affirme le Dr Philippe Giral. Chez une jeune femme
ayant un taux de cholestérol élevé avant
la ménopause, le risque cardiovasculaire est très
faible. Sauf si elle fume!" Plus importants chez les fumeurs,
les dangers croissent avec le nombre de cigarettes. De grandes
études épidémiologiques l'ont montré
dès les années 70. "Le tabac multiplie par
deux et demi le risque d'infarctus en moyenne, rappelle-t-il,
et par trois le risque d'hémiplégie. Enfin, s'il
existe quatre facteurs de risque, les statistiques nous montrent
que les dangers pour un individu peuvent augmenter de un à
vingt parce qu'alors ils se multiplient."
Manger
moins de graisses d'origine animale
Finlandais,
Hollandais et États-Uniens consomment dix fois plus de
graisses ou de lipides que les Japonais. Elles représentent
37 à 40 % de l'alimentation des habitants de ces trois
pays. Les graisses ou lipides ne représentent que 9 % de
l'alimentation des Japonais. Ainsi, le taux de cholestérol
chez les Nippons est très bas : 1,48 gramme par litre de
sang en moyenne. En revanche, il est très élevé
pour la population des Pays-Bas (2,35 g/l en moyenne), des Etats-Unis
(2,40g/l) et de la Finlande (2,61g/l). Selon cette étude,
dite "des sept pays", les résultats des Italiens,
des Grecs et des Yougoslaves restent intermédiaires.
La
Finlande détient le record de consommation en graisses
saturées (21 % de l'alimentation contre 3 % au Japon).
Ancel Kays, qui a suivi ces populations sur trente ans, montre
que les graisses saturées diminuent l'activité des
récepteurs du cholestérol qui, pénétrant
moins bien dans les cellules, augmente dans le sang. La Finlande
détient aussi le record du monde des décès
par infarctus du myocarde ou insuffisance coronarienne. Le Japon
peut se prévaloir de records opposés. C'est le pays
où l'on meurt le moins d'accidents coronariens.
On s'oriente aujourd'hui vers une approche plus globale de l'alimentation.
"Il ne faut pas avoir les yeux rivés sur le seul cholestérol,
affirme Michel de Lorgeril, cardiologue et chercheur au CNRS (Centre
national de la recherche scientifique). Utilisons tout ce que
nous apprennent, par leur mode de vie, les populations protégées
des troubles cardiovasculaires." Inspirons-nous de l'alimentation
végétarienne des Asiatiques et de l'alimentation
méditerranéenne des Européens du Sud. Un
tel choix de santé s'appuie sur les nombreuses recherches
réalisées dans le monde, et l'étude menée
à Lyon par Michel de Lorgeril ( Michel de
Lorgeril et ses collègues ont publié le rapport
final de la "Lyon diet heart study" dans la revue Circulation
n°99, en 1999, sous le titre:Mediterranean diet, traditional
risk factors, and the rate of cardiovascular competitions after
myocardial infarction. ). Il a proposé, à
600 patients ayant eu un infarctus, le "régime méditerranéen".
Suivi durant quatre ans en moyenne, il a permis de réduire
le nombre des décès d'origine cardiaque (baisse
de 70 %), des infarctus non mortels (baisse de 73%) et des autres
troubles cardiaques ou vasculaires (baisse de 76 %).
"Les règles à suivre peuvent se résumer
ainsi, explique Michel de Lorgeril. Utilisez davantage de céréales,
sous forme de riz ou de pain. Les légumes secs et les fruits
secs sont hautement recommandés. Avec une mention spéciale
pour les noix ! Mangez du poisson, gras de préférence
(thon, saumon, maquereau, sardine) deux fois par semaine. Consommez
des fruits et légumes abondamment sans limite."
En revanche, nos menus devraient comprendre moins de produits
laitiers et animaux. "Les principaux aliments à éviter
restent le beurre, la crème, et même les margarines,
surtout celles à base d'huile de tournesol, ajoute-t-il.
Comme matières grasses, utilisez exclusivement l'huile
de colza, riche en acide alpha-linolénique, et l'huile
d'olive."
Davantage
d'exercice
L'activité
physique entraîne une baisse rapide du taux de triglycérides.
"Elle peut atteindre 35% après quatre semaines d'exercice
soutenu chez des personnes dont le taux de triglycérides
est trop important", souligne le Dr Delbecque, cardiologue
au centre hospitalier de Dunkerque et fondateur du Parcours du
cur.
L'augmentation du taux de "bon cholestérol" est
plus lent à obtenir. "On a pu montrer que l'exercice
peut faire passer ce taux de cholestérol HDL de 0,33 à
0,43 gramme par litre de sang chez des sujets reprenant une activité.
Le taux dans le sang de HDL 2b, une formation de cholestérol
HDL très utile contre l'obstruction des artères,
s'élève de façon significative de 0,09 à
0,14 g/l."
Quant au mauvais cholestérol, l'activité sportive
contribue à le faire baisser. "Le cholestérol
LDL est moins élevé chez les marathoniens que chez
les sujets sédentaires auxquels une étude avait
permis de les comparer, ajoute le DrDelbecque. Enfin, l'exercice
régulier développe l'irrigation sanguine, avec une
augmentation du diamètre et de la souplesse des artères.
Par ailleurs, il entraîne une concentration plus basse dans
le sang de fibrinogène, diminuant le risque de thrombose.
Chez les États-Uniens ne pratiquant aucun sport, plusieurs
études montrent que la mortalité liée aux
maladies du cur et de ses vaisseaux est de 9 à 16
% plus élevée que chez les sportifs."