Alternative
Santé - L'Impatient,
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aux ressources des médecines alternatives et naturelles.
Se
diffusant par le système de climatisation ou le réseau
d'eau chaude, la légionellose sévit dans les hôpitaux
les plus sophistiqués
et les immeubles. Cette maladie de l'habitat moderne nécessite
pour être jugulée une véritable enquête.
Naturellement présentes dans l'air et l'eau, les bactéries
de type Legionella sont inoffensives quand elles sont peu nombreuses.
Mais inhalées en grand nombre, elles peuvent déclencher
une pneumopathie (affection du poumon), provoquant toux et fièvre,
puis un encombrement des poumons. Dans 10 à 20% des cas
la légionellose se révèle mortelle particulièrement
si les sujets atteints ont une baisse de leurs défenses
immunitaires, sont âgés et de sexe masculin. Ce qui
est souvent le cas des malades hospitalisés. Rien d'étonnant
si 20% des légionelloses sont d'origine nosocomiale, c'est-à-dire
qu'elles surviennent lors d'un séjour à l'hôpital.
Pour
se multiplier les légionelles ont besoin d'eau stagnante,
chaude (entre 35 et 45°C) et riches en sels minéraux
et dépôts divers (tartre, rouille, etc.). Les systèmes
de climatisation comportant de tels réservoirs d'eau sont
propices au développement de légionelles, qui se
retrouvent pulsées dans l'atmosphère des bâtiments
climatisés en même temps que l'air du même
nom. La période de remise en route de la climatisation,
au retour des beaux jours ou suite à une panne, est particulièrement
délicate. Autre lieu de prédilection des légionelles:
les conduites d'eau chaude, les pommes de douches ou les embouts
de robinets mal entretenus, entartrés ou rouillés.
Gare aux circuits d'eau chaude des hôtels, appartements
inoccupés pendant plusieurs jours.
On
évalue à 1200 par an le nombre de maladies provoquées
par des légionelles. Toutes ne donnent pas lieu à
une déclaration : seuls 692 cas étaient répertoriés
en l'an 2000, contre une cinquantaine en 1995. Une meilleure surveillance
des légionelloses a été mise en place, justement
depuis 1995, par le Centre national de référence
des Legionella (CNR) de Lyon et l'Institut national de veille
sanitaire. Elle s'est trouvée renforcée par la mise
au point d'un nouvel examen urinaire, remboursé par la
Cnam depuis septembre 2000, facilitant l'identification des bactéries,
la vigilance des médecins mieux formés (la légionellose
est une maladie à déclaration obligatoire), et le
renforcement des mesures de sécurité sanitaire autour
d'événements touchant un public très nombreux
venant d'horizons différents, par exemple la Coupe du monde
de football. "Il y a une relation directe entre la rapidité
du diagnostic suivi de la prescription du bon antibiotique et
la baisse du taux de mortalité", explique le PrJérôme
Etienne, directeur du CNR.
Enquête,
analyse et comparaison
Autre
tâche dévolue au CNR, un travail d'enquête
pour retrouver les sources effectives de contamination et les
éliminer. À l'occasion du Mondial de football en
juin 1998, l'analyse et la comparaison chromosomique de souches
de légionelles ont permis de relier entre eux une vingtaine
de cas de légionellose, concernant 7 Britanniques, 1 Danois,
1 Suédois et 11 Français. En effectuant des comparaisons
entre le profil chromosomique de la souche de légionelles
présente chez les malades, ayant tous séjournés
dans les IIe et IXe arrondissements de Paris, et celui des bactéries
présentes dans l'environnement suspect, le CNR a identifié
la source de la contamination : une tour aéroréfrigérante
d'un système de climatisation du boulevard des Italiens.
Un traitement chloré de l'installation, suivi d'une vérification
de la baisse effective du taux de Legionella permit alors l'arrêt
de l'épidémie.
De septembre à novembre 2000, la ville de Rennes est touchée
par plusieurs cas de légionelloses. Des prélèvements
effectués sur les malades, envoyés au CNR, révèlent
là encore une souche unique de germes. Dans le même
temps, une enquête épidémiologique fait apparaître
que les malades fréquentent ou vivent à proximité
d'un centre commercial. Le recoupement des informations permet
de remonter à la source de l'épidémie : la
tour de refroidissement de ce centre commercial.
L'épidémie
lyonnaise n'a pas livré tous ses mystères