Alternative
Santé - L'Impatient,
le mensuel de votre santé au quotidien. Se soigner autrement grâce
aux ressources des médecines alternatives et naturelles.
Notre
"im-patience" native serait-elle enfin comblée?
Partiellement comblée ?
Bref rappel historique. Né il y aura 25 ans en novembre
prochain, notre mensuel avait choisi de s'appeler "L'Im-patient".
Exprimant ainsi l'agacement de beaucoup, en 1977, devant des médecins
souvent condescendants, distants, drapés dans leurs diplômes
et murés dans leurs certitudes!
Nous
n'acceptions pas d'être traités en "patients"
et nous voulions le faire savoir.
L'une
de nos actions fut le lancement d'une pétition "Pour
le libre accès au dossier médical". Elle recueillit
des milliers de signatures. L'Im-patient fut reçu par le
secrétaire d'État chargé de la santé,
Edmond Hervé, le 15 décembre 1983. Il prit note
de notre attente : "Offrir au malade la possibilité
de consulter son dossier médical s'il le désire."
Il nous conseilla de patienter !
Nouvelle pétition en janvier 1999. Cette fois "Pour
le pluralisme thérapeutique". Son objectif : mettre
en uvre la résolution européenne sur la reconnaissance
des médecines non conventionnelles. Nous portons en mars
2000 vos 63000 signatures au secrétariat d'État
à la Santé. Dominique Martin, chargé de ces
questions, nous confie que des projets sont à l'étude,
sérieusement. Ils concernent la chiropratique et l'ostéopathie.
Le climat semble favorable. Mais il faut patienter!!
Sachez,
lectrices et lecteurs, que la patience est l'opium de l'usager
! Et qu'à nos yeux Jean de La Fontaine a tort quand il
affirme que "patience et longueur de temps font plus que
force ni que rage" !
En 1994, nous affichons notre impatience à la Une du journal.
Notre titre s'enrichit pour devenir: "ALTERNATIVE SANTÉ
- L'Im-patient". Manière d'affirmer -en toutes lettres-
qu'il y a d'autres solutions à côté de la
médecine officielle, d'autres manières de prendre
sa santé en main, d'autres relations possibles avec son
médecin.
Mais que faire face au manque d'initiatives du corps médical
et des instances ordinales, que faire pour secouer l'inertie des
politiques hexagonales ?
Depuis
la mi-février, grâce à la détermination
de Bernard Kouchner -et sans doute sous la pression des élections
prochaines-, il y a du neuf ! Partis d'un train de tortue, les
droits des patients viennent de faire un grand bond en avant !
Après être passé en première lecture
à l'Assemblée nationale, le projet de loi sur les
droits des malades et la qualité du système de santé
sera voté quand vous lirez ce numéro.
Plusieurs
droits sont acquis :
- Le libre accès au dossier médical. Désormais,
le patient pourra consulter directement son dossier sans passer
par un médecin. L'hôpital devra accéder à
sa requête sous huit jours. Et sous deux mois pour des informations
de plus de cinq ans.
- L'ostéopathie et la chiropratique sont reconnues. Un
diplôme sera délivré par des établissements
agréés.
- Les usagers pourront participer au fonctionnement du système
de santé (par exemple dans les conseils d'administration
des hôpitaux) et ils pourront "ester en justice",
c'est-à-dire : poursuivre
Sommes-nous satisfaits pour autant ? 25 ans pour s'apercevoir
que le patient est une personne à part entière,
que ce n'est pas parce qu'il est diminué, fragilisé,
qu'il demeure incapable de jugement Ça en dit long
sur cette conception du savoir et du secret qui met celui qui
les détient en position de supériorité. On
aimerait penser que la connaissance, la culture et les confidences
partagées rapprochent les hommes, ajoutent à la
compassion. Pour beaucoup ce ne sont que des instruments de pouvoir.
Mais
voyons les choses positivement. Cette loi courageuse signifie
que les mentalités, côté médecins,
responsables politiques et patients, vont pouvoir évoluer
dans le bon sens. Nous savons qu'il y a des médecins -nombreux-
et des directeurs d'hôpitaux, qui sont prêts à
s'investir pour que l'hôpital fonctionne mieux. À
nous, patients, de jouer le jeu.
Elle
devrait permettre aussi un dialogue, une proximité accrue
et une amélioration non seulement des relations patient-médecin,
mais du système de santé en général.
Certaines associations sont déjà à l'uvre,
d'autres devraient y trouver leur place.
Il reste beaucoup à faire : d'autres alternatives sont
à reconnaître (médecine chinoise, acupuncture,
phytothérapie, etc.). Une vraie conception globale de la
maladie, des soins et de la santé est à promouvoir
On aimerait que cela ne prenne pas encore 25 ans !
Mais ne boudons pas notre plaisir. D'autant que vous et nous,
ensemble, sommes sûrement pour quelque chose dans les évolutions
actuelles